L’HERMIT François

François Valentin L’Hermit s’engage à ses 18 ans dans la Marine Nationale. Il parvient à obtenir le grade de Second-Maître mécanicien et épouse Denise Derrien le 7 octobre 1938 à Locquirec. De cette union, naît une fille. Quand la guerre éclate, François participe à la Campagne de Norvège puis au début de l’occupation il est muté à l’Unité Marine à Brest, comme chauffeur du sous-préfet.

En novembre 1943, il est recruté par son ami de longue date, Jean Le Peuch, au sein du réseau Service B. Sans le savoir, François L’Hermit entre alors dans la Résistance communiste en fournissant le 2ème Bureau de l’État-Major F.T.P. Jean Le Peuch supervise toute la Bretagne et fait de François L’Hermit, le superviseur du Finistère. Sa tâche consiste à fournir des renseignements d’ordre militaire sur les implantations allemandes dans le Finistère et tout particulièrement sur les activités de la Kriegsmarine à Brest. François L’Hermit semble donner toute satisfaction à ses supérieurs et fournit notamment un plan complet du réseau de mines marines interdisant l’entrée du port et le dispositif de D.C.A protégeant les installations portuaires.

Témoignage de l’agent Théophile

Un jour, je me trouvais avec lui à la porte Tourville, à côté du poste de garde. Les rails du chemin de fer passent tout près. A dix mètres de là, et jusqu’au bassin de Pontaniou, se trouvaient des wagons. Sous le nez des Allemands qui étaient de l’autre côté, il a relevé les noms inscrits sur les plaques, afin que l’aviation aille bombarder les points d’origine de ces wagons.

En avril 1944, le maire de Locquirec reçoit un télégramme pour François L’Hermit. Rappelé de permission, il rentre à Brest le 21 avril 1944. Dès son arrivée à l’Unité Marine, il est arrêté par l’Aussenkommando du Sicherheitsdienst (S.D) de Brest. Il semble, d’après Victor Gragnon, avoir subi des tortures lors de ses interrogatoires.

Interné dans un premier temps à Brest, à la prison de Pontaniou, il est ensuite transféré sur Rennes au camp Marguerite. L’avance des troupes Alliés vers Rennes dans les premiers jours du mois d’août 1944, provoque le transfert de tous les prisonniers, dont François L’Hermit, vers l’Est de la France afin de les déporter en Allemagne. Il fait ainsi parti du dernier convoi, dit Convoi du Langeais. Il est vu pour la dernière fois en vie à Belfort le 28 août 1944. Il est assigné au camp de Wilhelmshaven sous le matricule 43717.

Malgré la Libération des camps et la fin de la guerre en mai 1945, François L’Hermit ne donne plus signe de vie. Il est officiellement porté disparu le 31 décembre 1946 et déclaré Mort pour la France en 1948. Afin d’officialiser son décès, la date fictive retenue est le 28 août 1944, date de sa déportation. Il a été retrouvé dans une série d’objets à Hambourg, son alliance de mariage gravé de la date et de ses initiales et celles de sa femme.

A titre posthume, pour son action dans la clandestinité, il reçoit la médaille de la Résistance française en 1955.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de François L’Hermit (1622 W).
  2. Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  3. Arolsen Archives - Centre international sur les persécutions nazies.
  4. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés partis de Belfort le 29 août 1944 (I.267).
  5. FALIGOT Roger et KAUFFER Rémi, Service B - Le réseau d’espionnage le plus secret de la Seconde Guerre mondiale, éditions Fayard, 1985.
  6. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de François L’Hermit (GR 16 P 371326) - Non consulté à ce jour.
  7. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier d’attribution de la mention Mort pour la France à François L’Hermit (AC 21 P 478 505) - Non consulté à ce jour.