CADIOU Albert

Albert André Cadiou épouse Jeanne Le Gall le 18 novembre 1931 à Brest. En 1936, il adhère au Parti Communiste Français (P.C.F) (cellule Kéravel) et travaille comme typographe à l’imprimerie coopérative, rue Kléber à Brest. Il reste fidèle au parti après son interdiction suite au pacte germano-soviétique. Il fait partie des militants qui participent à sa reconstruction clandestine en 1940.

Sous l’occupation, il se retrouve au chômage, l’imprimerie est fermée faute de commande. En juillet 1941, Ernest Miry contacte François Prigent, directeur de l’imprimerie, tout juste rapatrié d’un camp de prisonniers. Les deux hommes s’entendent pour relancer clandestinement les rotatives. Prigent sera secondé par Albert Cadiou qui grâce à un jeu de caractères différents de ceux de l’imprimerie, peut composer des journaux et tracts sans risquer d’incriminer l’imprimerie coopérative. Les caractères sont fournis par Ernest Miry puis après son arrestation, ils sont stockés chez Henri Moreau.

Les premières impressions suscitent rapidement des suspicions sur l’imprimerie coopérative de la rue Kléber. En octobre 1941, les policiers perquisitionnent mais ne trouvent aucune preuve sur place. Il en sera ainsi pendant près d’un an. L’imprimerie abrite également, une mallette remplie d’explosifs pour le groupe de l’Organisation Spéciale (O.S) de Brest. Elle a été confié à Albert Cadiou par son neveu Jean Kerautret.

Courant 1942, son neveu est recherché par la police, Albert Cadiou est convoqué à l’école Bonne Nouvelle en Kérinou. Il est questionné sur les relations qu’il entretient avec Kerautret. Albert Cadiou nie le fréquenter régulièrement, il est relâché faute de preuve mais avec l’avertissement qu’en cas de fuite de la ville, son beau-frère Bourhis serait fusillé. A sa sortie d’interrogatoire, son camarade François Prigent lui propose de l’argent et une planque sur Paris pour se mettre au vert. Albert Cadiou refuse son offre bienveillante, pour ne pas causer d’ennui à son beau-frère.

Peu de temps après, il est arrêté le 3 octobre 1942 par des policiers français. Lors de son interrogatoire, il est torturé pour obtenir des aveux et informations. Il est ensuite remis aux autorités allemandes qui semblent de nouveau l’interroger avec violence au siège de l’Aussenkommando du S.D de Brest, à l’école Bonne Nouvelle en Kérinou. Il est ensuite interné au château de Brest jusqu’en janvier 1943.

Transféré sur la région parisienne, il est déporté en Allemagne, au départ de Compiègne le 24 janvier 1943. Dans le convoi qui l’amène en Allemagne le 24 janvier 1943, se trouve également les résistants communistes brestois Jean Ansquer, Pierre Berthelot, Georges Abalain, Georges Cadiou, Louis Chitre, Jean Jannin et Thénénan Monot. Il arrive au camp de concentration de Sachsenhausen où il se voit attribuer le matricule de déporté 58727. Il y décède le 12 juillet 1944.

A titre posthume, il reçoit la médaille de la Résistance française en 1955.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil (1E239).
  2. Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  3. Dictionnaire Le Maitron, fiche biographique d’Albert Cadiou.
  4. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1985.
  5. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  6. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant d’Albert Cadiou (GR 16 P 99985) - Non consulté à ce jour.
  7. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier individuel d’Interné et déporté d’Albert Cadiou (AC 21 P 432 296) - Non consulté à ce jour.