DILICHEN Vincent

Vincent Guy Marie Dilichen est en internat au collège de Domfront dans l’Orne depuis l’invasion allemande. Sa famille est quant à elle domiciliée à Saint-Hilaire-du-Harcouët dans la Manche où son père travaille comme chef de district à la S.N.C.F. En octobre 1942 ou janvier 1943, son père vient le chercher et lui apprend que son frère Joseph a été arrêté pour son appartenance à la Résistance. Bien que n’ayant aucun lien avec la Résistance, le père de Vincent craint qu’il soit arrêté, il l’envoie alors dans Maine-et-Loire puis en l’Ille-et-Vilaine se cacher.

Sur Rennes, il échappe un jour à une rafle grâce à l’aide d’un agent de la S.N.C.F. Vincent repart aussitôt retrouver sa famille à Saint-Hilaire-du-Harcouët. Son père, décidé à le soustraire aux allemands et surtout au Service du Travail Obligatoire (S.T.O), décide de rejoindre Saint-Pol-de-Léon où il sait obtenir de l’aide de parents fermiers. Ils se rendent à Keramprat mais ils ne peuvent prendre Vincent, ils ont déjà deux réfractaires au S.T.O à charge. Père et fils repartent au petit matin et parviennent à Leslaou en Cléder chez des cousins, qui acceptent de le camoufler. En plus du travail à la ferme, Vincent Dilichen se rend les samedis soir à la bibliothèque de l’amicale laïque.

Vincent Dilichen évoque les début de la Résistance :

J’y rencontrai des jeunes, étudiants pour la plupart, et c’est ainsi que fut créé le groupe de résistance de Cléder en novembre ou décembre 1943. Il y avait là René Prigent, étudiant en anglais, qui fut l’âme de ce groupe, Pierre Linden, étudiant en médecine, Jean Guilcher, étudiant en maths, François Quiviger, François Corre, lequel, plus tard malade, ne put nous suivre en opération. [1]

Sans forcément le savoir, Vincent Dilichen intègre alors le mouvement de Résistance Défense de la France (D.F) de Plouescat. En février 1944 les choses deviennent plus concrète et l’instruction militaire débute. Pierre Abjean et Jean-Louis Séïté viennent de en plus les aider à l’instruction sur les armes à feu grâce à du matériel récupéré du centre Finistère. Vincent Dilichen participe à son tour au recrutement de ce qui devint la Section F.F.I de Cléder ainsi qu’à la collecte de renseignements sur les troupes allemandes et leurs positions dans le secteur. Après des arrestations en avril 1944, il quitte Leslaou pour se cacher non loin à Kerlavezo.

Les choses accélèrent après le débarquement en Normandie de juin 1944. Le Demi Bataillon F.F.I des cantons de Guissény et Plouescat prend forme et dans la nuit du 2 au 3 août 1944, Vincent Dilichen participe à la réception du parachutage d’armes à Kerveguen ar Groaz en Lanhouarneau. Le 4 août 1944, il est également présent à la réceptionn des parachutistes S.A.S du 3e R.C.P. Avec son unité, il combat du 6 au 24 août dans les proches cantons, notamment à Tréflez et dans les environs de Lesneven. Le demi Bataillon F.F.I de Guissény et Plouescat assure ensuite la sécurité des communes libérées et aide à la protection du commandement F.F.I ou de l’artillerie américaine. Il est ensuite déployé plus à l’Ouest pour la réduction de la poche allemande du Conquet jusqu’au 15 septembre. En toute fin du siège de Brest, le demi Bataillon est employé dans le secteur de Saint-Pierre-Quilbignon à diverses tâches. Pour son engagement à la Libération du territoire, il reçoit la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de Bronze et se voit cité à l’ordre du Régiment en ces mots :

Réfractaire au S.T.O., entré dans la Résistance le 1er Février 1944. Le 7 août 1944, à la sortie de Tréflez, au cours d’un combat, s’est particulièrement distingué. A tué un sergent allemand, et blessé un adjudant, désorganisant ainsi la défense allemande.

Après la Libération, il s’engage volontairement en novembre 1944, dans l’Armée pour la durée de la guerre et se voit verser au 3ème Bataillon du 129ème Régiment d’Infanterie (R.I). Son frère ne reviendra pas des camps, il décède en mai 1944 à Ebensee en Autrice. A la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, il se réengage pour une durée de cinq ans. A l’issue de son contrat, il est démobilisé en 1949 et retourne à la vie civile. Vincent Dilichen travaille alors comme conducteur de travaux et épouse Jeanne Le Bras à Kerfeunteun, le 12 octobre 1953.

La sépulture de Vincent Dilichen se trouve dans le cimetière de Kerfautras à Brest [Carré 27, Rang 4, Tombe 21]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil (1E267).
  2. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Vincent Dilichen (1622 W).
  3. Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest, registre des effectifs du Section F.F.I de Cléder.
  4. DILICHEN Vincent, Les Cahiers de l’Iroise n° 172, De la Résistance à la Libération en Léon, 1996.
  5. Brest Métropole, service des cimetières, sépulture de Vincent Dilichen.
  6. Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Vincent Dilichen (GR 16 P 185652) - Non consulté à ce jour.

Remerciement à Gérard Cissé pour son aide à la rédaction de cette notice biographique.

Notes

[1DILICHEN Vincent, Les Cahiers de l’Iroise n° 172, De la Résistance à la Libération en Léon, 1996.