FORICHER Eugène

Eugène Marie Foricher se trouve à l’École des Mécaniciens à Toulon jusqu’en janvier 1941. Il est ensuite embarqué sur le cuirassé Richelieu jusqu’en mars 1942 à Dakar. Il signe un nouvel engagement en août 1942 où il est affecté à Port-de-Bouc jusqu’en décembre. Mis en congés pour trois mois et finalement en congés d’Armistice, il remonte à Lesneven et se fait embaucher au garage Le Verge. En août 1943, il est convoqué pour partir en Allemagne travailler dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (S.T.O). Réfractaire, il trouve un emploi auprès de la Todt à la gare de Lesneven pour éviter son départ en Allemagne.

Il est recruté en janvier 1944 par le Résistant Ernest Cabon pour rejoindre les rangs de l’Armée Secrète, embryon du futur Bataillon F.F.I de Lesneven. Sa première tâche consiste à diffuser des tracts dans la région.

Le 11 mars il fait équipe avec André Berder pour transporter des armes entre Lannilis et Ploudaniel. Il s’agit d’armes parachutées en février du côté d’Hanvec et que le groupe Action Directe de Brest a rapatrié sur le secteur. Il y a deux conteneurs d’armes, munitions et explosifs destinés au canton de Lesneven-Ploudaniel pour l’instruction des jeunes recrues. Les deux jeunes convoyeurs sont contrôlés à un barrage allemand près de la gare de Lesneven. André Berder n’a pas ses papiers, les allemands veulent aller chez lui contrôler son identité, Eugène Foricher en profite pour disparaître discrètement. Il dépose les armes à la Perception au 58 rue de la Marne dans l’attente de pouvoir les acheminer à Ploudaniel. Le lundi suivant, les armes sont prises en charge par Augustin Salou et transportées par charrette vers la ferme Dolou de Kervilon.

Le dimanche 6 août 1944, avec André Siche et un autre F.F.I, ils sabotent la voie ferrée départementale entre Lesneven et Landerneau entre Lanruc et Réléac’h. L’acte provoque un déraillement partiel de deux wagons et une recherches des saboteurs par l’occupant. Ne les trouvant pas, les allemands prennent trois otages qui sont amenés à la Kommandantur pour interrogatoire musclé. L’approche des américains étant imminente, les trois otages sont confiés à la gendarmerie de Lesneven qui au profit de la nuit les laissent s’échapper.

Sans que l’on puisse définir le groupe auquel il appartient, Eugène Foricher participe aux opérations militaires de Libération du secteur de Lesneven. Après la sécurisation du secteur, son unité est déployée fin août à l’Ouest de Brest, pour réduire la poche allemande du Conquet. Le Compagnie F.F.I est engagée du côté de Trébabu. Eugène Foricher se distingue le 31 août en sortant de sa ligne de front, sous un feu violent de l’ennemie pour aller chercher et ramener le F.F.I Lucien Prémel-Cabic blessé à la cuisse. Le jour même, il fait partie d’une patrouille aux côtés des soldats américains. Les F.F.I furent placés sur les chars par les américains lors de la patrouille. Très exposés, plusieurs drames furent évité de justesse. A leur retour de patrouille, cet incident provoqua une tension entre officiers F.F.I et américains. D’autres patrouilles furent faites conjointement mais désormais, les F.F.I étaient sous la protection des chars. Eugène Foricher participe avec les chars américains et les Rangers à la prise de la ferme de Kervan à Trébabu et poursuit jusqu’à la reddition complète de la poche le 10 septembre 1944.

Pour son engagement clandestin et sa tenue au front, il reçoit la Croix de Guerre 1939-1945 et après la Libération, il épouse Marie Loaec le 28 novembre 1944 à Lesneven.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance d’Eugène Foricher (1622 W).
  2. Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest, rapports du Bataillon F.F.I de Lesneven.
  3. BOHN Roland, Chronique d’hier - Tome 1, la vie du Léon 1939-1945, auto-édition, 1993.