RICHARD Yves

Yves Marie Richard est préposé des Postes, télégraphes et téléphones (P.T.T). Il épouse Yvette Castel le 29 juillet 1933 à Lambézellec. Le couple s’installe dans le quartier de l’Harteloire. Syndicaliste à la C.G.T, il adhère en 1936 au Parti Communiste Français (P.C.F). En juillet 1940, il est licencié de son poste par Vichy, au motif qu’il se montre hostile à l’Armée allemande.

Pour aider le parti à implanter une imprimerie clandestine, les époux Richard prêtent leur petite cabane de jardin du côté de Kerichen en 1941. Lors de l’été 1941, les colis de la propagande du parti arrivent et sont stockés chez les Richard. Pour sa part, Yves Richard entre en résistance active le 23 décembre 1941. Il aurait participé à différents actes de sabotage contre l’occupant, en particuliers à l’École Navale de Brest. Il diffuse la propagande, tracts et journaux du P.C.F et aurait transporté des armes et munitions.

Le 28 avril 1942, Yvette Richard participe à la manifestation des femmes. Elle est arrêtée ainsi que Jeanne Goasguen-Cariou. Les domiciles sont perquisitionnés et la police française y trouve du matériel ayant servi à la préparation de la manifestation ainsi que de la propagande communiste.

Yves Richard prévenu, parvient à s’enfuir. La police considère sa fuite comme un aveu, la justice le condamne alors par contumace, via le Tribunal Spécial de Rennes en avril 1942. Recherché à Brest, Yves Richard prend la direction de Lorient où le parti a des contacts. Il y reprend son activité de résistant et participe notamment à l’attaque du bureau des P.T.T de Lanester. Il parvient à se soustraire aux recherches jusqu’au 2 octobre 1942.

Arrêté par la police française, il passe en jugement le 10 octobre devant un tribunal français. Il est condamné à deux ans de réclusion. Interné à Poissy puis à Blois le 16 septembre 1943, il est finalement envoyé à Compiègne en février 1944. Livré aux allemands par les autorités de Vichy, il est déporté en Autriche au camp de Mauthausen le 22 mars 1944. Sur place, il est employé de force à Wiener Neudorf dans une usine de montage de moteurs d’avions.

Yves Richard est libéré par la Croix-Rouge le 28 avril 1945 et rapatrié en France à Annecy, le 8 mai 1945. A son retour à Brest, il se retrouve sinistré total suite au siège de la ville. Il loge dès lors en baraque au Bragen jusque dans les années soixante.

Pour ses actions clandestines, il reçoit les distinctions suivantes :
- Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile de Bronze (1947)
- Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
- Croix du Combattant Volontaire 1939-1945
- Médaille de la France libérée (1964)

En 1953 il divorce et épouse en seconde noce Jeanne Madec en 1966. Décédé à Brest en février 1978, il est considéré par l’État français comme Mort pour la France en décembre 1978 des suites de sa déportation.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil.
  2. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la Résistance d’Yves Richard (1622 W).
  3. Fondation pour la Mémoire de la Déportation (F.M.D), liste des déportés partis du transport de Compiègne le 22 mars 1944 (I.191).
  4. Mauthausen Mémorial, fiche signalétique d’Yves Richard.
  5. Le Télégramme, édition du 7 août 1964.
  6. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  7. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Résistant d’Yves Richard (GR 16 P 509939) - Non consulté à ce jour.
  8. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier individuel de déporté d’Yves Richard (AC 21 P 652186) - Non consulté à ce jour.