KERJEAN Jean

Jean Kerjean réside à Lambézellec où il travaille comme apprenti mécanicien au garage Citroën.

Il quitte tout et entre en résistance au mois de juillet 1943. Il intègre, sur proposition de Georges Dauriac, le groupe Action Directe, corps-franc du mouvement Défense de la France. Jean participe à plusieurs opérations et coups de mains clandestins. En janvier 1944, avec son ami Guy Hennebaut, Jean cumule déjà 22 destructions de postes de fumigènes de D.C.A allemands ainsi que des coupures de lignes téléphoniques. Il s’adonne également à la diffusion du journal clandestin du mouvement.

Le 29 septembre 1943, il participe au vol de tickets d’alimentation à la mairie de Guilers.

Le 11 février 1944, vers 21 heures, le groupe Action Directe attaque la firme Wendel qui travaille pour l’organisation Todt. Ils incendient les ateliers avant de se rendre dans les bureaux de la firme, rue Camille Desmoulins. Francis Beauvais, Yves Hall, Edmond Borczykowski et Jean Kerjean s’emparent de plusieurs cachets et papiers.

Le 12 mars 1944, la gendarmerie française reçoit l’ordre de mettre en état d’arrestation plusieurs résistants de Brest. Si les gendarmes de la résistance parviennent à prévenir un certains noms des traqués, Jean Kerjean lui est arrêté à son domicile et malgré l’intervention de Lucas Gallic, le jeune Kerjean est livré aux allemands par le maréchal des logis Tanguy.

Durant son interrogatoire, il remarque les allemands ont une liste nominative des membres du groupe Action Directe. On le questionne sur le cambriolage de la firme Wendel. Afin de lui tirer les vers du nez, les allemands le frappent à coups de matraque sur la tête et lui assène des coups de poings au visage, ce qui lui vaut une dent cassée.

Il est jugé à Brest, en même temps que Roger Pétron, Joseph Ouvrard, Paul Kervella et Guy Le Goff par un tribunal allemand de la Kriegsmarine, au 5e étage du 17 rue Jean-Jaurès. Tous condamnés à la peine capitale en première instance. La peine de jean sera ultérieurement commuée en de la déportation. Il est classé Nacht und Nebel, exécutable à tout moment. Il passe alors par les prisons de Quimper, du Cherche-Midi puis Fresnes à Paris avant d’être déporté en mai 1944 vers Dachau avec Roger Pétron et Marcel Jacopin.

Les conditions de survie sont très difficiles, Roger regrette presque de ne pas avoir été fusillé mais son copain Jean Kerjean lui remonte le moral. Libéré par l’avance des Alliés le 30 avril 1945, il est rapatrié en France le 2 juin.

Après la guerre, il épouse Marie Sizun le 12 juillet 1952 à Lambézellec.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Roger Pétron = Témoignage manuscrit pour le 40e anniversaire de la Libération, 1984
  2. Lucas Gallic = Témoignage sur l’arrestation de Jean Kerjean
  3. Yves Hall = Rapport d’activité du groupe Action Directe
  4. Archives de Brest = Fond Défense de la France (51 S)
  5. Mairie de Plabennec = Registre d’état-civil
  6. Fondation pour la Mémoire de la Déportation = Liste des déportés "NN" de mai 1944
  7. Arolsen Archives = Archives numérisées en ligne
  8. S.H.D Vincennes (dossier résistance) = GR 16 P 318539
  9. S.H.D Caen (dossier déportation) = AC 21 P 579576
  10. Livre Clandestins d’Iroise, Tome 4 de Réné Pichavant, aux éditions Morgane, 1988

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