LE VOURC’H Albert

Marié, père de six enfants et ouvrier à la Pyrotechnie Saint-Nicolas au Relecq-Kerhuon. Quitte son emploi à la Pyrotechnie pour ne pas travailler pour les Allemands et se réfugie en zone Sud avant le 6 juin 1944. Il revient à Guipavas après un séjour au maquis [1]. Semble avoir à cette époque et depuis 1942 une activité de renseignements au sein de la Résistance bretonne justifiant son départ en zone Sud [2].

Il rejoint la compagnie F.F.I de Guipavas et est intégré comme soldat de 2e classe au groupe de combat d’Henri Goar. La Compagnie est créée et commandée par le Résistant Victor Bourvéau du mouvement Défense de la France à Guipavas. Elle est constituée avant le 6 juin 1944 et est activée probablement ce jour-là par Bourvéau lui-même. Albert Le Vourc’h prend part à tous les combats de la Compagnie F.F.I de Guipavas, dont ceux de Guipavas et de la défense des environs de Plabennec, entre Kersaint et le Drennec, entre le 6 et le 9 août 1944. Le groupe de combat capture neuf prisonniers allemands à Lez Quelen en Plabennec. Le groupe de combat d’Henri Goar comprend quatorze hommes :

  • BRETON Jean
  • CABON Joseph
  • CASTEL Louis
  • CASTEL Sezny
  • COSTIOU Jean
  • GOURLAY Jean
  • JEZEQUEL Yves
  • KERMAREC Louis
  • LE GALL Albert
  • LE VOURC’H Albert
  • QUENTEL Marcel
  • RIOU Alain
  • SEGALEN Robert
  • TROADEC François

Le 25 août 1944, en plein siège de Brest le Lieutenant Bourvéau met à la disposition du Lieutenant Aicard, officier de liaison, attaché à la 2e D.I.A, trois volontaires pour servir dans la 2nd Infantry Division de l’U.S. Army : Albert Le Vourc’h, Joseph Cabon et Goulven Riou. Ils servent comme guides-éclaireurs en première ligne pour le 2nd batalion du 9th Infantry Regiment commandé par le Lieutenant-Colonel Walter Martin Higgins, Jr. Albert Le Vourc’h reste en première ligne plus d’un mois. Ce 25 août 1944 l’unité attaque un point d’appui tenu par des parachutistes Allemands du Major Becker depuis le Nord de Bourg-Neuf, le point d’appui se trouvant au Sud-Est de Gouesnou. Le 15 septembre 1944 Albert Le Vourc’h est positionné au Nord des fortification du Brest intra-muros, dans les environs de Lambézellec. N’étant plus directement engagé il est renvoyé dans son foyer par le Lieutenant-Colonel Higgins, entre le 16 et le 19 septembre 1944.

Le 15 septembre 1944 le Lieutenant-Colonel Higgins rédige une recommandation :

Goulven Riou [3], Joseph Cabon, and Albert Le Vourch, members of the Free French of the interior, have been attached to this batalion since 25 august 1944, to assist in the securing of information vital to this unit for an attack on the Fortress Brest. Their knowledge of the terrain and installations greatly aided the advance of this batalion. Their untiring efforts warrant the highest commendation.

Le 16 septembre 1944 le Major Gabriel Groulard de l’état-major F.F.I. s’adresse au Lieutenant-Colonel Faucher, Commandant l’arrondissement de Brest, suite aux recommandations du Lieutenant-Colonel Higgins et du Lieutenant Aicard, proposant une récompense pour Albert Le Vourc’h.

Dans son rapport daté du 16 septembre 1944, le Lieutenant Bourvéau précise au sujet des trois volontaires :

Jour et nuit, ils sont restés malgré la fatigue, rendant ainsi de très grands services, ils ont été pour tous leurs camarades F.F.I. un exemple magnifique de courage et de patriotisme. Jai le devoir de signaler plus particulièrement le soldat VOURCHES Albert (sic), qui, père de famille de six enfants et ayant eu tout son foyer détruit par fait de guerre a préférer rester à son poste de combat avec ses camarades et n’est descendu au repos que sur l’ordre de ses chefs.

Nous ignorons la suite de cette proposition de récompense. Le 19 septembre 1944 le Général Middleton reçoit la reddition des Allemands de la Forteresse de Brest, mettant fin au siège de Brest. De retour à la Pyrotechnie de Saint-Nicolas, Albert Le Vourc’h obtient une échelon d’avancement au titre de la Résistance.

Publiée le , par Jeremi Kostiou (CRHiL), mise à jour

Sources - Liens

  1. Lettre tapuscrite d’Henri Floc’h au petit-fils d’Albert Le Vourc’h, juillet 2002. (conservée dans les fonds d’archives du Centre de recherche historique du Léon - Fonds Fbis-1039.01).
  2. Notice biographique de Jean BOSSARD.
  3. Notice biographique d’Hervé QUILLIVERE.
  4. Notice biographique d’Henri GOAR.
  5. Acte de naissance d’Albert Le Vourc’h – Archives municipales de Guipavas.
  6. Fonds Henri Le Bec - Effectif de la compagnie F.F.I de Guipavas.
  7. Fonds Baptiste Faucher, commandant des F.F.I de l’arrondissement de Brest.
  8. Fonds Famille Albert Le Vourc’h via Dominique Kervestin. Copies des documents conservés dans les collections d’archives du Centre de recherche historique du Léon (Fonds Fbis-1039).

Source non consultée à ce jour :

  • Service historique de la Défense (SHD) de Vincennes, dossier personnel d’Albert LE VOURC’H, cote GR 16 P 370090.

Notes

[1Nous ignorons pour le moment de quel maquis il s’agissait.

[2Indication d’Henri Floc’h dans une lettre tapuscrite adressée au petit-fils d’Albert Le Vourc’h en juillet 2002, et conservée dans les fonds
d’archives du Centre de recherche historique du Léon (Fonds Fbis-1039.01). Cette indication d’Henri Floc’h est ambiguë, mais il parle
probablement du Finistère Sud. A noter qu’Henri Floc’h est le co-auteur avec Alain Le Berre de l’ouvrage L’enfer de Brest. - Brest-Presqu’île de
Crozon, 25 août-19 septembre 1944.

[3Provenant quant à lui du groupe Le Stang de la Compagnie F.F.I. de Guipavas.

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