Groupe Arsenal

Groupe de renseignement dans l’arsenal de Brest

[Avril - Août 1944]

Dans le premier trimestre de l’année 1944, la question de la coopération entre l’Armée Secrète (A.S) de Brest et les éléments de l’unité Marine de Brest est réglée. L’heure est à l’unification des forces et à la structuration de ce qui va devenir les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I). Si cet objectif est devenu la priorité, la question du renseignement militaire reste toujours importante, tant pour les différents mouvements et réseaux qui en profitent que pour les F.F.I. L’organisation des forces issue de la Marine ou du personnel civils de l’arsenal revient à Raymond Deshaies du mouvement-réseau Thurma-Vengeance, s’étant rapproché depuis plusieurs mois du mouvement Libération-Nord.

Grâce à prise de contacts auprès du Capitaine de Corvette Jean Cloarec du réseau Marathon, les choses s’accélèrent. A ce dernier, outre ses activités clandestines pour son réseau, on confie la tâche d’insuffler la vie à ce qui deviendra la 1ère Compagnie F.F.I de Fusiliers-Marins grâce au Groupe Narval. En échange de bons procédés, le groupe de renseignement Chacal-Marine passe sous la direction du Groupe Arsenal qu’instaure Raymond Deshaies, pour unifier et faciliter les transmissions d’informations.

Cette nouvelle entité, forte d’un effectif conséquent et parfaitement implanté dans toutes les strates de l’arsenal, va œuvrer à partir de fin mars - début d’avril 1944, sous la houlette de l’Ingénieur des Directions de Travaux Principal Jean Aubert, dit Menez. En plus de la collecte de renseignements en tout genre, un nouvel objectif est donné à ce groupe après la découverte, en mai 1944, des dispositions prises par les Allemands en vue d’une destruction éventuelle de l’arsenal en cas d’abandon de la ville. Des mesures de protection pour l’arsenal sont prises pour éviter que l’occupant puisse détruire les quais, bassins, engins et autres infrastructures portuaires. Le groupe de résistants prend de gros risques en informant sa hiérarchie de la Marine française des intentions allemandes. Les chefs de la Résistance locale sont également prévenus et bientôt, un contre-plan est élaboré. Un inventaire des destructions prévues par les allemands est réalisé et des dispositions sont prises pour les contrarier au cas par cas.

Le siège de Brest et l’évacuation du personnel civil de l’arsenal ne permettront pas aux résistants de mettre en œuvre les mesures de protections bien que quelques actions eurent lieux. Les différents membres de ce groupe, s’éclateront dans différentes unités combattantes F.F.I dans l’arrondissement de Brest, poursuivant jusqu’à la Libération, leur engagement en faveur de la Résistance.

Présentation rédigée par Gildas Priol, le 21 septembre 2020.