COATÉLAN Charles

Charles Théophile Joseph Coatélan réussi le concours d’admission des apprentis de l’arsenal de Brest en 1936. Après sa formation, il y travaille comme ajusteur.

Il indique être entré en Résistance en février 1941 mais selon Eugène Kerbaul, il aurait d’abord rejoint le mouvement du Front National (F.N) avant d’intégrer les Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P). Ce qui sous entend une entrée plus tardive dans la Résistance, au mieux à partir de fin mai 1941, date de l’implantation du F.N à Brest. Eugène Kerbaul indique de surcroît que Charles Coatélan rejoindra le Parti Communiste Français (P.C.F) plus tard, sans préciser la date.

Dans un premier temps les actions sont modestes. Charles Coatélan commence par diffuser la presse clandestine du mouvement avant de participer à plusieurs opérations de sabotages. Tout d’abord à l’arsenal avec la mise hors service d’une équilibreuse, d’une sous-station électrique le 26 mars 1942 et du Grand Tour de l’arsenal le 1er janvier 1943. Ensuite en ville avec le sabotage du transformateur du garage de l’Organisation Todt de Saint-Pierre-Quilbignon. Lors de l’opération contre le cinéma Eden le soir du 1er janvier 1943, Charles Coatélan fait partie de l’équipe de protection qui couvre Yves Giloux, le porteur de la charge explosive.

Début 1943, les arrestations se poursuivent, dont celles d’Yves Giloux en janvier et de Charles Vuillemin en février 1943. L’organisation des actions s’estompent et l’on assiste à l’exil de plusieurs Résistants recherchés vers d’autres départements. La Résistance communiste se clairsème, les actions tout autant. Charles Coatélan fait à son tour profil bas et profite de cette accalmie dans la lutte pour épouser Fernande Méhaye (1923-1992), le 8 mai 1943 à Morlaix [1].

A l’été 1943, Jean-Pierre Reste, alors membre du Triangle de direction du P.C.F de Brest, tente de remonter un groupe en rassemblant les rescapés. Il pense naturellement à Marcel Boucher et à Charles Coatélan. Le groupe s’étoffe par des recrutements jusqu’en fin décembre 1943. Pour sa part, Charles Coatélan fait basculer Pierre Le Mouroux dans ce groupe d’action, qui prend le nom de Groupe Giloux après l’exécution de ce dernier au Mont Valérien le 17 septembre 1943.

Les actions reprennent de plus belles avec les sabotages de pylônes haute-tension à Guipavas, au Rody et dans le vallon de Kerhuon. S’ensuivent une série de quatre déraillements de train sur les voies ferrées entre Paris-Brest ou Quimper-Brest, auxquels Charles Coatélan participe. Ces actions sont effectuées avec le Groupe Lambert de Landerneau. A Brest, des vols de tickets d’alimentation et de tabac sont commis par le groupe en décembre. Charles Coatélan participe aussi au coup de pression infligé à Julien Origas, alsacien suspecté de fournir des renseignements à l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest. Ce dernier est kidnappé et ligoté puis abandonné sur un trottoir en guise d’avertissement.

Toutes ces actions provoquent des réactions des autorités françaises et allemandes qui traquent le groupe. Déjà, le nom de Charles Coatéalan figurait sur un avis de recherche de la police française en date du 6 octobre 1943.

A partir du 26 décembre et dans les premiers jours de janvier 1944, le Groupe Giloux est en grande partie démantelé. Les rescapés quittent précipitamment Brest et trouvent refuge dans leurs familles éloignées ou prennent le maquis. Charles Coatélan quitte Brest le 4 janvier 1944 et prend le maquis à son tour.

Nous ignorons la localisation de ce maquis et la durée de sa cache. Il est probable qu’il fasse partie du noyau du maquis basé à Kerhuon, entre le Froutven et Le Rody. On retrouve en tout cas sa trace dans les effectifs F.T.P de Brest à l’approche des combats de la Libération. Au sein du Canton de Résistance Georges Bernard - Brest-Est, Charles Coatélan prend le matricule numéro 16 et fait partie d’un nouveau groupe Giloux (Détachement Liberté), comprenant les matricules 10 à 19. Il est donc présent à Brest au déclenchement du siège au début d’août 1944. Il participe aux opérations de harcèlement des troupes allemandes mais le manque d’armes, les parachutages avortés et l’évacuation complète de la ville, complexifient les actions.

Il évacue la ville et se regroupe avec les F.T.P de Brest au château de Kergroadez après être passé par Saint-Renan. Mais là encore les armes tardent à arriver et le faible équipement dont dispose les soldats de la nouvelle Compagnie F.T.P Marcel Boucher, dite Compagnie F.T.P Michel, ne permettent pas d’agir pour la Libération du territoire. Il faut attendre le 23 août pour que la compagnie reçoivent enfin sa dotation. Elle est engagée alors dans le dispositif des F.F.I de Brest et participe à la prise du point fortifié de Kervélédan à Ploumoguer et à la réduction de la poche allemande du Conquet. La Résistance allemande est farouche et la compagnie prend la direction de Plougonvelin où le 6 septembre, deux de ses hommes sont tués avec quatre solfats de la Compagnie Brest-Ouest. Enfin, la compagnie participe aux dernières opérations de nettoyage à Brest, notamment dans la Penfeld, à Kérédern et dans le quartier de l’Harteloire.

Durant toutes ces opérations, Charles Coatélan seconde son chef André Le Roy à la tête de la Compagnie. Son expérience et son parcours dans la Résistance le place d’office à un rôle de cadre dans l’unité. Il en prend d’ailleurs le Commandement quand André Le Roy intègre le Comité Local de Libération de Brest. Administrativement, la compagnie est rattachée au Bataillon F.T.P de Landerneau en formant sa 3ème Compagnie.

La Bataille de Brest terminée, il souscrit en octobre 1944 un engagement dans l’Armée française pour la durée de la guerre. Il sert jusqu’en novembre 1945 avant de retrouver la vie civile. Après guerre, il travaille à la S.N.C.F, notamment à Landerneau. Divorcé en 1971, il épouse en secondes noces Hélène Blanche à Brest en 1975.

La sépulture de Charles Coatélan se trouve dans le cimetière de Kerfautras à Brest [Carré 52, Rang 5, Tombe 2]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Charles Coatélan (1622 W).
  2. Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest.
  3. La Dépêche de Brest, édition du 14 octobre 1936.
  4. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1985.
  5. KERBAUL Eugène, Cahier de mise à jour - 1485 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1986.
  6. LE BRAS Joël, textes Du groupe Giloux au Bataillon Giloux – 1943 à 1944 (2001), La Compagnie Marcel Boucher et Résistance de Brest-Est (2007).
  7. Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de Charles Coatélan.
  8. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Charles Coatélan (GR 16 P 134666) - Non consulté à ce jour.

Notes

[1De cette union, naîtront deux enfants.