MASSÉ Stéphane

Stéphane Adolphe Massé est issu d’une famille bourgeoise. Son père est le directeur de l’Union des Docks, marchand en gros du Finistère dont le siège est situé place Ornou à Brest. Il suit des études commerciales avant d’effectuer son service militaire réglementaire au début des années 20. Revenu à la vie civile, Stéphane Massé épouse en premières noces Adrienne Losquin-Le Normand, le 16 mai 1925 à Brest et part exploiter un hôtel sur la côte normande. Après la mort de son père, il revient à Brest et ouvre un garage grâce à son héritage. Parallèlement, Stéphane Massé se lance dans la course automobile en France mais également à l’étranger. Cette passion couteuse lui fera perdre son affaire et son mariage.

Le brestois rebondit néanmoins et se réoriente vers le courtage en vin pour la S.A Dubonnet, dont le siège se situe au 7 rue Mornay à Paris (4ème arrondissement). Il épouse en secondes noces Marie-Thérèse Miqueau, le 21 mars 1934 à Brest. Le couple s’installe alors dans un appartement neuf, au 24 rue Branda. Quand la Seconde Guerre mondiale se déclare, il a le grade de Maréchal des Logis de réserve. Il est cependant réformé temporaire et ne participe pas aux combats.

En août 1942, il est recruté par Roger Bourrières comme informateur. Les renseignements collectés sont transmis au réseau Cohors-Asturies du mouvement Libération-Nord (L.N). L’une de ses principales prérogatives est la surveillance des voitures utilisées par l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest. Début 1943, Roger Bourrières est appelé à d’autres fonctions dans le Sud Finistère, Stéphane Massé reste cependant en contact avec lui pour la transmission des informations, grâce à son métier de voyageur de commerce.

Son laisser-passer commercial est fort utile pour circuler librement dans le département malgré la règle en vigueur sur la Zone interdite. Outre sa première activité clandestine, Stéphane Massé devient également par la force des choses ; agent de liaison. Tâche qu’il poursuit au sein de l’État-major de l’Armée Secrète (A.S) à partir d’août 1943.

De par les rapprochements entre les organisations de la Résistance, Stéphane Massé est amené à travailler de concert avec le réseau C.N.D - Castille. Sans en être un agent à part entière, il fournit à cette structure les mêmes informations qu’il collecte pour Centurie.

À la formation des unités combattantes des Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I) en mars 1944 dans le Finistère, l’état-major se dote d’un service de renseignement en utilisant les réseaux de la D.G.S.S encore en activité. Ce Service de renseignement retrouve une appellation classique de l’Armée française ; le 2ème Bureau F.F.I. Stéphane Massé intègre alors l’effectif dont le rôle est la centralisation de renseignements pris à l’ennemi par les différents réseaux.

Au printemps 1944, il poursuit sa tâche d’agent de liaison entre le Sud et le Nord Finistère pour les F.F.I et donne également un coup de main au réseau C.N.D - Castille pour leurs liaisons qui se maintiennent. Fin mai 1944, une série d’arrestations touche la Résistance du Nord Finistère, et notamment Brest. Par sécurité, Stéphane Massé se met au vert quelques temps. L’annonce du débarquement en Normandie le 6 juin 1944 lui fait reprendre du service. Les liens sont néanmoins complexes à rétablir et nous ignorons la fréquence et les modalités des échanges qu’il a pu opérer.

Restant principalement sur Brest, il reste au service du 2ème Bureau F.F.I jusqu’à l’évacuation complète de la ville. Il choisit de ne pas évacuer et reste dans son immeuble d’où il tiendra un journal du siège, livrant ses impressions et répertoriant les destructions qu’il peut constater.

Le 15 septembre 1944, les soldats américains parviennent jusqu’à son immeuble. Le lendemain il est accompagné au Quartier Général américain pour livrer les informations dont il dispose. Il passe ensuite au bureau des Affaires civiles (Civils affairs) pour obtenir un permis de séjour à Brest. Il vit de l’intérieur les derniers jours du siège et le 19 septembre 1944, il sert de guide dans les ruines de Brest à Roger Bourrières et d’autres officiers français.

La Libération effective, Stéphane Massé reste néanmoins au service des F.F.I. Il est nommé Commissaire rapporteur au 2ème Bureau F.F.I. chargé de constituer des dossiers et de mener des enquêtes à l’encontre des collaborateurs. Il occupe cette fonction jusqu’en octobre/novembre 1944 avant d’être démobilisé. Il reprend alors sa vie civile et son activité commerciale.

En 2018, son témoignage du Siège de Brest est publié dans l’ouvrage Les Brestois dans la Guerre, d’Olivier Polard, aux éditions Dialogues.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Télécharger au format PDF

Portfolio

Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registre d’état civil (1E229).
  • Famille Massé, archives personnelles et iconographie de Stéphane Massé.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Stéphane Massé (GR 16 P 401496), aimablement transmis par Edi Sizun.
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Stéphane Massé (1622 W).

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.