LAGOGUET André

André Léon Maurice Lagoguet suit des études primaires classiques avant de s’engager volontairement dans la Marine nationale à Brest. Il embarque successivement sur les navires Lorraine, Dunkerque, Dordogne, Strasbourg et Montcalm. Démobilisé à Toulon en janvier 1941, il regagne Brest. Très probablement pour échapper aux bombardements intenses que subit la ville à cette période, il s’installe à Landerneau au 11 rue du Commerce. De mai 1941 à octobre 1942, il est employé comme coiffeur chez Guillou rue de Brest à Landerneau puis d’octobre 1942 à juin 1943 chez Thomas, également comme coiffeur. Il épouse Marie-Louise Velly le 21 septembre 1942 à Saint-Urbain. Le couple a deux filles, nées en 1943 et 1944.

A partir de juin 1943, il entre à l’arsenal de Brest où il se fait recruter en septembre 1943 dans la Résistance au sein des Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P). Il noue des contacts avec des résistants de Brest et de Landerneau, notamment Jean Szorn, Albert Yvinec et les frères Jean et Hervé Hernot. En plus de distribuer la presse clandestine, il participe aux actions de sabotages et déraillements avec les groupes Lambert et Giloux. André Lagoguet rencontre également Marcel Clédic, agent de liaison de Pierre Grall, dit Maurice, responsable départemental des F.T.P pour le Finistère, agissant depuis la région de Berrien.

En février 1944, avec Jean Sizorn il rejoint Quimerc’h pour retrouver Yves Autret. Ce dernier a découvert un conteneur d’armes perdu lors du parachutage destiné au groupe Vengeance. Il a fournit deux mitraillettes à Pierre Bodénan et deux autres sont destinées au groupe de Landerneau. La réception se passe bien mais les trois résistants croisent une patrouille allemande qui par chance, ne capte pas la scène qui se passe devant eux. Le 16 mars 1944, il participe au sabotage de la voie ferrée à hauteur du tunnel de Neiz-Vran en Quimerc’h, provoquant le déraillement d’un train de 14 wagons et interrompant le trafic durant six jours.

Le Sicherheitsdienst (S.D) de Rennes enquête sur Lagoguet et tout un groupe de Résistants du secteur de Landerneau. L’informateur est le collaborateur Émile Guilcher qui possède un appartement dans l’immeuble du Chêne Vert, rue de Brest à Landerneau. C’est pour ainsi dire la naissance du triste Kommando I.C 343, dit Kommando Schaad avec les arrestations d’Henri Bourhis, Alain Daniel et André Millour. André Lagoguet et Sizorn parviennent avec d’autres à éviter l’arrestation. La femme d’André Lagoguet est cependant appréhendée presque dans la foulée à Saint-Urbain par les allemands pensant l’y trouver.

Les liens tissés avec le centre Finistère lui sont forts utiles en cette période d’avril 1944. Recherché, il doit quitter Landerneau et trouver refuge à Plonévez-du-Faou. Un maquis se forme dans les bois de Coat-Bihan, à la limite de Landeleau, avec des résistants en fuite de Morlaix, Quimper et la région brestoise. André Lagoguet et Albert Yvinec forment ensemble les prémices du Bataillon F.T.P Giloux. Le détachement commandé par Lagoguet prend le nom de Liberté et se compose progressivement d’une vingtaine d’hommes. Le détachement s’organise, recrute quelques patriotes des environs, s’entraîne au maniement des rares armes dont ils disposent, procédant à quelques attaques d’allemands isolés, pour se procurer leur armement.

Afin de ratisser plus large, Yvinec et Lagoguet se mettent d’accord pour scinder l’effectif. Yvinec part de son côté avec l’embryon Giloux pour la région de Scrignac et par moment ils passent dans les Côtes du Nord. André Lagoguet reste lui sur place et avec les quelques résistants qui l’accompagnent, ils prennent le nom de maquis de l’Étoile Rouge. Bien entouré, le petit groupe va prospérer en effectuant quelques actions contre l’occupant dans la région de Plonévez-du-Faou. L’annonce du débarquement en Normandie en juin 1944, favorise également le recrutement. Le groupe se transforme et devient la Compagnie F.T.P Corse. Les armes restent en quantité insuffisantes pour un engagement frontal avec l’occupant. Albert Yvinec reprend le contact avec l’unité de Lagoguet en Juillet 1944 pour lui proposer de partager les armes qu’ils attendent d’un parachutage. Ce parachutage sera hélas avorté mais un autre équipera solidement la compagnie et par émulation, donnera naissance à une seconde compagnie nommée France. À compter du 15 juillet 1944, les F.T.P acceptent de travailler en coordination avec les F.F.I de Brest.

Les actions contre les troupes d’occupations augmentent en juillet 1944 et au tout début d’août, les hommes de Lagoguet participent au harcèlement des parachutistes allemands qui se replient sur Brest. Après l’arrivée des blindés américains dans les jours suivants et la libération du secteur, les deux compagnies F.T.P participent au nettoyage de la zone avant de remonter au nord vers Landerneau. Une fusion s’opère alors avec les résistants F.T.P originaires de Landerneau ainsi que certains brestois repliés après l’évacuation générale de la mi août 1944. Ce rassemblement donne naissance au Bataillon F.T.P Georges Le Gall. André Lagoguet en prend le commandement et réorganise ses effectifs fin août et début septembre 1944. Il dispose ainsi de 4 compagnies de combat fortes de près de 350 hommes. Il participe aux opérations de réduction des poches de Brest, Plougastel et de Crozon.

Après la reddition allemande dans la poche de Brest, il intègre l’armée française en reconstruction à Landerneau. Avec deux cents de ses hommes, ils intègrent le Centre d’Infanterie Division n°19. Il sert comme capitaine de Compagnie jusqu’à la dissolution de la 19ème Division d’Infanterie en 1946. Après quelques temps à travailler dans l’industrie chimique à Djion où il est syndicaliste à la C.G.T, il retourne dans l’Armée française. En 1953, il épouse en secondes noces Suzanne Couche le 14 août 1953 à Dijon. Il poursuivra sa carrière dans l’Armée jusqu’en 1968.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

André Lagoguet
André Lagoguet

Sources - Liens

  1. Famille Lagoguet, documents et témoignages.
  2. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant d’André Lagoguet (GR 16 P 330627), aimablement transmis par Edi Sizun.
  3. Archives F.F.I de Brest, documents relatifs au Bataillon F.T.P de Landerneau.
  4. CLÉDIC Marcel, témoignage d’un Franc-Tireur dans les Monts d’Arrée.
  5. THOMAS Georges-Michel & LE GRAND Alain, Le Finistère dans la guerre - tome 2, éditions de la Cité, Brest-Paris, 1981.
  6. SECHER Reynald, Histoires de Résistance en Bretagne, éditions Presses de la Cité, 1994.
  7. Revue Ami entends-tu - journal de la Résistance brestonne, numéro 166, juillet 2015.
  8. Dictionnaire Le Maitron, fiche biographique d’André Lagoguet.
  9. LE BRAS Joël, Du groupe Giloux au Bataillon Giloux – 1943 à 1944, travaux personnels, 2001.