NÉDÉLEC Francis

Francis Marie Nédélec entre dans la Marine nationale en 1921. Il suit les cours d’Élève-commissaire en 1930 puis suit cette carrière qui l’amène notamment à Cherbourg. En 1937, il est élevé au rang de Chevalier de la Légion d’honneur. Il revient ensuite à Brest au Service des Subsistances et au Service de la Solde. Affecté à la Direction Portuaire, il reste en poste jusqu’en juillet 1942. Marié, il est père d’un enfant prénommé Gabriel.

Il semble se retirer dans la région de Lesneven où il projette à rallier la France Libre. En octobre 1942, il est mis en relation avec Jean Launois, directeur du préventorium du château de Penmarc’h, qui l’inscrit pour un départ en Angleterre dès janvier 1943. Aucune option ne lui est proposée rapidement.

En mars 1943, Francis Nédélec rencontre Yves Mindren par l’intermédiaire de Paul Dreyer. Ce dernier lui propose d’intégrer le réseau de Résistance Ronsard qui s’implante dans la région brestoise. La tâche est de collecter et transmettre des informations d’ordre militaire sur l’occupant.

L’idée de rallier l’Angleterre est toujours d’actualité pour l’officier français. Par l’entremise de Georges Roudaut, pharmacien à Lesneven et membre du réseau Alliance, il rencontre monsieur Rault à Carantec le 22 juin 1943 pour un départ grâce au chantier naval d’Ernest Sibiril. Le mois suivant est néfaste pour les projets de Francis Nédélec. La filière évasion de Carantec est mise en sommeil et le réseau Ronsard est sérieusement ébranlé par différentes arrestations. Francis Nédélec coupe alors totalement les ponts et réitère sa requête d’évasion auprès de Jean Launois de Saint-Frégant. Le 4 août 1943, il est prévenu d’un départ le surlendemain. Ponctuel, le Commissaire est au rendez-vous mais personne ne vint. Le lendemain, 7 août, Jean Launois lui annonce que son évasion prévue par avion de Chartres était tombée à l’eau, ses contacts ne répondant plus.

Après trois vaines tentatives, Francis Nédélec se résout à ne pas quitter le territoire. En février 1944, lors de la formation des premiers éléments du Bataillon F.F.I de Lesneven, il intègre les effectifs comme chef de section. Lors des arrestations dans la nuit du 2 au 3 juin, il échappe à la rafle et se réfugie dans une ferme de Trégarantec. Après l’annonce du débarquement, l’espoir renaît et avec les quelques cadres non arrêtés ; Augustin Salou, Pierre Nicolas et Paul Jacopin, ils réorganisent l’unité. Plusieurs réunions se déroulent alors chez lui.

Le 2 août le Bataillon reçoit un parachutage d’armes et Francis Nédélec devient alors Commandant adjoint du Bataillon. Il supervise, outre sa section de combat, toute la partie intendance de l’unité. Le 6, selon les consignes de l’État-major F.F.I de Brest, les opérations militaires débutent. Avec son unité, il participe à la Libération de la région de Lesneven avant d’être déployé à l’ouest de Brest, pour la réduction de la poche allemande du Conquet.

Après la Libération, on le charge du recensement et du regroupement de tous les marins du canton, permettant ainsi de fournir rapidement des effectifs pour subvenir aux demandes de l’Autorité Maritime. Il réintègre ensuite la Marine national et devient le chef du Bureau Spécial des pensions de la Marine Nationale à Brest. Il poursuit sa carrière dans la Marine jusqu’à sa retraite.