P.C.F

Parti communiste français clandestin

Sous l’occupation, le Parti communiste français (P.C.F) est amoindri par les défections internes suite au pacte germano-soviétique suivi de son interdiction par le gouvernement français et par la Mobilisation générale. À ceci s’ajoute également les prisonniers de guerre en 1940 et les arrestations ou internement administratifs de ses militants. Néanmoins, il reste à Brest une base solide de fidèles qui poursuivent le militantisme, notamment parmi les ouvriers de l’arsenal et de la pyrotechnie Saint-Nicolas, dont la grande majorité sont des affectés spéciaux, non envoyés au front et réemployés par l’occupant.

Si dans les premiers temps le parti ne prêche pas la lutte ouverte contre l’occupant, préférant une lutte des classes et contre le fascisme en général, il montre rapidement son opposition au Régime de Vichy mais aussi à la France Libre de De Gaulle. Cependant, dans certaines cellules locales, des actions sont menées de manière sporadiques et non organisées contre l’armée d’occupation allemande. En octobre 1940, le P.C.F met en place l’Organisation spéciale (O.S). Cette structure s’implante à Brest dans les premiers jours de janvier 1941, sous la forme de groupes (Arsenal, Bâtiment, S.N.C.F et plus tardivement celui de la Jeunesse Communiste) grâce à l’impulsion de Robert Ballanger. En mai 1941, le P.C.F dans une politique d’ouverture vers les milieux non communistes crée le mouvement de résistance intellectuelle du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (F.N), avec comme objectif la lutte pour la libération nationale. Il est recommandé aux cellules de se rapprocher de tout ceux qui veulent lutter, à l’exception des traîtres, capitulards et gaullistes. Ce mouvement s’instaure à Brest à la fin du mois de mai 1941. Cependant, comme partout en France, il ne prend pas et rares sont les nouvelles recrues non issues des rangs communistes.

L’attaque allemande de l’U.R.S.S en juin 1941 clarifie les positions et déclenche, sur demande de Moscou, dès le mois suivant la lutte armée à outrance dans les pays occupés. L’organisation clandestine communiste met en place progressivement une branche militaire en s’appuyant sur les effectifs de ses groupes O.S déjà rompus à la clandestinité et aux actions. Ces factions évoluent début 1942, en Francs-tireurs et partisans (F.T.P) et s’ouvrent à tous les français voulant lutter activement contre les allemands et les collaborateurs à compter d’avril 1942. En janvier 1943, c’est au tour du F.N de suivre la tendance hégémonique à regrouper les patriotes en s’ouvrant nationalement à tous. Ces ouvertures des deux pôles (action et propagande) de la Résistance communiste, permettent de rallier d’anciens et nouveaux sympathisants. Ceci permettant au P.C.F, malgré les nombreuses arrestations, de maintenir une activité clandestine jusqu’à la Libération.

Présentation rédigée par Gildas Priol, le 26 mai 2021.