BERLIVET Jean

Jean François Marie Berlivet est boulanger de profession et réside à L’Hermitage en Lambézellec chez ses parents sous l’occupation. La boulangerie dans laquelle il travaille est située rue de la Vierge (actuellement rue Glasgow et rue Paul Masson).

Il donne son adhésion à la Résistance le 14 janvier 1944 dans le groupement Brest-Est de l’Armée Secrète (devenue F.F.I quelques mois après). Dans son secteur, c’est principalement le mouvement Défense de la France (D.F) qui impulse le recrutement. Jean Berlivet participe alors aux actions de son groupement en diffusant la propagande, notamment pour le recrutement d’autres volontaires. Il fait également office d’agent de liaison et de renseignement pour ses supérieures. Il semble que ce soit pour échapper au Service du Travail Obligatoire (S.T.O), mais surtout pour échapper à une vague d’arrestations dans tout le pays de Brest, qu’il est dirigé vers le canton de Lesneven en fin mai 1944.

Pris en charge par la Résistance locale, notamment grâce à madame Berder, les réfugiés brestois sont placés au Bois Morizur ou dans une ferme inhabitée de Saint-Méen à Kérougon. C’est dans cette dernière que Jean Berlivet atterri et voit arriver dans les jours qui suivent d’autres patriotes brestois en exil. Outre Jean Berlivet, ce groupe comprend Louis Berthou, Jean Gouriou, Pierre Hagnéré, Roger Henry, Jean Le Bris, Robert Le Page, Georges Midrouillet et Joseph Nicolas. Aux brestois, s’ajoutent rapidement François Kerbrat et Jean Lamandé. Ces réfugiés forment finalement un embryon de maquis et agissent au moins une fois, en sabotant la voie ferrée Landerneau-Lesneven à hauteur de la gare du Folgoët.

Le kommando de chasse allemand I.C 343 de Landerneau est mis sur la piste du maquis de Kérougon suite à un rendez-vous à Saint-Divy avec Jean-Marie Cavalloc, entrepreneur originaire de Sizun. Comment celui-ci a t-il obtenu l’information ? Cela reste un mystère mais les allemands décident en tout cas de mener l’enquête le 13 juillet 1944. Herbert Schaad, le sergent Friedrich Horch et le supplétif français Jean Corre se rendent dans les fermes des environs pour obtenir des précisions. La collecte est semble t-il suffisante pour qu’une fois rentrés à Landerneau, une expédition soit décidée pour le lendemain de bonne heure.

Le 14 juillet 1944 au petit matin, les allemands investissent les abords de la ferme qui sert de maquis. Il y a bien une sentinelle en arme mais celle-ci sommeille, elle est rapidement désarmée et faite prisonnière. L’alerte est cependant rapidement donnée et une fusillade éclate entre maquisards et allemands. Les trois supplétifs français présents ce jour là du côté allemand firent également le coup de feu.

Le combat se révèle cependant inégal, notamment à cause de grenades allemandes lancées dans la ferme. Seuls Pierre Hagnéré, Georges Midrouillet et Roger Henry parviennent à s’échapper à travers champs. Un quatrième malheureux parvenu à s’extraire de la ferme tente également de fuir mais il n’a pas fait vingt mètres qu’un tir le fauche mortellement.

Parmi les victimes tués lors de l’attaque ou abattus sommairement sur place dans la foulée, figure Jean Berlivet et ses compagnons Louis Berthou, Jean Gouriou, François Kerbrat, Jean-Pierre Lamandé, Jean Le Bris, Robert Le Page, Joseph Nicolas. Le fermier hébergeur, Louis Thépaut, est abattu à quelques centaines de mètres de là par les allemands pour l’aide apportée aux maquisards. D’autres fermiers des environs sont faits prisonniers et envoyés à Landerneau et relâchés rapidement sans répercussion après interrogatoire.

Jean Berlivet reçoit à titre posthume la médaille Militaire, la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile d’Argent et la médaille de la Résistance française. Son nom est gravé sur la stèle érigée devant la ferme de Kérougon.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Stèle du maquis de Kérougon
Photo Gildas Priol - 2018

Sources - Liens

  1. Famille Berlivet, documents et iconographie.
  2. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Jean Berlivet (1622 W).
  3. Archives de Brest, fonds Joël Le Bras, copies des dépositions d’Herbert Schaad, Jean Corre et Gabriel Poquet en septembre 1944 (153 S 12).
  4. Service Historique de la Défense, dépositions de Friedrich Horch et Jean Corre, aimablement transmises par Edi Sizun.
  5. BOHN Roland, Chronique d’hier -Tome 1 - La vie du Léon 1939-1945, auto édition, 1993.
  6. LE BRAS Joël, textes L’affaire Jean-Pierre Lamandé, De l’affaire BDG à l’affaire du maquis de Kérougon et Résistance de Brest-Est (2007).