DARLEY André

Fils d’Alfred Darley, mécanicien aux chemins de fer et de Germaine Mirey, sans profession, il grandit dans le quartier Kéruscun à Brest. C’est dans le mouvement laïque des Éclaireurs de France qu’André Darley rencontre André Calvez, Lucien Mérour et Gérard Trévien, dont il est proche.

Cette amitié se poursuit dans la fréquentation du mouvement des auberges de jeunesse, dont l’essor principal se situe après 1936. Les éclaireurs devenus Routiers passent naturellement au centre laïque des auberges de jeunesse. Le groupe s’occupe d’un refuge entre Daoulas et Logonna-Daoulas, près de Brest, une ancienne ferme qu’il va retaper et aménager. Il servira de couverture aux réunions du groupe trotskiste à partir de 1941.

À compter d’avril 1941, un petit bulletin, puis un journal ronéoté, Bretagne Rouge est composé et diffusé (juillet 1941). Les militants disposent d’une ronéo, cachée chez André Calvez, et dont l’abri a été construit par Alfred Darley, le père d’André. Sur la première page de Bretagne Rouge, un dessin représente un homme en arme sous un drapeau rouge symbolise le groupe, qui paradoxalement refuse l’action terroriste et refuse toute alliance avec les groupes non-ouvriers. L’organisation est encore fragile en octobre 1942, lors de la première distribution de tracts à Brest (1000 exemplaires ?) contre la relève : le thème principal du tract est : les prolétaires français en Allemagne ne feront rien contre leurs frères soviétiques, mais tout pour saboter la machine de guerre hitlérienne.

La cellule brestoise du Parti Ouvrier Internationaliste est composée en 1942 d’un noyau de militants : Gérard Trévien, Micheline Guérin, future épouse de Gérard, André Darley, Marguerite Métayer, André Calvez (qui et deux militants non identifiés (ils utilisent des pseudo). Au Relecq-Kerhuon, Yves Bodénez, André Floch et Paul Bienvenu. Un second cercle de sympathisants, parmi lesquels on trouve Albert Goavec.

Lors de la manifestation interdite d’octobre 1942, où des milliers de personnes protestèrent contre les départs d’ouvriers vers l’Allemagne, les membres du groupe chantent L’Internationale et La Jeune Garde dans les rues de Siam et Jean-Jaurès, les principales artères de Brest.

André Darley se marie le 8 février 1943 avec Jeanne Le Faou, 19 ans, employée de commerce chez sa mère, en centre-ville. Il exerce alors la profession d’ouvrier photographe.

Lorsque le travail en direction des soldats allemands débute au printemps 1943, André Darley y participe, en essayant de contacter un soldat allemand. Ce travail va être brutalement arrêté par la police allemande les 6 et 7 octobre. André Darley est parmi les premiers arrêtés et une souricière est mise en place chez lui, rue Richelieu. C’est par le Travail allemand que tombe le groupe : Le traître allemand, Konrad Leplow, participe aux perquisitions dans les familles des militants et tente d’attirer certains militants chez Darley. Gérard Trévien y est arrêté. André Calvez, alors à Paris, manque de tomber dans la souricière une semaine plus tard.

Arrivé au camp de Buchenwald le 24 janvier, André Darley est immatriculé sous le numéro 41743. Il est transféré ensuite à Gusen II, usine souterraine d’armement (Messerschmitt Bf 109 puis Me 262), un camp aux conditions très dures. À son retour à Brest, André Darley devra passer un long temps à l’hôpital. Il est inscrit comme déporté résistant, et agrégé au réseau Vélite - Thermopyles après la guerre. Il décède le 16 juillet 1985 à Brest.

Le Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes conserve un dossier sur le parcours dans la résistance d’André Darley, sous la cote GR 16 P 157823. Le S.H.D de Caen détient lui un dossier sur sa déportation, sous la cote AC 21 P 628806.