BERTHELOT Charles

Charles Berthelot est un militant socialiste et syndicaliste très actif à Brest. Il est notamment dans les années 20/30 à la tête du syndicat C.G.T de l’arsenal. Sous l’occupation, il a perdu de son aura politique mais refuse néanmoins de participer au syndicalisme organisé par le gouvernement de Vichy. Il entre au conseil municipal de Brest quelques jours en 1941 mais s’abstient, comme Victor Le Gorgeu, lors du vote de confiance envers le maréchal. Cette non approbation le classe d’office dans les opposants politiques. Le 7 janvier 1942, les brestois apprennent la démission de Charles Berthelot et de deux autres conseillers municipaux suite aux révocations du maire et de son 1er adjoint. Craignant des représailles, il quitte Brest et se réfugie dans la Sarthe quelques temps.

C’est semble t-il lors de cet exil qu’il reprend contact avec d’autres socialistes passés dans la lutte clandestine. Sans que l’on puisse définir la date exact de son recrutement dans la Résistance, il entre au mouvement Libération Nord (L.N). Le temps de se faire quelque peu oublier, il est renvoyé sur Brest afin d’assurer des liaisons clandestines. Pour cette mission, il reçoit de faux papiers d’identité ainsi qu’une planque.

En fin 1943, Libération Nord (L.N) et Défense de la France (D.F) officialisent leur union à Brest. Le premier fournit les contacts avec les hautes instances de la Résistance française, le second fournit l’essentiel des effectifs recrutés depuis plusieurs mois, le tout donnant une ossature à l’Armée Secrète du Finistère.

En janvier 1944, Victor Le Gorgeu effectue une tournée spéciale dans les quatre départements bretons pour réunir les membres des Comités de la Libération. Pour le Finistère, les premières ébauches du Comité de Libération (C.D.L Finistère) sont jetées à Brest. L’ancien maire y organise une réunion chez le pharmacien Yves Allanic où sont présents Jean-Louis Rolland, Mathieu Donnart, Aldéric Lecomte et Charles Berthelot.

En février, les allemands traquent ce mouvement de Résistance et plusieurs arrestations font tomber différents meneurs. Charles Berthelot n’y échappe pas, il est arrêté en mars 1944. D’abord interné à la prison de Pontaniou, il est ensuite transféré à Compiègne d’où il est déporté en Allemagne le 18 août 1944. Il arrive au KL Buchenwald quatre jours plus tard et se voit attribuer le matricule 78773. Transféré au camp de Neu-Stassfurt, le camp est évacué devant l’avance américaine. Très affaibli, il est achevé le 17 avril 1945 entre Oberaudenhain et Bockwitz.

Fin août 1945, les brestois apprennent son décès et dès octobre 1945, la Délégation Spéciale de Brest attribue renomme en son nom la rue Arago dans le quartier de l’Annexion. Son corps est retrouvé à Schildau en 1951. A titre posthume, il reçoit la médaille de la Résistance française en 1953.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, dossier biographique de Charles Berthelot (2BIO56).
  2. Dictionnaire Le Maitron, fiche biographique de Charles Berthelot.
  3. Ordre de la Libération, Paris, registre des médaillés de la Résistance française.
  4. La Dépêche de Brest, éditions du 31 décembre 1941 et 7 janvier 1942.
  5. Bibliothèque Nationale (Gallica), journal Le Peuple, édition du 4 mai 1937.
  6. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1985.
  7. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  8. KERVELLA André, Brest Rebelle 1939-1945, éditions Skol Vreizh, 1998.
  9. CISSÉ Gérard, Rues de Brest - de 1670 à 2000, éditions Ar Feuntelin, 2012.
  10. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant de Charles Berthelot (GR 16 P 53588) - Non consulté à ce jour.
  11. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossiers individuel de déporté et d’attribution de la mention Mort pour la France de Charles Berthelot (AC 21 P 424 928 et AC 21 P 21463) - Non consultés à ce jour.