BERTHOMÉ Georges

Fils d’un cheminot, Georges Berthomé réside à Rezé, Loire-Inférieure quand il s’engage dans les rangs de la Jeunesse Socialiste. En 1939, il est le responsable de cette section, à laquelle ont adhéré son jeune frère Henri, de trois ans son cadet, et sa sœur Jeanne. Dès les premiers moments de l’occupation, la famille Berthomé s’oppose au régime de Vichy et à l’occupant.

Georges évolue vers un socialisme plus radical et s’intéresse au mouvement trotskiste.

Ouvrier métallurgiste, il participe aux mouvements de protestation contre l’envoi en Allemagne d’ouvriers des chantiers navals. En octobre 1941, La Vérité, organe central des comité français de la IVe Internationale (CCF IV) évoque dans son numéro 22 (octobre 1941) les grèves à l’usine des Batignolles, [usine de construction de locomotives et de travaux publics employant 3 500 ouvriers] , appelant à l’unité ouvrière. En octobre 1942, La Vérité signale comment les propagandistes de La Relève - envoi des travailleurs en Allemagne - ont été accueillis aux Batignolles sous une pluie de boulons et d’écrous et en janvier 1943, prône le Front Ouvrier, contre la misère et la guerre. L’exemple de la Loire-Inférieure est d’ailleurs donné en exemple (La Vérité n°40, page 2). Georges Berthomé diffuse Le Front Ouvrier, organe clandestin des ouvriers de la région nantaise, avec d’autres militants, dont Robert Cruau et son frère Henri.

En mars 1943, Georges et Henri Berthomé transitent par Quimper, chez Eliane Ronël, avant de venir s’établir à Brest. Ils partagent leur appartement avec Robert et se font embaucher dans les chantiers de construction de souterrains et de blockhaus situés près de la base sous-marine de Brest, commandités par la société de construction des Batignolles.

Georges apparaît comme membre du réseau Confrérie-Notre-Dame, avec le statut d’agent de renseignement permanent, à compter du 1er avril 1943 jusqu’au 7 octobre 1943, date de son arrestation. Il peut grâce à la situation privilégiée, transmettre des renseignements sur l’emplacement des sas d’accès des sous-marins. Selon Jeanne, sœur des Berthomé, ces renseignements auraient permis le bombardement de la Royal Air Force de la base sous-marine en empêchant celle-ci de fonctionner pendant quelques semaines. (au total 82 attaques aériennes eurent lieu contre la base, occasionnant des dégâts jugés mineurs).

Le 7 octobre 1943 a lieu la rafle contre les militants brestois (voir Yves Bodénez). Georges est interpellé, son frère Henri réussit à quitter la ville mais sera interpellé le 20 octobre.

Transféré à Rennes, puis Paris, il fait partie du convoi formé le 22 janvier 1944, dans le cadre de l’opération Écume de mer, à destination de Buchenwald. Il est enregistré le 24 janvier sous le matricule 42401. Le 12 janvier 1945, il est transféré à Halberstadt, sous-camp de Mittelbau-Dora, au sud-ouest de Magdebourg dans le Kommando Malachit. Il doit creuser des galeries destinées à enterrer la production des usines Junkers, construction aéronautique.

Peu de temps avant la libération du camp par l’armée soviétique, il s’évade avec deux autres détenus. Ces deux derniers prennent contact, après guerre, avec la famille pour savoir ce qu’il que Georges est devenu. Mais personne n’a plus de nouvelles depuis le 21 avril 1945. Il est porté disparu.

La ville de Rezé à donné son nom à une rue. Par décret en date du 7 janvier 1952, il a reçu à titre posthume la médaille de la Résistance.

Publiée le , par Jean-Yves GUENGANT , mise à jour

Sources - Liens

  1. Roger FALIGOT, « Brest l’insoumise », éditions Dialogues, 2016, pp 541 à 549
  2. Bases de données du réseau de résistance de la Confrérie-Notre-Dame (CND-Castille)
  3. Tracts du groupe brestois, « Front ouvrier », association RADAR (Rassembler, Diffuser les Archives de Révolutionnaires), quatre tracts diffusés à Brest en 1943
  4. Fondation pour la mémoire de la déportation, convoi du 22 janvier 1944 (I.204)
  5. Centre d’histoire du travail, Nantes

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