Groupe Marine

[1943 - 1944]
Crée en mars 1943 sous l’impulsion de l’Ingénieur des Directions de Travaux de 2ème classe Paul Bardu, bientôt épaulé par l’ingénieur Pierre Quéau, ce groupe de résistance a pour seuls objectifs :

  1. Collecter des renseignements sur l’activité allemande dans l’arsenal de Brest
    Ceci sous entend remplir des questionnaires hebdomadaires et fournir des observations personnelles. Surveiller le trafic des bâtiments de surface et les sous-marins entrant et sortant de la base de Laninon. Spécifier si il y a des modifications apportées, comme le schnörkel dont un plan sera fait et transmis aux alliés en juin 1944. Réalisation d’un plan complet de la base sous-marine, avec ses modifications de la toiture. Réalisation d’un plan complet de la défense de l’arsenal (casemates, nids de mitrailleuses) avec les dispositions prises par l’occupant en cas d’attaque par la côte. Parfois le groupe renseigne sur les intentions allemandes d’opérer des rafles sur les agents de l’arsenal, ils délivrent également de faux papiers d’identités et des permissions aux ouvriers recherchés. Enfin, un travail de démoralisation est entrepris auprès du personnel civil allemand travaillant à l’arsenal.
  2. Prendre des mesures de protection pour l’arsenal
    En mai 1944, le groupe détecte que des dispositions sont prises par les Allemands en vue d’une destruction éventuelle de l’arsenal en cas d’abandon de la ville. L’occupant prévoit de détruire les quais, bassins, engins et autres infrastructures portuaires. Le groupe de résistants informe alors sa hiérarchie de la Marine française et surtout la résistance pour qu’un contre-plan soit mis en place. Un inventaire des destructions prévues par les allemands est réalisé et des dispositions sont prises pour contrarier au cas par cas. Le siège de Brest et l’évacuation des civils ne permettront pas aux résistants de mettre en oeuvre les mesures de protections bien que quelques actions eurent lieux.

Un petit noyau formé en 1942 par Joseph Paugam, d’une dizaine d’ouvriers, fusionne assez rapidement en mai 1943 avec cette nouvelle formation. Le groupe Marine est totalement opérationnel vers la fin 1943 et compte une quarantaine de résistants, tous membres du personnel de l’arsenal. On y trouve des ingénieurs, agents techniques et ouvriers répartis dans tout l’arsenal, y compris à la base sous-marine.

Plusieurs réseaux de résistance profiteront des leurs informations ; En décembre 1943 le réseau Cohors Asturies de l’ingénieur des Ponts et Chaussées Aldéric Lecomte, affilié au mouvement Libération-Nord. Les informations sont transmises au pharmacien Yves Allanic jusqu’à son arrestation en février 1944. Puis c’est le réseau Marathon du capitaine de corvette Jean Cloarec qui récupérera les rapports du groupe Marine de Bardu-Quéau. Le réseau Turma du commissaire en chef de la Marine Raymond Deshaies bénéficiera également de cette source d’information. Il est également possible que le groupe Marine ait fourni, peu de temps avant le siège, des informations au réseau CND Castille dont les principaux agents en 1944 sont issus du personnel de l’arsenal.

Présentation rédigée à partir des travaux de Joël Le Bras, par Gildas Priol, le 7 décembre 2019.