BARDU Paul

Paul Bardu voit le jour à Recouvrance. Son père travaille au service des eaux de la mairie de Brest. La famille réside au 13 rue du Rempart à Recouvrance. En mai 1929 il épouse Louise Jourdan à Recouvrance. En mai 1939 il est agent technique à l’arsenal.

En janvier 1942 il serait entré en résistance en transmettant des informations d’ordre militaire à un Service de Renseignements, dont ni l’identité ni l’origine sont connus à ce jour.

En mars 1943, alors qu’il est passé Ingénieur de 2ème classe dans le service des Constructions Navales de l’arsenal, il fonde un groupe de renseignement portant le nom de Groupe Chacal-Marine, vraisemblablement à la demande de l’agent Marcel Toully alias Chacal, du réseau Ronsard-Luth. Peu à peu le groupe s’étoffe au fil des mois et fin 1943 on compte près de 42 membres. Tous sont issus du personnel de l’arsenal, on y retrouve des ingénieurs, agents techniques et ouvriers répartis au quatre coins de Laninon et de la Penfeld. Paul Bardu sera épaulé dans la gestion du groupe par l’ingénieur du Génie Maritime Pierre Quéau.

L’objectif est de fournir de manière hebdomadaire tous les renseignements possibles sur les activités de la Kriegsmarine, la marine de guerre allemande. Ces renseignements seront d’abord communiqués au réseau Cohors Asturies en décembre 1943. Mais ce canal est vite coupé par l’arrestation du pharmacien ’Yves Allanic en février 1944. Le groupe donne aussi dans la propagande anti allemands et dans la protection d’ouvriers menacés de partir travailler en Allemagne, requis par l’occupant.

Cette arrestation ne compromet par l’intégrité du groupe Marine qui transmet alors ses renseignements au réseau Marathon du capitaine de corvette Jean Cloarec. Tout comme pour le précédent réseau, Marathon ne peut émettre seul, ils ne peuvent que remonter l’information à une centrale de diffusion, le destinataire étant le Bureau central de renseignements et d’action (B.C.R.A) de la France Libre. En mai 1944 le groupe va également offrir ses services au mouvement Vengeance du commissaire en chef de la Marine Raymond Deshaies.

Egalement en mai 1944, le groupe détecte que les allemands ont pris des dispositions en cas d’évacuation de la ville. Ces dispositions visent à détruire totalement les infrastructures portuaires ; minage des quais, des bassins, des engins et bâtiments. Le groupe Marine planche alors sur la question et prépare un contre plan visant à neutraliser les dispositions destructrices allemandes.

Mais le siège de la ville, le licenciement et l’évacuation hors de la ville de tout le personnel de l’arsenal, rendra caduque le projet des résistants. Les allemands mettront à exécution leur plan et détruiront une grande partie des infrastructures, les bombardements massifs du siège de Brest durant 42 jours finiront d’achever les restes.

Pour son action dans la clandestinité, il reçoit la Médaille de la Résistance en 1946.

La sépulture de Paul Bardu se trouve dans le cimetière de Recouvrance à Brest [Carré 12, Rang 8, Tombe 5]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Ordre de la Libération = Listes des médaillés de la Résistance française
  2. Service Historique de la Défense à Vincennes = Dossier Compagnie F.F.I de fusiliers-marins de Brest (GR 16 P 108)
  3. Brest Métropole = Service des cimetières
  4. Texte Résistance et Marine dans le Finistère pendant la guerre 39/45, par Joël Le Bras (Janvier 2005)
  5. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier administratif de résistant de Paul Bardu (GR 16 P 32979) - Non consulté à ce jour.

Remerciement à François Omnes pour la relecture.