GUIVARCH Yvonne

Yvonne Kervella est étudiante sous l’occupation et réside avec sa mère Anna Kervella au 105 rue de la Vierge à Brest. Son père, Julien Kervella, est bosco dans la Marine Nationale.

En août 1943, il entre en résistance active. Recruté par Georges Dauriac dans le groupe Action Directe, corps franc du mouvement de résistance Défense de la France, Julien recrute à son tour son cousin Gaston Viaron. Il enrôle également dans l’action clandestine sa femme Anna et sa fille Yvonne.

La jeune fille aide alors son père et sa mère en servant d’agente de liaison et de renseignement. Elle participe à la confection des brassards F.F.I en 1944 ainsi qu’à la distribution du journal clandestin du mouvement, des fausses pièces d’identité et des tickets d’alimentation.

Dans la nuit du 24 au 25 mai 1944, après le couvre feu, à son domicile de la rue de la Vierge, Julien donne rendez-vous à son cousin, Gaston Viaron. Il y a urgence à trouver au blessé convalescent Georges Dauriac qui vient de se faire à nouveau opérer, un nouvel asile, si possible à la campagne. Après étude de leur plan, les deux hommes s’endorment mais vers deux heures du matin, on frappe le signal de reconnaissance à la porte du logement.

C’est moi Georges. J’ai besoin de te parler.

Réveillé par Anna et sans crainte particulière, Julien ouvre la porte au résistant Laurent Georges. Hélas ce dernier est accompagné par des agents allemands. Ceux-ci, après constatation que Julien Kervella n’est pas armé, bondissent dans la maison et arrêtent tout le monde. Julien, son épouse Anna et leur fille Yvonne (16 ans) ainsi que Gaston Viaron.

Par miracle, les allemands ne poussent pas la perquisition dans tout l’immeuble, permettant à Georges Dauriac d’échapper à l’arrestation, il sera récupéré au petit matin par Lucas Gallic qui est parvenu à échanger avec Anna Kervella au commissariat de Saint-Martin. Interrogée à Bonne-Nouvelle par l’Aussenkommando du S.D de Brest, elle ne dit mot malgré les coups de pressions envers sa fille et son mari.

Le 27 juin 1944, tout un groupe de l’Action Directe prend d’assaut le commissariat de Saint-Martin pour libérer les résistantes internées (voir photo dans le portfolio), dont Anna et Yvonne Kervella. Voulant éviter les représailles, les femmes restent sur place, au grand désespoir de leurs compagnons.

Son père fusillé le 10 juin 1944 au Bouguen et sa mère est déportée à Ravensbrück jusqu’en juillet 1945, Yvonne est mise en liberté surveillée le 3 juillet 1944. Elle est prise en charge par la famille de Jean Riou.

Pour son engagement dans la résistance malgré son jeune âge et les épreuves qu’elle a enduré, Yvonne reçoit en 1946 la médaille de la Résistance française. En 1950, elle épouse Jean Guivarch à Brest.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Résistantes au commissariat de Saint-Martin (Brest)
De gauche à droite, rangée du haut : Marie-Anne Piriou, Anna Kervella, Marie Piriou, Mme Le Comte, Mme Le Rouge de Rusunan.
Rangée du bas : Yvonne Kervella, Yvette Lagadec, Cricri dite "Mitraillette", les sœurs Riou de Lesneven.
Chronique d’hier, Tome III, La vie du Finistère 1939-1945, par Roland Bohn & Joël Le Bras, éditions Union nationale des combattants, Section de Lesneven, 1995.
Résistantes au commissariat de Saint-Martin (Brest)
Crédits photos : Famille Le Douget, tous droits réservés.

Sources - Liens

  1. Archives Municipales de Brest, registre d’état-civil.
  2. Ordre de la Libération, Paris, liste des médaillés de la Résistance française.
  3. S.H.D de Vincennes, dossier individuel d’Yvonne Kervella (GR 16 P 319043), aimablement transmis par Edi Sizun.
  4. Archives Départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance d’Yvonne Guivarch (1622 W 11).