TROMELIN Jean

Jean Tromelin est un mutilé de la première guerre mondiale. En 1924 naît son fils Jean Louis [1] à Plouguin. Il tient la minoterie du moulin de Pont-Ours en Plouguin ; commune dont il est le maire.

En août 1940, la famille apporte son aide à l’hébergement de deux prisonniers nord-africains de l’armée française. Lors du crash d’un Blenheim de la R.A.F le 21 décembre, Jean parvient à sauver des débris des papiers et souvenirs avant que les allemands ne ratissent la zone. Les sépultures des trois aviateurs seront entretenues par les enfants de la famille Tromelin. Fin décembre 1940, le moulin devient le refuge pour deux nouveaux évadés qui entreront dans la résistance par la suite : Joachim Duclos et François Puluhen (membre de la famille d’Yvonne Tromelin, née Puluhen ?).

En mai 1941, les résistants Henri Auffret, Roger Groizeleau, Roger Ogor et Joseph Thoraval du groupe Elie de Brest arrivent à Pont-Ours pour échapper aux agents allemands. Ils confient leur armes au minotier et tous insistent pour rentrer sur Brest malgré les recommandations de Jean Tromelin. Trois d’entre eux retournent seront fusillés par la suite.

Les agents de la police allemande parviennent à faire parler l’un des résistants qui évoque les armes cachées à Pont-Ours. Jean Tromelin doit jouer de malice pour induire en erreur l’occupant. Les allemands retenteront de piéger Jean Tromelin en se faisant passer pour des agents de l’Intelligence Service ayant besoin d’une base arrière. Voyant clair dans leur jeu, Tromelin feint l’innocence.

En 1942, les Tromelin aident, un aviateur canadien tombé près du manoir de Penmarc’h en Saint-Frégant, en établissant une liaison. En septembre 1942, la famille recueille un nouvel aviateur du nom de Gilbert Graham Wright de la R.A.F. Il sera caché au moulin durant une longue période. La famille aidera également à son départ et retour en Angleterre.

En mars ou avril 1943, Jean Tromelin héberge en son moulin Jacques Maze, réfractaire au S.T.O. Le 16 avril, un nouvel aviateur, William Peter Lefevre, est récupéré par les Tromelin puis confié à la famille Madec en Plouguerneau.

Le 5 Juillet 1943, Jean Tromelin est arrêté sur ordres de la gestapo de Rennes. Il est interné durant six mois où il subit des interrogatoires. Les allemands cherchent des informations sur son fils et le réseau d’évasion dont il fait parti. Libéré faute de preuve, il a la surprise de découvrir en rentrant que son fils est bien parvenu à rallier l’Angleterre et que c’est sa femme, en son absence, qui a poursuivi la résistance.

Le moulin devient la base arrière du mouvement Défense de la France, on y cache des résistants comme Henri Mazéas ou Louis Dupoux de Libé-Nord. En Mai 1944 quand François Queffélec, policier résistant à Brest, est arrêté, sa secrétaire trouve refuge au moulin de Pont-Ours.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, un parachutage d’armes a lieu près du moulin, les contenairs y sont cachés. Jean Tromelin effectuera sa dernière mission en les protégeant lors de différentes perquisitions dans les jours qui suivent.

Pour sa conduite au feu lors de la première guerre mondiale et son action dans la résistance, il reçoit les distinctions suivantes :

- Chevalier puis Officier de la Légion d’honneur
- Médaille Militaire
- Médaille de la Résistance (1946)
- Croix de Guerre

La sépulture de Jean Tromelin se trouve au cimetière communal de Plouguin [Carré A, Rang 4, Emplacement 77-78]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Archives du Finistère à Quimper = Témoignage dactylographié de Jean Tromelin en 1945
  2. Ordre de la Libération = Fichier des médaillés de la Résistance
  3. Mairie de Plouguin = Service cimetière
  4. Société des Membres de la Légion d’Honneur Finistère Nord = Fiche biographique
  5. S.H.D Vincennes (dossier résistance) = GR 16 P 578817
  6. S.H.D Caen (dossier déporté) = AC 21 P 684446

Notes

[1Futur Français Libre

Télécharger au format PDF