PAUL Gabriel

Gabriel Fernand Paul travaille à l’arsenal de Brest. Il adhère à la C.G.T en 1936 et devient un militant syndicaliste. Mobilisé dans la Marine Nationale au C.A.M.B.C de Brest à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Gabriel Paul est fait prisonnier le 22 juin 1940 et interné au Fronstalag 131 de Saint-Lô dans la Manche. Rendu à l’Armée française en Zone Libre le 29 juin 1941, il est affecté à la Base d’aéronautique navale d’Hyères (B.A.N) jusqu’au mois d’octobre 1941. Démobilisé, il peut regagner Brest où il reprend son poste à l’arsenal.

En mars 1942, il donne son adhésion au Parti Communiste Français (P.C.F) clandestin par l’intermédiaire d’Yves Gourmelon. Il diffuse la propagande du parti et celle du Front National (F.N). Sans donner de précisions, il indique avoir participé à des sabotages à l’arsenal et dans les environs de Brest. Après avoir été membre de l’O.S Arsenal quelques temps, il bascule aux Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P) à leur instauration à Brest.

Au début d’octobre 1942, une vague d’arrestations ébranle fortement la Résistance communiste à Brest et en Bretagne de manière générale. Jean Pierre Reste, Gabriel Paul et Jacob Mendrès deviennent les nouveaux responsables du P.C.F à Brest. Toujours en octobre 1942, les autorités françaises organisent le départ d’ouvriers français (requis par conscription obligatoire) à destination d’usines allemandes. La direction du P.C.F organise le 23 octobre, jour du départ du convoi, une manifestation pour s’y opposer moralement.

Gaby Paul décrit l’état d’esprit de cette journée :

Mais c’est vrai qu’après les arrestations de cette période nous étions affaiblis, mais précisément pour montrer que le Parti étant quand même bien vivant, nous avons décidé d’organiser une manifestation. Des milliers de personnes se retrouvèrent aux alentours de la Porte Tourville, dans les rues longeant les remparts et lorsque le train - qui ne partait pas de la gare mais de l’arsenal, près de la Porte Tourville - s’ébranla, une puissante Marseillaise fusa, chantée par les manifestants et nos compagnons, déportés du travail. [1]

Gabriel Paul épouse Claudine Kermorgant le 8 janvier 1943 à Brest et de cette union naîtra un enfant. En avril ou mai 1943, il est chargé de réunir d’anciens syndicalistes de l’arsenal en vue de la reconstitution dans la clandestinité de la C.G.T dans cet établissement. La réunion se déroule au Plateau des Capucins et tous acceptent sauf un. Parmi les présents, il y a également Charles Berthelot mais ce dernier élude la question.

Son activité de mai 1943 à mai 1944 est mal définie. Il devient néanmoins le responsable Politique du P.C.F de l’agglomération brestoise. Le 3 mai 1944, Gabriel Paul quitte son poste et se dirige vers le Morbihan où l’attendent des responsabilités à l’échelon départemental. Mais le 21 juin 1944, il est de retour dans le Finistère à Laz, où il est nommé responsable départemental à l’organisation des maquis pour le Finistère par Daniel Tréllu, chef Départemental des F.T.P. Pour l’occasion, il est bombardé Commandant, à titre provisoire. Gabriel Paul doit prendre un pseudonyme et dès lors se fait appeler Marcel. Il reprend également des responsabilités départemental au niveau du P.C.F.

Sa mission principale consiste à établir des liaisons régulières entre les différents maquis d’obédience F.T.P du département. A ceci va s’ajouter à partir de la mi juillet 1944, l’organisation de parachutages d’armes, grâce aux missions Mission Jedburgh. Il évolue en centre Finistère puis participe aux combats dans la région de Scaër. A la Libération du département, il est nommé au Comité Départemental de la Libération du Finistère (C.D.L).

Après guerre, il reprend son poste à l’arsenal de Brest tout en menant une carrière politique, notamment comme député du Finistère de 1945 à 1958. Dans les années 50, il divorce et se remarie à Paris avec Christiane Jacques. Il aura également un engagement politique local, d’abord comme conseiller municipal à Brest puis vice-président de la Communauté Urbaine de Brest (C.U.B).

La sépulture de Gabriel Paul se trouve dans le cimetière de Kerfautras à Brest [Puits de Dispersion]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil (1E257).
  2. Bibliothèque nationale de France, bibliothèque numérique Gallica, liste officielle (n°31) de prisonniers français, octobre 1940 (4-LH4-4448).
  3. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Gabriel Paul (1622 W).
  4. Assemblée Nationale, notice biographique du député Gabriel Paul.
  5. Wikipédia, notice biographique de Gabriel Paul.
  6. Le Maitron, notice biographique du militant Gabriel Paul.
  7. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1985.
  8. KERBAUL Eugène, Cahier de mise à jour - 1485 militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, Paris, 1986.
  9. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), à compte d’auteur, Paris, 1992.
  10. L’Humanité, Réactions au décès de Gabriel Paul, 2015.
  11. Ouest-France, Gabriel Paul, le dernier député communiste de Brest, 2015.
  12. Le Télégramme, Décès de Gaby Paul, ancien député, 2015.
  13. Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de Gabriel Paul.

Notes

[1KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), à compte d’auteur, Paris, 1992, page 268.