HASCOËT Rolland

Rolland Hascoët suit des études de radioélectricien à l’École théorique et pratique d’électricité [1] en région parisienne. Il y fera la connaissance de Jean Le Roux, lui aussi originaire du Finistère. En 1940, Rolland Hascoët travaille à l’arsenal de Brest comme chaudronnier.

En août 1941, alors qu’il est de retour pour le weekend à Douarnenez, il rencontre son ancien camarade de classe Jean Le Roux dans une fête foraine. Ce dernier est depuis quelques mois revenu en France pour une mission clandestine. Il fait partie de la mission Allah, envoyée par l’Intelligence Service (I.S) pour recueillir des informations sur la Kriegsmarine à Brest. Jean Le Roux, qui cherche à former de nouveaux opérateurs radio, propose à Rolland Hascoët d’en être. Hascoët accepte et la formation débute. Le Roux lui confie un poste radio, sans le quartz permettant d’émettre.

Comme il faut un nouveau lieu pour ces manipulations, le pharmacien Léon Daniel de Saint-Pierre-Quilbignon est sollicité, par l’intermédiaire de Jean Lavalou, pour fournir une aide à Rolland Hascoët. Mais le pharmacien est peu enclin à l’aider et finalement, Hascoët s’installe, avec son poste émetteur, dans une pension de famille rue Graveran dans le quartier de Saint-Martin à Brest. Des messages sont alors envoyés depuis Quimper, Rolland Hascoët doit les intercepter pour s’entraîner.

Malheureusement pour lui, la femme de ménage de son nouveau logement remarque le poste radio et avertit un autre locataire, fonctionnaire de la police brestoise. Au soir du 22 août 1941, en rentrant de l’arsenal, Rolland Hascoët est arrêté et son matériel ainsi que des papiers compromettant sont saisis. Le jeune douarneniste est alors amené au commissariat de quartier de Saint-Martin où le commissaire Gaston Courtin pense avoir fait un prisonnier très intéressant.

Comprenant qu’il est dans une très fâcheuse situation, et qu’il risque d’être livré très rapidement aux allemands, Rolland Hascoët profite d’un instant où il est laissé seul pour s’échapper en sautant par la fenêtre depuis le premier étage. Il se blesse à la cheville mais parvient tant bien que mal à gagner la gare du Rody, non loin de Brest, où il prend un train en direction de Quimper. Il descend par précaution, un arrêt avant Quimper et parvient à entrer en contact avec Jean Le Roux qui est établi à Penhars, au château de Kerrien.

Le sort du fugitif est la cause d’une petite discorde entre Jean Le Roux et Robert Alaterre, le chef de la mission Allah. Robert Alaterre estime qu’Hascoët est totalement brûlé auprès des autorités françaises en zone occupée ainsi qu’après des troupes d’occupation. Il préconise alors son évacuation en zone libre où il pourrait retrouver du travail à l’arsenal de Toulon. Le Roux propose plutôt son évacuation sur l’Angleterre afin qu’il soit utile à la France Libre.

Cette option est retenue et Rolland Hascoët est exfiltré depuis Concarneau le 30 octobre 1941. Profitant du retour en Angleterre d’une partie de la mission Allah après neuf mois en France, Rolland Hascoët embarque à bord du Veac’h Vad à Concarneau. Un rendez-vous est fixé au large des Glénans avec le sous-marin HMS Sealion (72S) de la Royal Navy.

Parvenu à bon port, Hascoët signe à Londres, au lendemain de son arrivée, un engagement à la Patriotic School. Il est engagé au sein des Forces Aériennes Française Libres (F.A.F.L) à partir du 12 décembre 1941 sous le matricule 30.904 en qualité de caporal-chef radio-électricien. Il est formé de janvier 1942 à août 1943 puis il est affecté au groupe de bombardement F.A.F.L Lorraine.

Il participe à des raids aériens sur le Nord de la France, la Belgique, la Hollande et l’Allemagne. Il fait partie du support aérien du débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Rolland Hascoët totalise 55 missions de Guerre. Pour son engagement dans la Résistance et dans la France Libre, il reçoit les décorations suivantes :

- Chevalier puis Officier de la Légion d’Honneur
- Officier de l’Ordre National du Mérite
- Croix de Guerre, 4 citations dont une avec Palme
- Médaille Militaire
- Médaille des Évadés
- Médaille des Combattants Volontaires de la Résistance
- Médaille de la France Libre
- Médaille des Engagé Volontaire

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Rolland Hascoët à l’entraînement en Angleterre
Article du Télégramme, édition du 3 juin 2019
Air Gunner School - Evanton
Rolland Hascoët, premier rang, second en partant de la droite.
Inauguration d’un rond point à Quimper (2007)
De gauche à droite au premier rang : Rolland Hascoët, Alexis Le Gall et Marcel Heuzel.
Crédit photo : Ouest-France

Sources - Liens

  1. KERVELLA André, Brest Rebelle (1939-1945), éditions Skol Vreizh, 1998.
  2. CASALIS André, Le Réseau Johnny, éditions Lulu, 2010.
  3. COUANAULT Emmanuel, Des agents ordinaires - Le réseau Johnny (1940-1943), éditions Locus Solus, 2016.
  4. Site FrançaisLibres.net, fiche synthétique de Rolland Hascoët.
  5. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Français Libre de Rolland Hascoët (GR 16 P 286438) - Non consulté à ce jour.

Notes

[1École Bréguet, devenue aujourd’hui l’E.S.I.E.E.