KERVELLA Marie

Marie Françoise Martine Mocaër épouse Paul Auguste Kervella et de leur union naissent deux enfants. Le premier né est Paul Kervella en 1926 et le second Louis. En 1932, Marie Kervella perd son époux et se voit contrainte d’aménager avec ses deux enfants chez sa sœur Marie Le Goff au 7 rue Victor Hugo. En 1942, c’est au tour de sa sœur de perdre son époux François. Veuves, avec chacune deux fils, les deux sœurs font bloc et s’entraident dans les épreuves.

Les deux cousins nés en 1926 son presque comme des frères, durant l’occupation, ils s’engagent comme secouristes à la Croix-Rouge et travaillent également à l’arsenal comme ouvriers. Par l’intermédiaire du chanoine Guermeur, les cousins rencontrent Roger Pétron qui les fait entrer en résistance en juin 1943 dans le groupe Action Directe, corps franc du mouvement Défense de la France (D.F).

Après quelques mois à œuvrer dans la clandestinité et sans avoir mis dans la confidence leurs mères, les cousins vont en octobre 1943 leur dévoiler leur appartenance à la résistance. Les deux mères, ayant déjà une vie tumultueuse, aurait pu les refréner voire les contraindre à tout arrêter, mais il n’en est rien. Marie Kervella et sa sœur acceptent dès lors d’accueillir des réunions des membres du groupe Action Directe, de les héberger et ravitailler le cas échéant. On stocke également au 7 rue Victor Hugo des armes. Elles mènent également une propagande active dans le cercle de connaissances.

Le 9 mars 1944, alors qu’une cargaison d’armes doit arriver au domicile des Le Goff-Kervella, les allemands investissent les lieux et arrêtent les cousins. Ils reviennent le lendemain et arrêtent les deux sœurs. Marie Kervella est internée jusqu’au 14 juin 1944. Placée ensuite en liberté surveillée avec interdiction de regagner son domicile. La maison est pillée et incendiée pendant le siège de Brest.

Mais ce n’est pas le pire, le 10 mai 1944, son fils et son neveu sont condamnés à mort. Le 20 mai, peu avant midi, Guy et Paul Kervella sont fusillés au fort du Mont Valérien.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Archives de Brest, fonds Défense de la France (51 S).
  2. Fondation de la Résistance, registre des effectifs du mouvement D.F du Finistère.
  3. Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de Marie Kervella.
  4. PICHAVANT René, Clandestins d’Iroise - tome 4, éditions Morgane, 1988.
  5. LE BOULANGER Isabelle, Bretonnes et Résistantes, éditions Coop Breizh, 2018.
  6. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Marie Kervella (GR 16 P 421960) - Non consulté à ce jour.

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture.

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