OUVRARD Joseph

D’après la liste des membres du groupe Action Directe, corps-franc du mouvement Défense de la France, Joseph Ouvrard aurait intégré la résistance en janvier 1944.

Le 9 mars 1944, Joseph se rend au 7 rue Victor Hugo à Brest chez les cousins Paul Kervella et Guy Le Goff car une cargaison d’armes doit arriver dans la journée pour y être entreposée.

Quand il arrive, les allemands ont hélas déjà investi la maison et procèdent aux arrestations. Joseph prend alors la fuite mais il est repéré et pourchassé par l’occupant. Il ne va pas bien loin, les feldgendarmes l’appréhendent cinquante mètres plus loin dans un tas de cageots d’un marchand de primeurs.

Les trois jeunes résistants Paul, Guy et Joseph sont envoyés à l’école Bonne-Nouvellle, siège de l’Aussenkommando du S.D de Brest. C’est par une dénonciation que les allemands mirent un terme aux activités clandestines du groupe. Le 12 mars, les prisonniers sont rejoints par Jean Kerjean et Roger Pétron qui viennent d’être arrêtés à leur tour.

Le 20 mars, les cinq jeunes brestois sont transférés au 17 rue Jean Jaurès à Brest. Ils passent devant le tribunal militaire allemand de la Kriegsmarine au 5e étage. Tous écopent de la peine de mort. Dès lors, ils sont transférés de prisons en prisons : Quimper, Cherche-Midi puis Fresnes. Fin avril, leurs peines sont commuées en travaux forcés, sauf pour Paul et Guy, qui sont fusillés au Mont Valérien le 20 mai 1944.

Joseph est envoyé à la gare de l’Est et déporté en Allemagne. A la différence de Jean et Roger, lui n’est pas classé Nacht und Nebel, lui ôtant cette épée de Damoclès et lui évitant Dachau. Il passe cependant par les camps de Karlsruhe, Rheinbach et Hameln.

Dans son ouvrage, paru en 1988, René Pichavant indique que Joseph Ouvrard est décédé en déportation. Fort heureusement ce n’est pas le cas et Joseph est libéré par l’avance des Alliés puis rapatrié en France le 7 avril 1945.

Après-guerre, il se marie à Paris (15e) avec Charlotte Petitimbert le 30 septembre 1946.

Le Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes conserve deux dossiers administratifs sur son parcours de résistant, sous les cotes : GR 16 P 453317 et GR 28 P 8 54 318. De même pour le S.H.D de Caen qui conserve une dossier sur sa déportation, sous la cote : AC 21 P 654252. La lecture de ses dossiers pourrait nous apporter d’avantage de renseignements sur son parcours dans la résistance.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Mairie de Cholet = Registre d’état-civil
  2. Archives de Brest = Fond Défense de la France (51 S)
  3. Fondation pour la Mémoire de la Déportation = Liste des déportés de mai 1944
  4. Livre Clandestins d’Iroise, Tome 4 de Réné Pichavant, aux éditions Morgane, 1988

Télécharger au format PDF