PRONOST Jean

Jean Marie Pronost est originaire de Lannilis où ses parents tiennent l’Hôtel du Grand Cerf. Il est adopté par la nation en 1920, suite au décès en 1915 de son père lors de la Première Guerre mondiale à bord du croiseur-cuirassé Léon Gambetta. Jean Pronost s’engage à son tour dans la Marine Nationale de 1921 à 1926. De retour à la vie civile, il travaille comme électricien et mécanicien. En 1933 il épouse Marie Le Goff à Lannilis, qui lui donne deux enfants. La famille se rapproche de Brest et s’établie à Kérafily en Lambézellec. Le 7 décembre 1935, son épouse décède, le laissant veuf avec deux enfants à charge. La famille déménage non loin, rue Balzac. En 1937, Jean Pronost entre comme monteur-électricien à l’Artillerie Navale à l’arsenal de Brest. Le 26 juin de la même année, il épouse en seconde noces Marie Quéré à Brest. De cette union, un troisième enfant voit le jour. La famille déménage à nouveau, pour s’établir cette fois au 6 rue Volney.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est d’abord mobilisé avant d’être classé parmi les affectés spéciaux. Jean Pronost reste alors à Brest durant les évènements de juin 1940. Lors d’une discussion avec Henri Auffret dans son café, Jean Pronost évoque son désire lutter contre l’occupant et d’entrer en résistance. Cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd qui organise une entrevue avec Louis Élie. Jean Pronost entre ainsi en résistance dès septembre 1940. Il recrute à son tour René Gourvennec avec qui il travaille à l’arsenal. Il recrute également Joseph Prigent puis se voit confier le rôle de chef de groupe du quartier de Kérigonan. Sous ses ordres, il a les résistants François Pondaven et Léon Mazé. Parmi ses actions, Jean Pronost participe à la tentative d’évasion de 9 personnes de la prison de Pontaniou le 18 mars 1941 vers 21 heures. Il aurait également participé à la récupération d’armes, à des coups de main contre l’occupant ainsi qu’à un attentat sur l’Hôtel Continental le 4 avril ; à ce jour cette dernière opération est sujet à caution.

Le 15 mai 1941, les agents de l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest se présentent à son domicile pour l’arrêter. D’abord interné à la prison du Bouguen à Brest, il est transféré à Rennes puis à Fresnes en vue du procès. Jean Pronost est condamné à purger une peine de 6 ans de réclusion. Toute peine longue entraînant la déportation, il est envoyé en Allemagne en janvier 1942. Il passe par les camps de Kassel, Rheinbach et Sieburg où il est employé dans un Kommando de déblaiement après bombardements. Jean Pronost est libéré 10 avril 1945 par l’armée américaine et rapatriée le mois suivant à Brest.

Pour son engagement en faveur de la Résistance, il reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent.

La sépulture de Jean Pronost se trouve dans le cimetière communal de Lannilis [Carré 2, Rang 1, Tombe 15]

Publiée le , par Edi Sizun, Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Famille Pronost-Lannuzel, iconographie.
  2. Commune de Lannilis, registre d’état-civil et registre numérique du cimetière - sépulture de Jean Pronost.
  3. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil (2E178).
  4. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Pronost (1622 W).
  5. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier Procès du Groupe Élie (GR 25 P 16344) et dossier individuel de Résistant de Jean Pronost (GR 16 P 491923).
  6. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.22).
  7. La Dépêche de Brest, éditions du 03/05/1933, 16/05/1933 et 08/12/1935.
  8. BROC’H François, J’avais des camarades, éditions du Télégramme, 1949.
  9. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier de déporté de Jean Pronost (AC 21 P 651488) - Non consulté à ce jour.