LECRUX Simone

Simone Bastien commence à travailler en 1935 dans une biscuiterie quand son père décède des suites de la Première Guerre mondiale. Elle adhère aux Jeunesses Communistes (J.C) de Reims en 1936. Deux ans plus tard, elle poursuit son militantisme et passe au Parti Communiste Français (P.C.F). Après l’interdiction du parti en 1939 et la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, elle quitte la région à l’automne 1939. Avec sa famille, elle se rend à Thiais (Seine) chez un oncle. Elle travaille alors dans une manufacture d’armes à Courbevoie jusqu’à la débâcle de juin 1940. Devant l’avance des allemands, les ouvriers qui voulaient détruire l’outil de travail se heurtèrent à la direction de l’entreprise.

En septembre 1940, elle regagne Reims tentant de renouer les fils avec les organisations communistes. Le 21 janvier 1941, elle est arrêtée à Reims pour propagande communiste et tentative de reconstitution de groupement dissous. Condamnée à huit mois d’internement, elle purge sa peine dans les prisons de la Roquette et Fresnes dans la région parisienne puis à la Centrale des femmes de Rennes. Sa peine purgée, elle est libérée le 23 septembre 1941. Simone rejoint alors la région de Châlons et Epernay et passe totalement dans la clandestinité pour la Résistance. La cellule l’oriente vers Rennes puis elle est envoyée sur Brest. D’après Eugène Kerbaul, elle serait arrivée en octobre 1941.

Hébergée chez Jeanne et Jean-Louis Goasguen à Kérigonan ainsi que chez Marie Salou, on lui confie la responsabilité départementale de reconstituer les Jeunesses Communistes dans le Finistère. Simone s’implique aussi localement dans les actions militantes du parti. Elle sillonne le département du Finistère afin d’organiser des petits groupes de jeunesses communistes à Quimper, Concarneau, Morlaix et principalement à Brest. Elle aurait également participé à des sabotages. En 1942, les époux Goasguen qui l’héberge sont arrêtés, Simone emménage alors chez Marie Cam.

Après la vague d’arrestations entre octobre 1942 et janvier 1943, la responsable interrégionale des femmes, Denise Ginollin, décide en janvier 1943 de faire passer dans les Côtes-du-Nord un certain nombre de militantes trop menacées à Brest. Marie Miry et Simone Bastien partent immédiatement, elles sont rejoint en mars 1943 par Aline De Bortoli. Dans ce nouveau département, Simone Bastien est affectée à la même tâche que pour le Finistère vis à vis des J.C. Lors de ses liaisons, elle est hébergée régulièrement à Plusquellec chez les parents de Jean et Roland Le Nédellec, elle y dort dans le grenier de la ferme.

Le 5 août 1943, elle est arrêtée avec Marie Miry à Guingamp, suite à une dénonciation. Blessée par balle lors de son arrestation, elle est livrée aux allemands. Jugée et condamnée à de la déportation, Simone quitte Paris le 8 juin 1944 pour le camp de Ravensbrück (Kl Leitmeritz) où elle arrive à la fin du mois. Libérée par l’avance des Alliés, elle est rapatriée le 8 ou 10 mai 1945.

Rentrée dans sa région natale, elle épouse Guy Lecrux à Reims le 27 février 1946. De cette union naissent quatre enfants. Simone s’investie pleinement dans les associations patriotiques et sera notamment une des responsables national de l’A.N.A.C.R. Simone Bastien-Lecrux est récipiendaire des distinctions suivantes :

- Officier de la Légion d’honneur
- Croix de guerre 1939-1945
- Croix du Combattant volontaire de la Résistance
- Médaille de la Résistance (1946)
- Croix du Combattant – Citation à l’ordre de la Division de la XIe Région Militaire
- Médaille de la déportation et des internés de la Résistance
- Chevalier de l’ordre républicain et du Mérite civique et militaire