(O.S)

Mouvement Organisation Spéciale

[1941 - 1942]

A l’automne 1940 il apparaît la nécessité pour le Parti Communiste Français (P.C.F) clandestin de créer des groupes de protection pour ses militants lors des collages d’affiches, des distributions de tracts et publications clandestines. Déjà un peu partout en France occupée, on avait vu se constituer des groupes de communistes qui ajoutèrent très vite à leur fonction de guet, la défense des militants en risque d’être arrêtés, puis des représailles contre les soldats allemands, puis des sabotages. La direction du parti entreprit d’officialiser ces groupes en fin 1940 et de les réunir en une organisation parallèle, une Organisation Spéciale.

La tâche d’implantation de l’O.S à Brest revient à Robert Ballanger. Il rencontre successivement les trois militants dirigeants le P.C.F à Brest au tout début janvier 1941. Tous acceptent de créer dans leurs secteurs des groupes O.S. C’est ainsi qu’Eugène Kerbaul lance celui du secteur Bâtiment, Jules Lesven monte cette structure clandestine parmi les militants à l’arsenal de Brest et Roger Chaigneau lance sous part le mouvement auprès des cheminots. Il semble qu’un deuxième groupe se forme, à une date inconnue, à la S.N.C.F sous l’impulsion de Thénénan Monot.

Ces groupes vont donc assurer leur tâche première de protection des militants du P.C.F ainsi qu’œuvrer à diverses sabotages sur la région brestoise, sur les chantiers de l’armée allemande, à la S.N.C.F et à l’arsenal. En mars 1941, lors d’une bagarre au port de commerce, plusieurs soldats allemands auraient été tués par des membres de l’O.S et immergés dans la rade. L’.O.S voit quelques membres arrêtés pour sabotages ou propagande communiste. Les effectifs restent malgré tout peu nombreux, le recrutement se fait au compte goutte auprès des militants, dont certains suivent encore la ligne directrice du parti et respectent le pacte de non agression envers l’armée allemande. D’autres au contraire ont déserté le parti suite à cet accord et l’entrée en guerre en 1939.

La rupture du pacte germano soviétique et l’accord anglo soviétique qui s’ensuit débrident les militants actifs du P.C.F et permet de rallier certains éléments d’antan. Les actions vont se poursuivre au fil des mois. La recrudescence du militantisme aidant à l’incorporation de nouveaux éléments, remplaçant ceux arrêtés lors d’actions ou de perquisitions. Cette activité notable n’épargne pas l’effectif qui subit de nombreuses arrestations par manque de cloisonnement et de vigilance. La distinction entre groupes d’O.S et groupes ordinaires du parti disparaît progressivement. Une réorganisation s’impose à Brest en fin d’année 1941 et se concrétise en janvier 1942 par la création d’un Triangle militaire composé de Jules Lesven, Pierre Corre et Lucien Kerouanton. Il est entièrement dédié à l’organisation des groupes de l’O.S brestoise. Les actions se poursuivent avec en mars 42 un vaste sabotage à l’arsenal. Fin avril, début mai 1942, les membres de l’O.S se muent et deviennent des Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P).

Présentation rédigée par Gildas Priol, le 22 mars 2020.