LHEMERY Robert

Robert Georges Lhemery est originaire des Yvelines. Requis en fin d’année 1942, il est dirigé dans un premier temps dans la région de Soulac à la pointe du Verdon. Il est ensuite affecté sur le canton de Ploudalmézeau avec tout un groupe de son département et d’Eure-et-Loir. Ils sont employés sur les chantiers de la Todt du secteur de Saint-Pabu. Malgré ce travail forcé pour l’Armée allemande, quelques libertés sont accordés aux travailleurs. Ils peuvent visiter les environs et ainsi sympathiser avec les locaux, notamment lors de matchs de football.

Le 16 juin 1943, après une journée de travail sur les bunkers allemands de Saint-Pabu, l’officier allemand annonce aux travailleurs requis que tous ceux des classes 40-41-42 doivent préparer leurs affaires pour partir le lendemain sur Brest. Suspicieux, Robert Lhemery pense qu’il s’agit plutôt d’un départ pour aller travailler en Allemagne. Réfractaire, il s’échappe avec Lucien Emery dans la nuit, profitant d’un moment d’inattention de la sentinelle. Les deux réfractaires n’emportent que quelques affaires et victuailles, laissant le reste à leurs copains.

De fermes en abris de fortune, ils vagabondent durant une dizaine de jours dans les environs de Ploudalmézeau. Ils maintiennent quelques contacts avec leurs amis toujours requis à la Todt, non envoyés à "Brest". Parvenus à trouver refuge contre labeurs dans une ferme, les deux comparses vivent au rythme des fermiers. A plusieurs reprises, Lucien et Robert doivent passer la journée camouflés dans la campagne car des allemands, accompagnés de gendarmes français fouillent les environs à la recherche de réfractaires. Le 11 juillet, ils apprennent que deux copains, réfractaires eux aussi, se sont fait ramasser par de gendarmes et qu’ils viennent de partir pour l’Allemagne. Cette situation de réfractaire, travaillant pour survivre grâce à l’aide de patriotes fermiers, va perdurer jusqu’en décembre 1943. Tout ce temps, c’est à la ferme de Kergoff, en Tréouergat chez les Le Gall qu’ils sont hébergés (voir Portfolio).

C’est en décembre 1943 qu’il est contacté par la Résistance locale qui voit en ce réfractaire une potentielle recrue pour l’Armée Secrète qui se forme dans tout le canton. Il intègre alors l’embryon du futur Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau. Cette démarche s’accompagne d’un changement de ferme car en attendant l’instruction militaire et l’insurrection, il faut faire profil bas tout en évitant d’être ramassé par les gendarmes ou les allemands.

Début août 1944, Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau a bien grossi et le parachutage d’armes dans la nuit du 2 au 3 août 1944 permet de l’équiper en grande partie. Les maquisards et réfractaires sont répartis dans des unités combattantes. Pour sa part, Robert Lhemery est affecté au 1er Groupe de la 3ème Section de la 1ère Compagnie du Bataillon F.F.I.

Composition de son groupe de combat
- ARZUR François (chef de groupe)
- BEGOC Pierre
- BROUDEUR Jean
- CONQ Michel
- GUIZIOU Louis
- JACOB François
- LE GALL François
- LE STUM Robert
- LHEMERY Robert
- L’HOSTIS Yves
- MOUTON Marcel
- PODEUR François

Avec son unité, il participe aux opérations de Libération du canton de Ploudalmézeau avant d’être engagé dans la réduction de la poche du Conquet jusqu’au 10 septembre 1944. Il est démobilisé le 30 septembre 1944 lors de la dissolution de son groupement.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Robert Lhemeri à Tréouergat (Novembre 1943)
Collection personnelle : famille Emery - Tous droits réservés
Photo de groupe à Trézien (mi août 1944)
De gauche à droite, premier rang : Yves L’Hostis, François Arzur, François Jacob et Jean Broudeur. Second rang : François Le Gall, Marcel Mouton, Gabriel André, Robert Lhemery, Louis Guiziou et Pierre Bégoc.

Sources - Liens

Remerciement à Roselyne Emery pour l’aide à la rédaction de cette biographie.

  1. EMERY Lucien, témoignage manuscrit, non daté.
  2. ANDRÉ Jacques, Le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, auto-édition, Brest, 2003.