CLOAREC Jean

Jean Hervé Cloarec entre à l’École Navale en septembre 1925. Après son instruction, il embarque sur la Jeanne D’Arc et le Béarn. Il rencontre sa future femme Marie Gouriou (1904-1989) dans les années vingt. Ensemble, ils auront un premier enfant prénommé Robert, né en 1928 à Paris puis l’année suivante, ils se marient le 4 février à Toulon. Toujours en 1929, il est affecté à la force sous-marine. En 1932 sa première fille Nicole voit le jour à Landerneau. Jean Cloarec prend par la suite le commandement des sous-marins, La Sibylle de 1936 à 1938 et le Narval de 1938 à février 1940 en Méditerranée. A compter de cette date, il embarque sur l’aviso Yser à Cherbourg avec lequel il rallie Toulon à la débâcle. Il reste à son bord jusqu’en août ou octobre 1940, puis il passe le patrouilleur La Havraise à titre provisoire et enfin sur le torpilleur Bordelais en janvier 1941. Sa seconde fille Marie-France voit le jour en novembre 1941 à Bizerte. En novembre 1942, après le sabordage de la flotte à Toulon et l’envahissement de la Zone Libre, Jean Cloarec est mis en congés d’Armistice. Il revient à Landerneau avec sa famille et trouve finalement une place au Service local des œuvres de la Marine (S.L.O.M) à Brest.

C’est entre février et avril 1943 que Jean Cloarec semble être approché par l’ingénieur Yves Mindren et un certain Michel pour intégrer le réseau de Résistance Ronsard-Luth. Sa tâche consiste à collecter et transmettre des informations sur l’activité allemande à l’arsenal de Brest. Cette mission de renseignement se poursuit jusqu’à l’arrestation de l’ingénieur Mindren et de plusieurs autres agents du réseau au début de juillet 1943. Probablement recontacté par un agent du réseau, Jean Cloarec succède à Yves Mindren à la tête de la branche brestoise du réseau. Pour regarnir les effectifs et relancer la collecte de renseignements, Jean Cloarec recrute Yvonne Hamon et ses loueurs, Anne et Hervé Creff puis Albert Marty. Il reprend également contact avec les agents non inquiétés par les arrestations de juillet. En août 1943, il recrute Marcel Le Coz d’Hanvec pour effectuer des liaisons avec le réseau à Paris. A Brest, grâce à Marcel Roully, il dispose d’informations émanant du Groupe Chacal.

En février 1944, Jean Cloarec est promu au grade de Capitaine de Corvette. C’est aussi l’heure de l’unification de la Résistance. Par l’intermédiaire du Commissaire de la Marine Pierre Douillard, Jean Cloarec entre en relation avec les membres de l’Armée Secrète (A.S). Dès lors, les informations de son réseau son également transmises à d’autres réseaux opérants dans le secteur de Brest. Une réorganisation semble également s’opérer dans la résistance Marine, avec la création du Groupe Narval pour la mise sur place d’une unité combattante issue des rangs de la Marine Nationale, et la création du Groupe Arsenal pour la collecte d’informations à l’arsenal.

l’activité clandestine de Jean Cloarec et son équipe se déroule sans accroc jusqu’en mai 1944. L’arrestation par erreur d’un supplétif français de l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest va venir anéantir le réseau Ronsard-Marathon de Brest. Ce supplétif du S.D, François Gourmelon, est arrêté par des membres du Kommando I.C 343 de Landerneau qui traque les résistants. Pour se sortir de cette méprise, il révèle aux agents allemands être de leur bord et en guise de bonne foi, indique connaître des Résistants de Landerneau, dont un chef nommé Cloarec. Dans la foulée, le 25 mai 1944, le Kommando I.C 343 effectue une série de perquisitions à Landerneau. Jean Cloarec et sa sœur Marie Le Rouge de Rusunan, Hervé et Anne Creff et François Riou sont arrêtés.

Les prisonniers sont interrogés à Landerneau avant d’être remis à l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest qui les réclame. Interné quelques jours à Pontaniou, les prisonniers sont envoyés à Fresnes après le débarquement de Normandie. Libéré avec Hervé Creff lors de la Libération de Paris en août 1944, Jean Cloarec reprend sa place dans la Marine Nationale. Il fait partie d’une commission d’épuration avant de retrouver des affectations navales. Il poursuit sa carrière jusqu’en 1962 dans la Marine et obtient le grade de Contre-Amiral. Sitôt sa retraite prise, il est rappelé à l’activité et de 1963 à 1965, il est nommé conseiller à la cour de sûreté de l’État.

Pour son engagement clandestin, il reçoit la Croix de Guerre 1939-1945 et en 1946, la médaille de la Résistance française, avec rosette. Il est également fait Commandeur de la Légion d’honneur en 1961.

Publiée le , par Fabrice Bourrée, Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  2. Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Jean Cloarec (GR 16 P 134217).
  3. École Navale traditions, fiche biographique de Jean Cloarec.
  4. Archives Municipales de Brest, fonds Joël Le Bras (153 S 12).
  5. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Jean Cloarec (GR 28 P 11 119 et GR 28 P 4 127 110) - Non consultés à ce jour.