F.T.P Brest - Cie Michel

Compagnie F.T.P Marcel Boucher, dite Compagnie Michel.
Commandée par
Joseph Berger & André Le Roy.
Effectif : 80 hommes et 1 femme
[1944]

Lors de l’instauration de l’Armée Secrète puis des Forces Françaises de l’Intérieur entre fin 1943 et 1944, des contacts sont noués avec les résistants communistes. Ces derniers acceptent de se joindre à l’organisation mais imposent de conserver leur autonomie et d’avoir leurs propres unités combattantes. La Compagnie F.T.P de Brest se construit donc en 1944 sur les effectifs restant des F.T.P de Brest qui n’ont pas pris le maquis dans le centre Finistère ou parvenu à passer entre les nombreuses arrestations du mouvement entre 1942 et 1944. Cette Cie doit s’intégrer dans le dispositif d’Edouard Riban qui espère disposer, au moment de l’insurrection, de cinq compagnies. Mais les divergences, le manque d’armes, les usurpateurs, les arrestations et l’évacuation, rendent caduque le projet.

La direction de cette unité revient à Joseph Berger et André Le Roy, qui parviennent à rassembler un effectif suffisant pour former une compagnie de combat. Elle prend le nom du résistant Marcel Boucher, tué en février 1944. Mais le gros problème des unités F.F.I et F.T.P de Brest est le manque d’armes, le parachutage destiné à les équiper n’ayant pas eu lieu. Au début août 1944, l’effectif est principalement réparti en quatre caches dans la ville, dont une à la cantine de la rue de la République. La compagnie se livre alors à diverses actions de harcèlement et de petits sabotages. L’ordre d’évacuation totale de la population et le manque d’armes, force les F.T.P d’André Le Roy à quitter la ville en direction de Saint-Renan, par petits groupes, pour se reformer au château de Kergroadez. De son côté, Joseph Berger, en désaccord avec l’ordre d’évacuer, s’enferme dans Brest avec un petit Groupe-franc F.T.P.

Le 18 août 1944, la Cie est rassemblée à Kergroadez et se rapproche de la Cie Brest-Ouest de Marcel Pirou. Se trouve également là-bas une autre unité brestoise repliée, la Cie Dixmude qui parvient, elle, à obtenir rapidement des armes grâce au Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau. Mais pour la Cie Brest-Ouest et la Cie Michel, il faut attendre respectivement le 21 et le 23 août pour enfin obtenir une dotation de la part de l’État-major F.F.I.

Le 25 août, la Compagnie prend enfin part aux combats aux côtés de la 29th Division d’Infanterie U.S. Elle est engagée à Kervélédan puis prend la direction de Plougonvelin-Le Conquet pour réduire la poche allemande et neutraliser la batterie de 280mm de Kéringar. Elle combat jusqu’au 6 septembre où la Cie perd deux hommes dans la même embuscade qui tue le chef de la Cie Brest-Ouest. Des exactions infligés à des prisonniers allemands en représailles, force l’état-major à mettre en retrait cette unité et la Cie Brest-Ouest. Elle est redéployée dans la région de Brest pour la fin du siège où elle entre dans la ville par la Penfeld. C’est une des rares unités présentes des F.F.I lors de la reddition allemande à Brest.

Présentation rédigée grâce aux travaux de Joël Le Bras, par Gildas Priol, le 21 février 2020.