DENNIEL Yves

Yves Denniel termine ses grandes vacances à Saint-Ségal avec sa famille quand la guerre éclate en 1939, il n’a pas 15 ans. A Brest, Yves réside avec son frère Guy et sa famille au 1 rue Malakoff à Brest. Au début de l’occupation, il s’oriente vers la Catho d’Angers pour préparer son P.C.B en vue d’être médecin. Mais les études coûtent cher et ne pouvant prétendre à une bourse car issu de l’enseignement catholique, il du y mettre un terme. Il rejoint alors sa famille à Saint-Ségal, où elle s’est réfugiée pour fuir les bombardements sur Brest. Pour subvenir à ses besoins, il se fait embaucher comme surveillant dans un collège à Scaër. Début 1943, il quitte son emploi et retourne auprès de ses parents à Saint-Ségal.

Mais la cohabitation avec les soldats allemands qui logent dans la même maison lui est insupportable. De plus, Yves commence à réaliser des sabotages envers l’occupant. Inquiète, sa mère insiste auprès de son père pour lui trouver du travail à Brest et l’éloigner ainsi de Saint-Ségal. Ce dernier parvient à le faire entrer comme secrétaire au poste de police à Brest, le dispensant d’office d’une éventuelle réquisition pour le S.T.O.

Ardent patriote, à l’âge de 18 ans, Yves Denniel ne tarde pas à entrer en résistance active et oeuvre clandestinement pour le réseau polonais F2 dès le début d’année 1943. Sa première tâche sera de relever les zones d’implantation des fortifications allemandes dans le Nord Finistère et en presqu’île de Crozon. Yves entre ensuite au mouvement Défense de la France (D.F) à partir d’août 1943.

Son emploi aux archives du commissariat central de la police de Brest, lui permet de recueillir et apporter à ses chefs dans la résistance, des informations sensibles sur les personnes recherchées à Brest dans le cadre du S.T.O ou pour faits de résistance. Sur conseil de son père (qui fait également partie de la résistance), Yves prévient le curé de Lannilis et Mme Goasguen, bijoutière à Brest que les allemands enquêtent sur eux. Il parvient également à détruire et désorganiser les archives que l’armée allemande consulte régulièrement pour ses enquêtes. Yves fabrique et fournit également de faux papiers, pour M. Menguy de Brest par exemple. Outre son poste, il profite d’être membre de la Défense Passive pour collecter, souvent de nuit, des informations sur l’armée d’occupation. Scout, Yves se rapproche de ses camarades et les recrute à la faveur de la résistance. Enfin, régulièrement, il se rend à Quimperlé en tant qu’agent de liaison pour le compte du réseau F2.

En 1944, Yves fournit jusqu’au mois d’avril ou mai des informations à Jean Dréano avant que ce dernier quitte la France par l’Espagne pour rejoindre l’Afrique du Nord. Mettant ainsi fin à l’activité du réseau F2 sur Brest. A partir de ce moment là, il se consacre au mouvement D.F et bascule rapidement aux Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I). Il est affecté au groupe Mauceau du Groupement cantonal F.F.I Brest-Est.

Avec ce groupe, sous les ordres de A.D, il prépare l’insurrection. Ils ont des contacts avec la résistance à Saint-Renan grâce à certains scouts originaires du secteur. L’instruction au maniement des armes se fait par le gendarme maritime Robert Chesnay. A partir du débarquement, le groupe reçoit la mission de saboter les lignes téléphoniques et les panneaux indicateurs allemands. Fin juillet 1944, il est témoin de l’enlèvement et de la destruction d’archives compromettantes de la police, sur divers membres de la résistance brestoise et nationale, par sa hiérarchie.

Au moment du déclenchement des opérations du siège de Brest en août 1944, Yves Denniel fait partie des F.F.I qui reçoivent la mission de coller les affiches (voir portfolio) signées Joseph Garion, annonçant la déclaration du siège de la ville. L’évacuation de la ville le 14 août 1944 provoque la dislocation de son unité F.F.I. Il gagne alors Saint-Renan et passe avec son groupe et son frère au maquis de Tréouergat le lendemain. Ce groupe de brestois est versé à la Cie F.F.I Saint-Renan le 20 août 1944, formant le troisième groupe de la deuxième section.

Composition du groupe 3 de la Section n°2 :
- BOUCHERIE Édouard
- CHESNAY Robert (chef de groupe)
- CUEFF Albert
- DENNIEL Guy
- DENNIEL Yves
- FALHON René
- HOLLEY André
- JACOB Laurent
- JACOLOT Charles
- JÉZÉQUEL Paul
- LANNUZEL Georges
- LESCOP François
- TABURET Ronan

Avec cet effectif, Yves participe aux opérations militaires du siège de Brest. Il sert notamment de guide-interprète aux américains de la 29th Infantry Division. Yves effectue des missions et combat à Milizac, Lanrivoaré, Saint-Renan, Plouzané, au fort de Toulbroch, Porsmilin et à Plougonvelin pour la réduction de la poche du Conquet jusqu’à la fin des combats le 10 septembre 1944. Mise en réserve, l’unité ne participe pas à la fin du siège de la ville de Brest et est démobilisée fin septembre à Saint-Renan.

Après guerre, il milite au Mouvement républicain populaire (M.R.P) et épouse Marguerite Jullien le 14 juin 1952 à Brest. Il parvient à reprendre ses études et monte à Paris pour passer sa licence de droit. Pour son action dans la résistance, il reçoit la Médaille Militaire, la Croix de Guerre 1939-1945 et la croix du Combattant volontaire de la Résistance.

Publiée le , par Edi Sizun, Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Famille Denniel, témoignage, documents et iconographie.
  2. Brest Métropole, registre d’état-civil.
  3. Musée du Ponant de Saint-Renan, fonds Baptise Faucher, documents et registre nominatif de la Cie F.F.I de Saint-Renan.
  4. S.H.D de Vincennes, documentation de la DGER - Bureau n° 11, Rennes (GR 28 P 6 97-98 -1878/5) et dossier individuel de résistant d’Yves Denniel (GR 16 P 175375).

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture.

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