LE MEUR Yves

Yves Le Meur (Yves, Marie), dit Fifi, né le 2 décembre 1922 à Châteaulin (29). Fils de Marie Scordia et Yves Le Meur, se marie à Brest avec Yvette Abiven. Il est alors domicilié rue Jules Guesde à Brest. Il travaille au commissariat de la marine comme comptable. Il est papa d’une petite fille née le 2 décembre 1942, Yvonne Le Meur devenue épouse Goron.

Réfractaire au S.T.O, Il rentre dans la résistance appartenant au mouvement Défense de la France, groupe de Brest. Il est homologué au titre de la R.I.F. en qualité d’adjudant dans l’organisation de la Résistance : Il participe alors à la diffusion de journaux clandestins. Il prend part à de multiples opérations de sabotages et de récupérations d’armes et effectue des liaisons périlleuses. Il apporte une aide efficace à l’organisation de la résistance dans le nord de la Mayenne.

Au cours d’une tentative pour rejoindre les Forces Française Libres d’Afrique du Nord en passant par l’Espagne, Il est arrêté par la gestapo le 18 juin 1943 entre Bordeaux et Dax aux environs d’Hendaye avec des camarades de Brest, Paul Guilloux et Henri Geoffroy, dit Riquet.

Il sera prisonnier dans les prisons de Biarritz, de Bayonne, et du Fort du Hâ à Bordeaux puis sera dirigé vers le camp de triage de Compiègne Royallieu avant de faire partie du convoi du 2 septembre 1943.

Il arrive à Buchenwald le 4 septembre 1943 et reçoit le matricule 20634. Il est au Block 17/13, 17/203 et 17/205. Puis il est transféré rapidement au mois d’octobre 1943 à Dora-Mittelbau dit Sangerhausen (nom de camouflage de Dora) au Block tunnel : 17/123 ; 105.

Juste avant la libération du camp de Dora, le 5 avril 1945, date à laquelle on perd sa trace définitivement, Il est vu vivant, par des camarades qui ont pu témoigner à leur retour. Mais à l’approche des américains, les allemands évacuent les derniers déportés par des convois dirigés sur plusieurs directions. Une partie des évacuations s’opère en marches de la mort. Il y a de nombreuses victimes, avec des épisodes dramatiques, comme celui de la grange de Gardelegen.

Après la libération en 1945, par courriers adressés à sa jeune épouse Yvette, plusieurs camarades déportés, dès leur retour, ont pu témoigner d’avoir rencontré Yves Le Meur et s’être liés d’une solide amitié. Ange Gueguen de Saint Martin des Champs, déporté, camarade de captivité à Buchenwald. Les déportés et camarades de captivité à Dora : Maître Le Gac, Notaire à Poullaouen, Arsène Madec du Bourg de la Feuillée, Jean Garrec domicilié Le Faou, Albert Miossec de Brest, Alain Durand Darnis de Neuilly. Ce dernier raconte dans sa lettre que Yves Le Meur avait réussi à garder bien cachée, une photo de sa femme et de sa petite fille, chose exceptionnelle !

Ses décorations à titre posthume sont les suivantes : Médaille Militaire, Croix de guerre avec palme, médaille de la déportation et de l’internement pour faits de résistance, médaille de la Résistance.