HALL Pierre

Pierre Hall fait son service militaire dans des régiments d’artilleries lourdes. Il en sort maître pointeur avec le grade de brigadier. A son retour à Brest il épouse Marie Jézéquel à Saint-Pierre-Quilbignon le 21 octobre 1924. De cette union naîtront deux enfants. Pierre travaille à l’atelier bois des constructions navales à l’arsenal de Brest. Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, il est classé comme affecté spécial au titre de son emploi à l’arsenal, il n’est donc pas mobilisé sur le front. Son affectation spéciale prend fin après le début de l’occupation le 25 juin 1940, il reste cependant ouvrier à l’arsenal.

Il intègre la Défense Passive et devient chef d’un secteur à Saint-Pierre-Quilbignon. Il mettra son poste à profit en falsifiant des laisser-passer pour les résistants.

Au mois de mai 1943, il oeuvre clandestinement à faire du renseignement pour le groupe Mathias II et divers actes de résistance dans le secteur.

Pierre crée ainsi le groupe Jean-Marin [1] qui s’étend de Saint-Pierre-Quilbignon au Conquet sur tout le littoral. Il multiplie les prises de contact dans les communes de Plouzané, Guilers, Locmaria-Plouzané, Plougonvelin et Le Conquet pour créer des petites structures locales clandestines. Peu importantes en nombre, ses sentinelles lui permettent de glaner beaucoup d’informations sur les activités et la présence des troupes et fortifications allemandes sur le littoral.

En février 1944, il intègre le tout jeune groupement cantonal Brest-Ouest ,sous les ordres de Marcel Pirou, dit Deumars. Il est nommé chef cantonal de la résistance pour Saint-Pierre-Quilbignon.

En juin 1944, Pierre Hall doit laisser sa place de chef cantonal de Saint-Pierre-Quilbignon à Sébastien Ségalen. Ce dernier a pour mission de rassembler tous les groupes épars de la commune afin de former une unité combattante des Forces Françaises de l’Intérieur. Pierre Hall fusionne son groupe Jean-Marin au dispositif.

Dans la seconde moitié du mois de juin, il est demandé aux chefs cantonaux de fournir d’extrême urgence des propositions de terrain de parachutage potentiel. Il est recommandé de choisir un terrain se trouvant à minimum cinq kilomètres d’un cantonnement allemand. Pierre Hall est donc missionné pour trouver en dehors de Brest un terrain pour la formation Brest-Ouest. Il jette son dévolu sur un champ à l’Est de la ferme de Kerzévéon à Locmaria-Plouzané. Hélas, pas suite des arrestations, les liaisons sont coupées et il faut attendre l’arrivée de la Mission Jedburgh fin juillet 1944 pour que les parachutages soient de nouveau possibles.

Début août 1944, le parachutage tant attendu est enfin annoncé, les résistants de Brest s’installent près de Kervézéon à Locmaria-Plouzané durant trois jours. L’attente est longue et dans la nuit du 2 au 3 août 1944 l’avion passe mais ne largue rien d’autre qu’une fusée rouge, annonçant l’annulation du parachutage. Les hommes se dispersent et regagnent Plouzané où ils établissent leur Poste de Commandement.

Le 14 août Pierre Hall et une partie de son effectif reçoit l’ordre de Baptiste Faucher [2] de gagner Tréouergat. Des dissensions apparaissent entre Pierre Hall, Sébastien Ségalen et Marcel Pirou. Le groupement cantonal implose et Pierre Hall incorpore ses hommes dans la Compagnie F.F.I de Saint-Renan. Il forme ainsi la première section de cette unité.

Il participe à la libération du secteur de Saint-Renan et progresse vers Locmaria-Plouzané puis Plougonvelin avec comme objectif la neutralisation de la batterie de Kéringar. Le 27 août il est détaché auprès de le l’état-major américain de la 29th Infantry Division - 175th Regiment comme agent de liaison avec Albert Le Bars. Le commandement de la 1ère section de la Compagnie F.F.I de Saint-Renan revient ainsi à Jean Marzin.

Compte tenu de ses connaissances du secteur de Saint-Pierre-Quilbignon, il quitte le front de la poche du Conquet pour servir de guide sur le front ouest du siège de Brest. Il effectue plusieurs missions pour les américains et traversent les lignes à quelques reprises pour obtenir des informations. Lors d’une mission de reconnaissance avec des officiers américains aux abords du fort Montbarey, ils sont pris pour cible par une mitrailleuse lourde. Ils plongent tous dans un fossé anti-char pour se protéger. Pierre Hall reçoit une balle dans la main et se bloque le nerf sciatique en roulant sur un casque. Il est transféré par les américains jusqu’à Morlaix où il reste hospitalisé jusqu’au 1 décembre 1944.

Pour son action dans la clandestinité, il reçoit la Croix de Guerre 39/45, avec étoile d’argent.

Après guerre, il fait partie des nombreux sinistrés totales de la ville. Il résidera au 30 rue Le Guennec, toujours à Saint-Pierre-Quilbignon une bonne partie de sa vie.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Famille de Pierre Hall = Iconographie & documents
  2. Archives de Brest = Registre d’état-civil numérisé en ligne
  3. Musée du Ponant de Saint-Renan = Fonds Baptiste Faucher - Archives de la Compagnie F.F.I du canton de Saint-Renan
  4. Service Historique de la Défense à Vincennes = Dossier individuel de résistant de Pierre Hall (GR 16 P 283831)

Notes

[1En référence au journaliste Yves Morvan de Douarnenez, voix de la France Libre à Radio Londres.

[2Chef militaire des F.F.I de l’arrondissement de Brest.

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