ABALAIN Georges

Georges Yves Bernard Abalain entre, surement comme apprenti, à l’arsenal de Brest où travaille son frère aîné Albert. Très jeune, il adhère au Parti Communiste Français (P.C.F) tout en étant militant syndicaliste à la Confédération Générale du Travail (C.G.T). Après l’interdiction du parti en 1939, il reste parmi les fidèles et participe à sa reconstruction du P.C.F clandestin.

En pleine débâcle en juin 1940, à l’approche de l’arrivée des Allemands à Brest, Georges Abalain et Pierre Berthelot sont mobilisés par le 2ème Dépôt de la Marine. Devant l’avance allemande, la Marine évacue toute la flotte en embarquant autant de marins et soldats qu’ils peuvent. Certains navires rallient l’Angleterre, où se trouve déjà une partie de l’armée en déroute, les autres gagnent l’Afrique. C’est le cas pour nos deux jeunes brestois qui embarquent sur le pétrolier ravitailleur Tarn de la marine Nationale qui fait route vers la Méditerranée. Le 26 juin 1940, le pétrolier arrive à Casablanca au Maroc avec plus de 600 recrues de Brest.

L’armistice signé, Georges Abalain et Pierre Berthelot sont mutés à Toulon puis démobilisés. Compte tenu de leur âge, ils sont alors placés en camp de jeunesse du côté d’Aix-en-Provence puis Gap. En mars 1941, Albert Abalain, le frère de Georges, leur rend visite et les informe, entre autres, qu’il est entré en Résistance. L’aîné incite alors son cadet et son ami, à faire de même.

L’on ne peut préciser les modalités de retour de Georges, il regagne cependant la région brestoise. Il reprend son activité de militant clandestin pour le P.C.F et entre en résistance en diffusant les journaux et tracts. Sa première action semble être sa participation au sabotage des sous-stations électriques de l’arsenal en mars 1942 avec les membres de l’Organisation Spéciale (O.S). Il bascule dans les Francs-Tireurs et Partisans (F.T.P) à leur instauration à Brest fin avril, début mai 1942.

Début octobre 1942, une vague d’arrestations touche les résistants communistes brestois. Georges quitte alors Brest pour trouver refuge dans le centre Finistère. Il est cependant arrêté le 3 octobre 1942 chez Jean Guyomarc’h à par la police française et remis aux autorités allemandes.

Interné durant plusieurs mois à Brest, il est transféré en région parisienne en vue d’être déporté. Dans le convoi qui l’amène en Allemagne le 24 janvier 1943, se trouve également les résistants communistes brestois Jean Ansquer, Pierre Berthelot, Albert Cadiou, Georges Cadiou, Louis Chitre, Jean Jannin et Thénénan Monot. Sous le matricule 58683, il est interné au camp de Sachsenhausen. Georges est affecté au Kommando d’Heinkel jusqu’en avril 9145. Libéré de son camp d’internement par l’avance des Alliés, il décède cependant de séquelles de sa déportation avant d’avoir pu être rapatrié en France.

A titre posthume, il reçoit en 1947 la médaille de la Résistance française.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Ordre de la Libération, liste des médaillés de la Résistance française.
  2. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, registre des déportés (I.74).
  3. KERBAUL Eugène, 1270 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1985.
  4. KERBAUL Eugène, Cahier de mise à jour - 1485 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1986.
  5. KERBAUL Eugène, Cahier de mise à jour n°2 - 1640 militants du Finistère (1918-1945), auto-édition, Paris, 1988.
  6. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  7. BERTHELOT Roger, Hommage aux fusillés du Bouguen, Brest, 2014.
  8. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de résistant de Georges Abalain (GR 16 P 190) - Non consulté à ce jour.

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