MORVAN Louis

Louis Jean Francis Morvan épouse Simone Keromnès le 24 avril 1934 à Brest. De cette union, naissent deux enfants. La famille réside au 2 rue Anatole France. Fils d’ouvrier de l’arsenal, Louis Morvan suit la trace de son père et y travaille comme charpentier-tôlier. Il adhère au Parti Communiste Français (P.C.F) en 1937. Il s’investit également en tant que syndicaliste à la C.G.T. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé comme matelot mécanicien. Il reste cependant à Brest et participe à la réorganisation clandestine du Parti, interdit suite à l’accord germano-soviétique. Il participe à des réunions avec des membres de l’arsenal comme Yves Labous, Jean Marc et Marcel Paul. A la débâcle en juin 1940, il détruit du matériel français et anglais à l’arsenal pour qu’il ne serve pas l’armée allemande qui approche de Brest.

C’est par l’intermédiaire de Jules Lesven que Louis Morvan entre en résistance dans l’Organisation Spéciale (O.S) en février 1941. Il effectue du collage d’affiches pour le Parti Communiste Français (P.C.F) clandestin et distribue des tracts anti-allemands. Début mars, il aurait participé à une opération de dissimulation de corps de soldats allemands tués par l’O.S. Auraient participé à cette opération : Pierre Corre, Carlo De Bortoli et Jules Lesven.

Le 8 mars 1941 il est arrêté à l’arsenal avec les résistants communistes Yves Labous et Jean Marc. Sont également arrêtés, par méprise, Yves Jacolot et René Corre qui sont rapidement relâchés. Pour les trois autres, réellement communistes, c’est le début d’un internement administratif. Louis Morvan est successivement interné dans les camps de Versailles, Aincourt, Voves, Pithiviers et La Rochelle. Il retrouvera Ernest Miry, autre résistant communiste brestois, dans les trois derniers camps.

Profitant de son travail forcé, il s’évade de La Pallice le 2 juin 1944. Trois jours plus tard, alors qu’il est parvenu à remonter sur Nantes, il est blessé au ventre en attendant une liaison pour rejoindre le maquis de Blain, au nord de Nantes. Il doit subir une opération chirurgicale dont les conditions ne nous sont pas connues. Fin juillet 1944, Louis Morvan rallie le maquis F.T.P de Plonevez-du-Faou et intègre le Bataillon F.T.P Georges Le Gall sous les ordres d’André Lagoguet. Affecté à la Compagnie Corse. A la réorganisation du Bataillon le 1er septembre 1944, il est versé à la Compagnie F.T.P n°4. Louis Morvan participe aux combats dans le centre Finistère puis à la réduction de la poche de Brest jusqu’au 19 septembre 1944.

Démobilisé des F.F.I le 15 octobre 1944, il s’engage aussitôt dans la Marine Marchande. Il sert à des opérations de ravitaillement de la Flotte contre le Japon en Mer Rouge, golfe de Persique et dans l’océan Indien jusqu’en mars 1945. Tombé malade, il est rapatrié par le pétrolier Lorraine en France.

Après guerre il réside au 6 rue Volney à Brest avant de rejoindre la région parisienne pour le travail.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil numérisé en ligne (1E249).
  2. La Dépêche de Brest, édition du 9 mars 1941.
  3. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance de Henri Menez (1622 W).
  4. KERBAUL Eugène, 1270 Militants du Finistère (1918-1945), à compte d’auteur, 1985.
  5. KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943), auto-édition, Paris, 1992.
  6. Service historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de résistant de Louis Morvan (GR 16 P 432519) - Non consulté à ce jour.
  7. Service historique de la Défense (S.H.D) de Caen, dossier individuel d’interné de Louis Morvan (AC 21 P 601780) - Non consulté à ce jour.

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