DERRIEN Raoul

Raoul Jean Derrien suit des études de chaudronnerie à l’École Pratique d’Industrie et de Commerce de Brest à partir de 1925. Il travaille ensuite à l’arsenal de Brest comme forgeron. Marié en 1939 avec Jeanne-Louise Morvan de Plouédern, ils résident au 69 rue de la Tour d’Auvergne à Landerneau. Raoul Derrien est également un bon sportif, après avoir pratiqué la course de 800 mètres, il s’entraîne désormais dans une équipe de fooball. Dans les années 30, il adhère à la C.G.T et sous l’occupation, il adhère au Parti Communiste Français (P.C.F) en septembre 1941 et commence à y diffuser la presse clandestine.

En janvier 1942, il est recruté en même temps que Jean Jézéquel par Lucien Kerouanton dans l’Organisation Spéciale (O.S). Dès lors, il prend part à divers sabotages à l’arsenal de Brest, notamment celui de mars contre les sous-stations électriques. Le 13 juillet il prend part au sabotage des pompes de pression hydraulique de son atelier. Le 28 août 1942, il incendie en gare de Landerneau, avec d’autres résistants communistes, un wagon de paille destinée à l’armée allemande. Il aurait également transporté des armes et explosifs.

Le lundi 28 septembre 1942, en arrivant à Landerneau par le train après sa journée de travail à l’arsenal, il se rend au bureau des consignes vers 19 heures pour y récupérer sa bicyclette. Mais le préposé se comporte de manière étrange. Flairant le danger, Raoul Derrien prend la fuite, il est aussitôt pris en chasse par des policiers municipaux de Landerneau alertés par le préposé. Les policiers pensent être en présence du très recherché Raymond Douarin, pseudonyme de Jean-Louis Primas. Ce dernier a emprunté la bicyclette à Derrien et commis des attentats du côté de Lanester. Mais lors d’une opération, l’un des hommes de Primas a été arrêté et durant son interrogatoire musclé, il a livré aux policiers le pseudonyme de Primas et d’autres noms. Primas, en voulant restituer la bicyclette à son camarade Derrien, déclenche malencontreusement l’organisation d’une souricière contre le landernéen.

Raoul Derrien parvient dans sa fuite à distancer les policiers en se dirigeant vers Plouédern. Malheureusement pour lui, un fonctionnaire en poste à la porte de la caserne Taylor vient le stopper dans sa course, permettant son arrestation. Aussitôt amené à la gendarmerie, il est interrogé sur ses liaisons avec les terroristes de Lanester. Il tente de mener en bateau les agents français mais en vain. Il est d’office considéré comme complice et de forts soupçons pèsent sur sa participation aux attentats de la région de Lorient, à tort. Dans la foulée, son domicile est perquisitionné et l’on y trouve quelques tracts de deux brochures subversifs.

Interné dans plusieurs prisons, il fait un séjour à l’Hôpital Militaire de Rennes, rue Jean-Macé. Il parvient à s’y évader le 14 mars 1943 et gagne la région parisienne. Il trouve refuge dans sa famille à Villemomble. Se faisant discret et ne possédant pas de contact dans la Résistance là-bas, son action s’arrête jusqu’au mois d’août 1944 où il intègre une unité F.F.I pour participer à la Libération de la capitale.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. La Dépêche de Brest, éditions du 02 août 1925 et du 06 avril 1939.
  2. Archives Départementales du Finistère, rapport d’arrestation de Raoul Derrien (200 W 70).
  3. KERBAUL Eugène, 1270 Militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, 1985.
  4. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  5. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Raoul Derrien (GR 16 P 177439) - Non consulté à ce jour.