GOURMELON Yves

Yves André Hervé Gourmelon est le sixième enfant d’une fratrie de sept. Il passe sa jeunesse dans sa commune natale où pendant les vacances il garde des vaches. Vers ses 13 ans, il entre à l’École des Mousses à la Villeneuve, près de Brest. A l’issue de sa formation, il contracte un engagement pour cinq ans dans la Marine nationale. Tout comme son frère aîné Jean Nicolas, il est affecté dans l’arme sous-marine, notamment sur le Fresnel (Q143) en 1936-37. Son contrat échéant, il se fait embaucher à l’arsenal de Brest comme chaudronnier et se syndicalise à la C.G.T. Un de ses cousins, Yves Labous, y travaille également. Yves Gourmelon loge au 57 rue Jean-Jaurès dans l’hôtel-restaurant de l’Aigle d’Or à Brest ; repère notoire pour les communistes du centre Finistère.

A la déclaration de guerre en 1939, il n’est pas mobilisé et reste à son poste en tant qu’affecté spécial. Au début de l’occupation, il adhère au Parti Communiste Français (P.C.F). Il en diffuse la propagande avant de s’investir au sein du Secours Populaire clandestin. Il en deviendra même l’un des responsables en 1942.

C’est par Albert Abalain, qu’Yves Gourmelon intègre la branche Arsenal de l’Organisation Spéciale (O.S). Il aurait pris part à de nombreuses actions contre l’occupant, notamment à la vaste opération de sabotage des sous-stations électriques de l’arsenal, le 26 mars 1942. A son tour, Yves Gourmelon va recruter Gabriel Paul avant de basculer aux Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P) à leur implantation à Brest, fin avril, début mai 1942. Fin septembre 1942, il obtient une permission de six jours, laquelle lui permet de regagner Quimerc’h pour retrouver sa famille. Dans les premiers jours d’octobre 1942, les Résistants communistes essuient une vague d’arrestations. Yves Gourmelon est arrêté par les brigades de gendarmerie du Faou et de Chateaulin le 2 octobre.

Interné d’abord à Pontaniou, il est ensuite transféré avec d’autres prisonniers communistes au Château de Brest. Aux privations s’ajoutent la maltraitance et la brutalité lors des interrogatoires. Atteint d’un phlegmon à la gorge et d’une infection buccale, les policiers en charge de son dossier lui font du chantage en le privant de médicaments afin d’obtenir des informations. Yves Gourmelon reste cependant muet et refuse de livrer des informations au détriment de sa santé qui ne fait que se dégrader au fil du temps.

Ce n’est que 4 novembre que Mme Geneviéve Poitou-Duplessis, infirmière-major, chef du service des internés civils de Brest et membre de la Croix Rouge, après de nombreuses démarches jusqu’alors vaines, arrache enfin l’autorisation d’hospitaliser Yves. C’est elle qui le conduit dans une charrette à bras à l’hôpital Ponchelet. Il est immédiatement opéré par le docteur Le Couteur, chirurgien chef du service d’oto-rhino-laryngologie. Mais, trop de temps a été perdu et Yves meurt le 9 novembre 1942.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Famille Gourmelon-Le Borgn’, documents, témoignages et iconographie.
  2. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil (3E394).
  3. AUTRET Yves, témoignage tapuscrit, recueilli par Anne Friant-Mendrès en 2005.
  4. Dictionnaire Le Maitron, fiche biographique d’Yves Gourmelon.
  5. KERBAUL Eugène, 1270 Militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, 1985.
  6. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  7. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistante d’Yves Gourmelon (GR 16 P 265680) - Non consulté à ce jour.
  8. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier individuel d’attribution de la mention Mort pour la France à Yves Gourmelon (AC 21 P 198659) - Non consulté à ce jour.