COGUIEC Jean

Jean Albert Coguiec réside à Recouvrance. En octobre 1937 il débute sa formation professionnelle à l’École Pratique d’Industrie et de Commerce de Brest. A l’issue de ses études, il est embauché comme dessinateur à l’arsenal.

Dans le premier semestre 1943, mais sans que l’on puisse définir par quel contact, il intègre le mouvement de Résistance Défense de la France (D.F) à Brest. Il y diffuse la presse clandestine. A la suite d’une manifestation contre les troupes d’occupation, il semble inquiété et doit quitter son poste pour trouver refuge dans la région de Plonévez-du-Faou.

Il y rencontre Jean-Louis Berthélémé qui le fait basculer dans la Résistance communiste. Il entre ainsi dans les rangs des Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P). Son séjour en centre Finistère s’achève en septembre 1943.

Jean Coguiec revient à Brest et intègre le Groupe Giloux. Coguiec recrute à son tour et y fait entrer Henri Pennec puis il participe aux actions contre l’armée allemande, notamment plusieurs déraillements. Fin décembre 1943, ce groupe est démantelé par plusieurs arrestations. Les rescapés sont connus des services de police et traqués. La position étant intenable, c’est la dispersion avec comme lieu de rendez-vous, Trédudon-le-Moine en Berrien, village reconnu comme étant une base arrière des F.T.P. Au début janvier 1944, Jean Coguiec quitte une nouvelle fois Brest pour le centre Finistère. Il est probable qu’il ait effectué le trajet avec Guillaume Alix.

Sur place, ils se lient avec deux Kerhorre, Albert Yvinec et Jean-Claude Porhel. Ne tardent pas à se joindre à eux, trois autres rescapés du Groupe Giloux ; Marcel Boucher, André Garrec et Guy Raoul. Le lieu de refuge se situe à la ferme du Goënidou. Se mettre au vert n’est pas signe de relâche. Des opérations sont échafaudées comme le dynamitage du barrage de la réserve d’eau de Brennilis.

Le projet est avorté quand une patrouille allemande débarque, le 3 février 1944, à la ferme où les résistants se cachent. Il s’agit d’un officier et d’un soldat allemand qui font le tour du secteur pour demander à la population d’évacuer temporairement les lieux en raison de séances de tirs de mortiers à Roc’h Trédudon. Curieux, l’allemand insiste pour visiter la ferme, il lui en coûte la vie, abattu par Marcel Boucher. Le soldat allemand qui l’accompagne est lui abattu par Jean Coguiec.

Craignant des représailles, le groupe se disperse, pour sa part, Jean Coguiec part se cacher avec Albert Yvinec à Plouyé. Cherchant à renouer les contacts avec les dispersés après quelques jours d’attente, Albert Yvinec quitte Jean Coguiec. Les deux se retrouveront à Coat-Bihan en Plonevez-du-Faou. S’y trouvent également là-bas un petit groupe de résistants en fuite. Quelques recrutements sont faits et des attaques isolés d’allemands fournissent les rares armes dont ils disposent.

Pour améliorer le recrutement et tenter de trouver des armes, ce rassemblement se divisent en deux groupes. Jean Coguiec intègre alors le groupe de l’Étoile Rouge d’André Lagoguet. Ce groupe forme l’embryon de la future Compagnie F.T.P Corse. Jean Coguiec participe à la formation de cette unité qui avec le temps se garnie progressivement de résistants du centre Finistère. Les armes manquent néanmoins mais le problème est en passe d’être réglé en juillet 1944 grâce à un parachutage, obtenu par Albert Yvinec auprès des S.A.S. Hélas ce premier parachutage n’a pas lieu, il faudra encore attendre avant de recevoir grâce aux équipes Jedburgh, les fameux conteneurs aériens remplis d’armes, permettant d’équiper les hommes et de favoriser le recrutement massif.

Au début août 1944, la Compagnie F.T.P Corse engage le combat dans les environs de Landeleau contre l’armée allemande qui se replie sur Brest. Un sévère accrochage se déroule au pont du Stang Bian. Après la Libération du centre Finistère avec l’arrivée des blindés américains, la compagnie se porte vers Landerneau. Elle fusionne avec les effectifs du secteur et devient officiellement le Bataillon F.T.P Georges Le Gall [1]. Les compagnies sont réorganisées et Jean Coguiec devient adjudant à la 1ère Compagnie - Koenig. Il participe avec cette unité aux opérations de réduction de la poche allemande de Brest.

Après la Libération, il épouse Marcelle Pellota (1927-1995) le 28 novembre 1944 à Lambézellec. Il adhère également au Parti Communiste Français. Pour son action dans la Résistance, il reçoit en 1949 la médaille Militaire et la Croix de Guerre 1939-1945, avec palmes.

La sépulture de Jean Coguiec se trouve dans le cimetière de Calmont à Vannes [Emplacement 1-7-11-12]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Jean Coguiec et Marcelle Pellota (Août 1944)
Crédit photo : Famille Coguiec

Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil.
  2. Archives F.F.I de Brest, documents relatifs au Bataillon F.T.P de Landerneau.
  3. La Dépêche de Brest, édition du 4 juillet 1937.
  4. Ouest-Matin, édition du 29 juin 1949.
  5. KERBAUL Eugène, 1270 Militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, 1985.
  6. LE BRAS Joël, Du groupe Giloux au Bataillon Giloux – 1943 à 1944, travaux personnels, 2001.
  7. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Jean Coguiec (GR 16 P 135565) - Non consulté à ce jour.

Notes

[1En hommage à Georges Le Gall, tué le 12 juin 1944 à Ployé.