CREFF Anne

Anne Marie Yvonne Joséphine Thomas épouse Hervé Creff le 20 septembre 1926 à Plougar. De cette union, naissent trois enfants. La famille réside à Landerneau, au 6 rue Béthérel. Anne travaille sous l’occupation comme ménagère.

Elle entre en Résistance en juillet 1943 au réseau Marathon aux côtés de son époux. C’est par l’intermédiaire de son locataire, le Capitaine de Corvette Jean Cloarec, que le recrutement s’opère. Officiellement membre du B.C.R.A comme agent à partir de janvier 1944, Anne-Marie aide du mieux qu’elle peut à l’organisation clandestine du réseau. Elle sert de boîte aux lettres et d’agente de liaison.

Le 23, 24 ou 25 mai 1944, le réseau est pisté par François Gourmelon, indicateur du S.D de Brest. Confondu avec un Résistant, ce dernier est capturé par le Kommando I.C 343 de Landerneau. Ramené à leur siège, il révèle être un agent du même bord et confie alors au Kommando les renseignements dont il dispose. Ceci déclenche une descente des allemands au logement de Jean Cloarec. Le couple Creff est également arrêté ainsi que François Riou.

Les résistants sont amenés au siège du Kommando et certains sont brutalisés pour obtenir d’autres noms d’agents du réseau. Mis au courant de la tournure, l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest réclame les prisonniers. Ils font valoir leur légitimité à poursuivre cette affaire, initiée par un de leur indicateur. Tous les prisonniers sont alors transférés à Brest et internés à la prison de Pontaniou.

Le débarquement des Alliés en Normandie, provoque le déplacement d’un certains nombres de prisonniers. C’est le cas d’Hervé Creff qui est transféré à la prison de Fresnes. Anne est pour sa part déportée avec Marie Le Rouge de Rusunan. Internée à Ravensbrück du 15 août 1944.

Après l’immatriculation au KL Ravensbrück, Anne-Marie Creff (matricule 57487), et de nombreuses autres déportées, sera affectée successivement à trois Kommandos du KL Buchenwald. D’abord à Torgau, à 50 km au nord-est de Leipzig, dans une usine de munitions et d’explosifs. Elles y sont 250 en janvier 1945. Puis à Alberode, à 40 km d’Eisenach en Thringe où une fabrique d’explosifs a été montée dans une ancienne mine de potasse. Enfin à Mark-Kleberg, dans la banlieue de Leipzig où les détenues travaillent à la finition des leviers d’ailes d’avions pour la firme Junkers.

Libérée par l’avance des Alliés en Allemagne, elle est rapatriée en France le 22 mai 1945 à Thionville. Pour son action dans la Résistance et au titre de sa déportation, elle reçoit la médaille de la Résistance française en 1947.

Publiée le , par Dourdon, Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance d’Anne Creff (1622 W).
  2. Archives de Brest, fonds Joël Le Bras (153 S 12).
  3. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.264).
  4. Arolsen Archives, Centre International de la Persécution Nazi.
  5. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant d’Anne Creff (GR 16 P 569268) - Non consulté à ce jour.