HERVÉOU François

François Marie Hervéou devance son service militaire en 1931. Il en sort Caporal en 1932 puis reprend son activité de couvreur-zingueur. Il réside à Prat-Lédan et épouse Anne Abguillerm le 15 juin 1934 à Saint-Pierre-Quilbignon. De cette union, naissent six enfants. A ses heures, François pratique le sport à l’Armoricaine.

Resté en lien avec l’Armée, il effectue une période d’exercices en 1934 et 1938. Rappelé le 27 août 1939 après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il sert comme Sergent au 2ème Régiment d’Infanterie Coloniale (R.I.C). Il participe à la Campagne de France où il est fait prisonnier à Nantes le 21 juin 1940. Durant cette période, son frère Germain est également fait prisonnier.

Sous le matricule 1704, François Hervéou est transféré au Fronstalag 183A de Châteaubriant. Il s’en évade le 13 janvier 1941 et rejoint la région brestoise. Pour éviter d’être recherché par les autorités, il se cache à Plougonvelin. Il est d’abord hébergé chez monsieur Bellec puis Bécot et enfin chez De Riverieux. Évadé, il ne peut obtenir la précieuse carte d’alimentation. Il rencontre le maire Henri Le Goasguen qui la lui refuse mais François parvient à en obtenir grâce aux secrétaires de Mairie.

François fait venir sa famille sur place, notamment pour les protéger des bombardements sur Brest. Il s’adonne à la pratique du football et participe à l’acte de résistance passive du 14 juillet 1942. Les équipes sénior et junior de Plougonvelin, à l’issue de leur rencontre, se rendent au monument aux morts de la commune et dépose quelques fleurs (voir photo), ce qui est totalement prohibé par l’occupant.

Sa date d’entrée en résistance active est incertaine, l’on présume qu’il est recruté dans le second semestre de l’année 1943 ou début 1944 par un brestois se faisant appeler Grand Turc. François le connaît de vue à Brest mais son identité reste inconnue. Il demande à François de collecter des renseignements sur les troupes allemandes et les fortifications dans la région de Plougonvelin.

Au lendemain du six juin, Grand Turc provoque une réunion de ses agents de renseignement sur les hauteurs de Plouzané. Il découvre notamment que Roger Priol, avec qui il joue au foot, est également de la partie. Il s’agit désormais de préparer des groupes de combat pour se battre quand les alliés arriveront dans le secteur. François Hervéou est volontaire et participe à la formation du groupe en recrutant des patriotes. En contact avec Grand Turc, il reçoit l’information du parachutage d’armes au début d’août 1944. Il diffuse l’information et durant trois nuits consécutives, le groupe se rend à Kerzévéon en Locmaria-Plouzané pour attendre le largage. L’avion passe le 3 août mais ne largue aucun colis.

Ordre leur est donné de rejoindre par petit groupe Tréouergat où se trouve le maquis du Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau. Ils s’y rendent à pied et sont équipés sommairement puis organisés en unité cohérente. François Hervéou est affecté au 1er Groupe de la 1ère Section de la Compagnie F.F.I de Saint-Renan.

Composition du groupe 1, première section de la Compagnie :
- CAM Jean
- DAUCHET Léonce
- GOALES Jean
- GUENA Yves (père du ministre)
- HERVEOU François
- KERMARREC François
- LAURENT Frédéric (n’a pas 16 ans)
- LAURENT Pierre
- MALGORN Michel
- PRIOL Roger
- QUERE Michel (chef de groupe)
- RAGUENES François
- RAOUL René

Les combats les mènent à Plourin, Ploudalmézeau, Brélès, Lanrivoaré, les faubourgs de Saint-Renan où ils rencontrent pour la première fois les Américains. Exceptés les jeunes, le groupe de François a la meilleure composition militaire de la Compagnie, ils sont alors détachés auprès du 2nd Ranger Battalion pour servir d’éclaireurs. Avant de partir vers la poche du Conquet, François Hervéou et Michel Quéré partent en mission en jeep avec des américains pour aller constater le massacre de Penguérec à Gouesnou. On ne sait pas si ils ont pu s’en approcher.

Avec cette unité, ils participeront à la libération de Locmaria-Plouzané, à l’isolement de la poche du Conquet vis à vis de celle de Brest. Lors de la prise de position à Pen ar Ménez, ils rencontre le président de la délégation spéciale de Brest, Victor Eusen, qui vient demander une nouvelle trêve aux américains. Le groupe de F.F.I de François est salué par l’officiel :

C’est bien les petits gars.

Puis ce seront les combats du verrou de Goasmeur et le ratissage de la zone jusqu’au Lannou. Le groupe n°1 perd Léonce Dauchet, tué par un obus et a deux blessés ; René Raoul et Jean Goalès. Durant l’avance, François Hervéou demande la permission d’aller voir sa famille à Kervasdoué sur la route qui descend au Trez Hir. Il sera témoin de la mort d’Henri Gourmelen.

Lors des combats, François Hervéou se montre très efficace et met à profit son expérience militaire. Les témoignages sont unanimes sur son attitude au feu. Le 4 septembre 1944, il tire sur deux allemands qui s’apprêtent à lancer une grenade sur un groupe de soldats américains dans le bois De Riverieux. Le lendemain, il sauve la vie d’un officier américain et capture seul deux prisonniers allemands.

Pour sa contribution à la Libération, il reçoit la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent et la médaille de Reconnaissance française en 1948.

La sépulture de François Hervéou se trouve dans le cimetière de Saint-Pierre-Quilbignon à Brest [Carré 4AC, Rang 2, Tombe 4]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Groupe 1, Section 1, Cie F.F.I de Saint-Renan
Photo prise au manoir de Keledern à Locmaria-Plouzané le 8 septembre 1944. De gauche à droite : François Raguenes, François Kermarrec, Pierre Laurent, Yves Guena, Jean Cam, Roger Priol, Michel Quere. Au premier rang accroupis : François Herveou, Frédéric Laurent, Michel Malgorn.
L’enfant au milieu de la photo est le fils du photographe, Mr Poupon.
Crédit photo : famille Priol
François Hervéou, prisonnier de guerre à Châteaubriant
Crédit photo : Famille Hervéou
14 juillet 1942 à Plougonvelin
Les joueurs de foot de Plougonvelin déposent des fleurs devant le monument aux morts de Plougonvelin le 14 juillet 1942. Ce genre d’hommage était totalement interdit sous l’occupation, les participants s’exposent à de lourdes sanctions.
Crédit photo : Famille Priol
14 juillet 1950
Défilé des Résistants et F.F.I rue Jean-Jaurès à Brest pour l’inauguration de la plaque en hommage à Mathieu Donnart.
Crédit photo : Famille Hervéou

Sources - Liens

  1. Famille Hervéou, documents et iconographie.
  2. Roger Priol, témoignages et souvenirs.
  3. Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de François Hervéou.