(F.T.P)

Mouvement Francs-Tireurs et Partisans

[1942 - 1944]

En juillet 1941, le Parti Communiste Français (P.C.F) reçoit l’ordre de Moscou d’entrer dans une lutte armée contre l’armée allemande. L’organisation de la lutte armée revient à Charles Tillon qui compose ses premiers groupes avec les membres déjà actifs dans l’Organisation Spéciale (O.S). L’organisation prend ensuite le nom de Travail Particulier (T.P). Ce n’est qu’au début de l’année 1942 que le nom de Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P) est adopté. Le mouvement se développe principalement en zone occupée et s’ouvre aux patriotes non communistes à partir d’avril 1942.

C’est dans cette même période que l’adjoint de Robert Ballanger, Venise Gosnat vient dans la cité du Ponant pour réorganiser ce qui va devenir fin avril, début mai 1942, les F.T.P de Brest. Il doit persuader la nouvelle direction du P.C.F de Brest de ne pas recommencer les erreurs du passé qui ont provoqué plusieurs arrestations du fait du mélange des tâches entre les membres de l’Organisation Spéciale (O.S) et les militants du P.C.F. Gosnat donne les nouvelles modalités d’opérations des F.T.P. Ils peuvent agir loin de leur quartier afin de maximiser l’anonymat lors d’actions armés. Il faut aussi aménager des zones de repli pour se mettre au vert après les coups de mains. Des contacts sont alors noués ou renforcés dans le centre Finistère.

L’une des premières réunions effectives entre la direction du P.C.F de Brest et les F.T.P sera la mise en place d’un tribunal militaire de la Résistance pour mettre en garde les policiers collaborateurs ou anti communistes notoires. De nouveaux attentats et sabotages sont effectués à Brest à partir de mai 1942. Malgré la réorganisation et la demande de compartimentage, il reste des chevauchement entre les différents groupes. Cependant, les F.T.P ne tardent pas à mettre en place un service de renseignement. La mixité entre communistes et non communistes est faible et le mouvement du Front National (F.N) ne prend pas à Brest entre gaullistes et communistes. En octobre 1942, les F.T.P de Brest subissent une lourde vague d’arrestations qui se poursuit jusqu’au début 1943. Malgré tout, les F.T.P parviennent encore et toujours à se régénérer et à poursuivre la lutte armée. Courant 1943, l’essentiel des actions sont effectuées dans les faubourgs de Brest ou en campagne comme à Landerneau notamment avec le groupe Lambert. Quelques F.T.P de Brest se regrouperont dans le groupe Giloux qui va se déplacer rapidement en janvier 1944 en centre Finistère. Les derniers éléments F.T.P de Brest, rescapés des arrestations et qui n’ont pas pris le maquis, sont contactés par les F.F.I dans le premier semestre 44 pour organiser des unités combattantes. C’est ainsi que naît la Compagnie F.T.P Brest, dit Cie Michel. On retrouve également quelques F.T.P de Brest du côté de Landerneau après l’évacuation de la ville au début d’août 1944 dans le Bataillon F.T.P Georges Le Gall de Landerneau. Les F.T.P accepteront, après le débarquement, de se placer sous les ordres des F.F.I mais demanderont à conserver leur relative autonomie d’actions. Certaines éléments refuseront cependant toute alliance avec les F.F.I et se dilueront dans diverses unités F.T.P pour les combats de la Libération en août et septembre 1944.

Présentation rédigée par Gildas Priol, le 22 mars 2020.