GALL Arsène

Arsène Gall est second-maître radio dans la Marine Nationale. A la débâcle en juin 1940, il se trouve à Brest. Au début de l’occupation, n’ayant plus d’affectation, il est muté au service d’approvisionnement en légumes pour la Marine de Brest. Service presque fictif, crée pour améliorer l’ordinaire et occuper le personnel pour éviter un envoi aux Stalags en Allemagne. Arsène y devient l’adjoint du lieutenant de vaisseau Jean Philippon.

Le 6 août 1940, il épouse Anastasie Hamon à Saint-Pierre-Quilbignon. Le couple réside au 11 bis du Rouisan.

En novembre 1940, par l’intermédiaire de son supérieur Jean Philippon, il est recruté dans le réseau de résistance Confrérie Notre-Dame. Sa tâche est de collecter des informations sur les mouvements et travaux de la Kriegsmarine à Brest. Il remonte les informations à Jean Philippon qui se charge de les faire acheminer aux responsables du réseau.

L’arrestation d’un radio du réseau en juillet 1941 est problématique. Privé de radio et désireux de poursuivre les émissions de renseignements sur la marine allemande basée à Brest, le réseau se tourne vers Arsène Gall sur suggestion de Jean Philippon. Gilbert Renault revient une nouvelle fois à Brest, accompagné par André Cholet, monteur radio du réseau. Ils apportèrent un émetteur radio qui fut monté et réglé sur place. Le jour même, Arsène Le Gall le teste dans l’appartement de Jean Philippon sous le regard de René Berthon. La liaison est de nouveau établie.

Philippon loue une pièce dans une ferme à Coat-Méal où par chance il y a de l’électricité. C’est de là bas qu’il décide d’émettre pour éviter d’être repéré par une patrouille allemande. Le 6 décembre 1941, de 14 à 16 heures, en compagnie du radio Arsène Gall, ils émettent vers l’Angleterre pour prévenir du potentiel départ des navires de guerre allemands Scharnhorst et Gneisenau de Brest. Le 15 décembre Gilbert Renault revient à Brest pour apporter un nouveau poste émetteur, moins encombrant, tenant dans une valise, pour l’équipe brestoise. Ce nouveau poste sera introduit dans l’arsenal, dans un cabanon près du potager qu’entretenait Philippon et Gall. Plusieurs émissions seront effectuées entre décembre 1941 et février 1942, doublées par d’autres radios du réseau par l’intermédiaire de Gilbert Renault ou Paul Mauger.

Le 7 février il fait parvenir ce message à Londres
De Hil - Stop - Appareillage du Scharnhorst, du Gneisenau, du Prinz Eugen imminent - Stop - Méfiez-vous particulièrement de la période de la nouvelle lune.

Le 11 février vers 22 heures, l’opération Cerberus est déclenchée, les trois navires allemands quittent définitivement Brest, passent par le Pas-de-Calais et remontent vers l’Allemagne. Hilarion continuera de renseigner le réseau sur l’activité allemande à Brest et notamment les sous-marins jusqu’à sa mutation à Toulon fin mai 1942. Nous ignorons si Arsène Gall a poursuivi son activité au profit du réseau pour le reste de la guerre.

Pour son action dans la clandestinité, il reçoit la médaille de la Résistance en 1945. En 1963 il est secrétaire de mairie à Guissény.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Arsène Gall (au centre) à l’arsenal, devant le cabanon où il stockait le poste émetteur
Crédits photo : Le Télégramme de Brest - 1958
Arsène Gall (1er rang, 2ème à gauche) à l’école des marins radiotélégraphistes
Crédits photos : Le Télégramme / Archives de Brest

Sources - Liens

  1. Ordre de la Libération, fichier des médaillés de la Résistance.
  2. Archives de Brest, registre d’état-civil de Saint-Pierre-Quilbignon numérisé en ligne.
  3. Amicale du réseau CND Castille, fiche biographique d’Arsène Gall.
  4. PHILIPPON Jean, S & G, éditions France-Empire, Paris 1er, 1957.
  5. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossiers administratifs de résistant d’Arsène Gall (GR 16 P 239913 et GR 28 P 4 45 618) - Non consultés à ce jour.

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture.