BRUERA Paul

Paul Bruera devance son service militaire s’engage en 1930 dans les troupes coloniales. Il passe deux années au Maroc puis deux années en France avant d’être rendu à la vie civile à l’issue de son contrat, en septembre 1934. Sans que l’on connaisse sa motivation, Paul Bruera s’installe à Brest et travaille comme peintre puis électricien à Brest. Il réside avec Paulette Bon au 51 rue Louis Pasteur puis au 25 de la rue Tourot. Le couple se marie le 6 janvier 1937 à Brest et donnera naissance à trois enfants entre 1935 et 1944. À la fin des années trente, Paul Bruera adhère au Parti communiste français (P.C.F) et milite syndicalement. À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé en septembre 1939 et versé au Régiment d’infanterie chars de marine (R.I.C.M) avant d’être démobilisé en décembre 1939 car réformé [1]. Sous l’occupation allemande, Paul Bruera travaille comme chef électricien pour l’entreprise A.Dodin à Brest et fait également partie de la Défense passive (D.F).

Selon une source, Paul Bruera serait entré en Résistance en 1942, ceci reste à confirmer. D’après Eugène Kerbaul, l’électricien brestois fait partie de ceux qui diffusent la propagande et les journaux clandestins du Parti Communiste Français (P.C.F) et du Front National (F.N). Versé au Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P), il aurait participé à de nombreuses actions, qui restent inconnues à ce jour. Lors de la formation théorique des unités F.F.I de Brest en 1944, il passe au Groupement cantonal Brest-Est avant d’évacuer la ville au début du siège de la ville.

Son parcours est alors méconnu, il aurait également combattu avec les F.F.I de Lampaul-Guimiliau avant de rejoindre le Bataillon F.T.P Georges Le Gall, le 8 septembre 1944. Affecté à la 4ème Compagnie, il rejoint la Section Spéciale Pengam dans les rues de Brest le 10 septembre vers midi. L’unité effectue des opérations de nettoyage depuis la place de Strasbourg vers l’Octroi. Des parachutistes allemands tiennent une position dans un immeuble à l’angle des rues Navarin et Jean Jaurès. Le combat s’engage mais rapidement Jacques Dolou est blessé. Quelques minutes après près d’une vingtaine de prisonniers sont faits au niveau de la rue Kerfautras. Ils sont ramenés en haut de la rue pour être remis aux américains à l’exception de trois allemands, deux officiers et un feldwebel.

Ces trois allemands sont envoyés par les F.T.P pour négocier la reddition du nid de résistance allemande de Saint-Martin. La réponse est claire, les allemands ouvrent le feu sur leurs propres hommes et les résistants F.T.P. Jacques Dolou est de nouveau blessé, plus sérieusement cette fois-ci. Un des trois allemands est envoyé sous les tirs pour le mettre à l’abri, il est également blessé. Vers 20 heures, Marcel Le Bail et Paul Bruera tentent alors de lui venir en aide mais ils sont tous les deux mortellement touchés au niveau de l’angle des rues Turenne et Jean Jaurès.

A titre posthume, il reçoit la médaille Militaire, la Croix de Guerre 1939-1945 avec palme et la médaille de la Résistance française en 1958.

La sépulture de Paul Bruera se trouve dans le cimetière de Kerfautras à Brest [Carré 44, Rang 9, Tombe 9]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (3E396).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la Résistance de Paul Bruera (1622 W).
  • Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  • Rapport de la Section Spéciale Pengam.
  • La Dépêche de Brest, éditions du 25 décembre 1936 et 7 janvier 1937.
  • Brest métropole, service des cimetières - sépulture de Paul Bruera.
  • KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1985.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Paul Bruera (GR 16 P 93663) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossiers d’attribution de la mention Mort pour la France à Paul Bruera (AC 21 P 34777 et AC 21 P 718563) - Non consultés à ce jour.

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.

Notes

[1Classé R.D.2 par la Commission de Réforme de Draguignan (Var) dans sa séance du 22 décembre 1939.