BEAUDOIN Pierre

Pierre Beaudoin effectue son service sous le drapeau en 1928 dans la Marine Nationale comme matelot secrétaire. A son retour à la vie civile, il travaille comme grossiste en fruits et légumes. Il réside rue des petits Jardins à Brest et le 12 août 1931 il épouse Jeanne Cavarec à Saint-Marc, de cette union naissent 4 enfants.

Il entre en résistance en septembre ou novembre 1942 par l’intermédiaire de Paul Masson du réseau Alliance, sans devenir un agent officiel. Pierre met alors son domicile à disposition pour les réunions et en fait une boîte aux lettres clandestine. Pierre Beaudroin noue également contact, sans l’intégrer pour autant, avec le réseau Ronsard-Marathon par l’entremise d’Arsène Joncourt.

En 1943, alors que le réseau Alliance de Brest vit ses dernières jours, Pierre Beaudoin intègre le mouvement Défense de la France et son corps-franc, le groupe Action Directe. Il devient rapidement le chef cantonal pour Brest du mouvement. Son magasin sert à l’instruction militaire des jeunes du corps-franc.

Il travaille en étroite coopération avec ses agents de liaison, Jean Gueguen, mesdames Calvez (mère et fille). Ainsi qu’avec ses agents de renseignement, Pierre Thomas, Yves Denniel et Hippolyte Kerdraon.

En mars 1944, quand les armes parachutés en février arrivent du centre Finistère, il en prend en charge une partie avec son camion pour les ramener sur Brest. Pierre les entrepose chez lui. Le 26 avril, aux aurores, avec Yves Hily, Julien Kervella, Gaston Viaron, Georges Hamon et Yves Hall, une importante quantité de grenades et de munitions de 9mm est volé dans les locaux de la mairie de Gouesnou. Le lendemain, au cours d’une nouvelle opération sur Brest, il est blessé par balle et soigné par le Dr Jacq.

Le 25 mai 1944 à l’aube, Pierre Beaudoin monte sur Ploudalmézeau avec Yves Hall et y retrouve Pierre Rivière. L’opération consiste cette fois à enlever l’inspecteur Louis Fagon des renseignements généraux de Brest, résidant au bourg de Ploudalmézeau. Ce dernier semble enquêter activement les membres du groupe Action Directe, les résistants veulent donc lui mettre un coup de pression. A bord d’une Citroën traction, les trois résistants guettent non loin du domicile. Vers 7h45 l’individu sort de chez lui, il est aussitôt menacé d’une arme avec la consigne de les suivre. Mais l’opération échoue, l’inspecteur crie et parvient à s’enfuir, trop exposé les résistants n’insistent que quelques mètres pour tenter de l’appréhender avant de rebrousser chemin et regagner Brest en voiture.

Fin mai 1944, après la vague d’arrestations dans le groupe, se sentant traqué par les agents allemands du S.D de Brest, il prend le maquis et trouve refuge chez la famille Quere de Lestaridec à Guipavas. Sa femme part se réfugier à Paris alors qu’elle vient d’accoucher d’un fils.

Avec l’arrivée des troupes américaines dans le secteur de Brest, Pierre Beaudoin se met à la disposition d’une compagnie d’artillerie qui participe au siège de la ville puis à la bataille du Menez Hom. Après la libération, il monte à Paris retrouver sa femme et son fils qui s’y étaient réfugiés en attendant des jours meilleurs.

En décembre 1944 il est rappelé dans la marine et embarque sur le croiseur Duquesne à Cherbourg. Avec ce bâtiment, il participe à la réduction de la poche de Royan et de l’île d’Oléron.

Il devient par la suite Vice-président du Comité de Libération de Brest et Vice-président de l’association Défense de la France à Brest.

Au total, Pierre Beaudoin aura réalisé 21 attaques à mains armées pour la résistant. Pour toutes ses actions, il reçoit les distinctions suivantes :
- Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile de Bronze
- Médaille de la Résistance

La sépulture de Pierre Beaudoin se trouve dans le cimetière de Saint-Marc à Brest [Carré 7, Rang 10, Tombe 10-11-12]