EVIN André

André Louis Pierre Evin effectue sa scolarité dans les années 30 à l’École des garçons du Pilier-Rouge à Lambézellec. Il passe avec réussite son Certificat d’études primaires et poursuit ses études. Du fait de la guerre, les écoles brestoises ferment, André Evin est alors envoyé à Concarneau en 1942 puis il se retrouve au collège de Morlaix en 1943. Il sympathise rapidement avec Jean Le Foll, un camarade de classe originaire de Quimerc’h.

Au cours d’une conversation, Jean Le Foll révèle à André Evin son appartenance à la Résistance. Le jeune brestois ne trouve rien à lui reprocher, au contraire, il est d’accord avec son camarade. Ce dernier lui propose alors d’intégrer son groupe, c’est ainsi qu’André Evin intègre les Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P) en novembre 1943. Jean Le Foll invite ensuite son ami à passer les vacances de noël chez lui à Quimerc’h. Sur place, André Evin est présenté à Roger Guéguen, un compagnon de lutte. Les réunions se succèderont dans le café situé au bas du bourg, avant le pont de chemin de fer. Sa première mission consiste à transporter en vélo des tracts du Front National (F.N) et plusieurs exemplaires du code d’honneur des F.T.P jusqu’au Faou. Sans en avoir l’air, la tâche est périlleuse, il doit passer obligatoirement par une route tenue par un barrage de parachutistes allemands. Le cycliste réussit et retrouve son contact après le Faou, le signe de ralliement est un bouquet de fleurs sur le guidon. De retour à Morlaix après les fêtes, André Evin diffuse la propagande dans son entourage du collège. Il héberge également Yves Autret, lors de ses passages dans le secteur.

André Evin revint quelques fois à Quimerc’h ; une nuit, il se rend avec Jean Le Foll commettre une effraction d’un local allemand non gardé. Plusieurs caisses de grenades sont alors subtilisées et le contenu est camouflé dans le cimetière du village. Aux vacances de Pâques en avril 1944, Jean Le Foll convoque à nouveau son camarade brestois à Quimerc’h. Cette fois il est question de détruire le poste radio allemand du village qui doit bientôt être mis en service. Jean Le Foll, Roger Guéguen et André Evin se rendent sur place le 6 ou 8 avril 1944, munis d’une bouteille d’essence et d’un pistolet 7.65mm. En temps normal, le poste est surveillé mais les jeunes savent que depuis la recrudescence des actes de terrorisme dans la région, les sentinelles n’y restent plus la nuit par crainte d’une attaque. Les trois résistants passent le grillage et forcent la porte pour incendier le poste. L’opération est réussie mais repérés par des soldats allemands du bourg peu de temps avant le couvre-feu, les soupçons se portèrent rapidement sur l’équipe. Jean Le Foll est interrogé puis André Evin est arrêté à Morlaix. Il est à son tour interrogé mais parvient à faire lever les soupçons qui pèsent sur lui.

Fin avril 1944, à la suite d’une arrestation au Faou, les deux amis d’André Evin sont dénoncés et arrêtés par le Kommando I.C 343 de Landerneau. Ramenés à Landerneau puis emprisonnés à la prison de Pontaniou à Brest, les deux jeunes résistants sont finalement envoyés sur Quimper pour être jugés. Ils sont condamnés à mort le 15 mai 1944 et fusillés le jour même dans les dunes de Mousterlin à Fouesnant avec treize autres résistants. Ils avaient 19 ans.

Suite à son interrogatoire, André Evin se sent isolé à Morlaix. Encore plus après avoir été averti des arrestations de ses deux camarades de Quimerc’h à la fin avril, il décide alors de quitter son école et de revenir sur Brest où il noue, non sans difficultés, des contacts avec les F.T.P locaux. Les allemands ayant sa véritable identité et craignant d’être à nouveau inquiété, il demande des faux papiers, ce qu’il obtient, devenant ainsi François Séminan (voir portfolio). En prévision des combats, les F.T.P répartissent leurs hommes dans des groupes et détachements. André Evin se voit affecter au détachement Justice, groupe Le Bail. Le manque d’armes est flagrant et des pourparlers sont en cours avec les F.F.I pour obtenir une dotation. Finalement, les parachutages prévus pour équiper les brestois n’ayant pas eu lieu, les tensions qui ne demandaient qu’à éclater refont surfaces. Le siège de la ville et l’évacuation complète de celle-ci dans la première quinzaine d’août 1944, désorganisent complètement les plans déjà fébriles de la Résistance. André Evin et ses camarades évacuent la ville et se reforment à Plouarzel. Lors de cette réorganisation, il intègre la Compagnie F.T.P Michel. Au sein de cette unité, il participe aux combats de réduction de la poche du Conquet et à la fin des opérations du siège de Brest.

Après guerre, André Evin se marie et aura deux enfants. Il travaille comme comptable puis se retire à Brélès pour sa retraite. Pour son engagement clandestin, il obtient la médaille commémorative de la Guerre 1939-1945, barrette Libération.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Fausse carte d’identité d’André Evin
Crédit photo : Famille Evin
Jean Le Foll (1925-1944)
Ami d’André Evin, fusillé le 15 mai 1944 à la pointe de Mousterlin à Fouesnant.
Crédit photo : Famille Evin

Sources - Liens

  • EVIN André, témoignage manuscrit, non daté.
  • Archives municipales de Brest, fonds Joël Le Bras (153S12).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance d’André Evin (1622 W).
  • Le Maitron, notices biographiques de Jean Le Foll et Roger Guéguen.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant d’André Evin (GR 16 P 213005) - Non consulté à ce jour.