PRIGENT Joseph

Joseph Prigent est scolarisé jusqu’à ses 12 ans puis il travaille durant dix mois comme messager en télégrammes à Paris. Il apprend ensuite le métier de cordonnier avant d’entrer comme ajusteur armurier à l’arsenal de Brest en 1938. Appelé à faire son service, il sert dans la Marine Nationale, sur le croiseur Montcalm. Après la débâcle, il est démobilisé et revient sur Brest reprendre son poste à l’arsenal. Joseph Prigent est marié et de cette union est naît un enfant. Il réside au Stiffelou à Lambézellec et adhère à la C.F.T. Il est également membre du patronage laïque de Saint-Martin.

Joseph entre en résistance en 1940, introduit par Jean Pronost auprès de Louis Elie pour intégrer son groupe. L’entretien se fait au café d’Henri Auffret. A son tour, Joseph introduit Albert Muller, qu’il connait depuis longtemps, auprès du groupe clandestin. Joseph Prigent devient rapidement chef de groupe et a sous les ordres : Auguste Bonniou, André Béchennec, Jean Coateval, Robert Le Rest, Maurice Le Roux et Ephrem Thiery.

Le 1er Janvier 1941 vers 20 heures, il abat deux allemands rue Kerfautras avec 4 autres personnes du groupe. Il participe le 28 Février 1941 à l’attaque loupée de la batterie D.C.A près de la rue Lazare-Carnot. Il est présent à l’évasion de 9 personnes de Pontaniou le 18 Mars 1941 vers 21 heures. Il aurait également participé à un attentat sur l’hôtel continental le 3 avril ; à ce jour cette dernière opération est sujet à caution. Le 30 avril 1941, il est pris dans la rixe avec les allemands rue Louis-Blanc dans le seul café de la rue.

Le 9 mai 1941, il est convoqué à l’Aussenkommando du S.D de Brest, situé à l’école Bonne-Nouvelle de Kérinou en Lambézellec. Il s’y rend vers 13 heures et ne revient pas.

Interné à la prison du Bouguen, il est transféré à Rennes puis à Fresnes en vue du procès. La trentaine de brestois sont jugés en novembre 1941 sur Paris. Voici comment l’accusé est décrit lors du procès :

Prigent donne l’impression d’être un fanatique, convaincu, même maintenant, que ses actions sont tout à fait justifiées.

Ce qui lui vaut d’être condamné à mort. Il est fusillé le 10 décembre 1941 au Mont Valérien avec dix autres membres du groupe.

A titre posthume, il reçoit la médaille de la Résistance en 1953.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Ordre de la Libération = Fichier des médaillés de la Résistance
  2. Fondation de la Résistance (Paris) = Liste nominative des Résistants du Finistère
  3. Livre "J’avais des camarades" par François BROC’H alias Florette, éditions du Télégramme, 1949
  4. S.H.D Vincennes = Dossier Tribunal groupe ELIE - 25 P 16344
  5. S.H.D Vincennes (dossier résistance) = GR 16 P 491326

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