SIMONOU Marie

Marie Jeanne (prénom usuel) Simonou et son frère Pierre tiennent le café du Zinc au 101 rue de Siam à Brest. Dès le début de l’occupation en septembre 1940, ils entrent au réseau Johnny.

Dès lors, Marie Simonou reçoit les agents français envoyés depuis Londres en quête de renseignements sur l’armée allemande. Elle les héberge, nourrit et aide à la collecte de renseignements. Dans son entreprise clandestine, elle se trouve en contact avec les résistants Lomenech de Pont-Aven, Moreau, Jacques Mansion et Roger Le Fèvre. A ce dernier, elle confie la somme de 20.000 francs afin de faciliter le passage de marins, voulant rejoindre la France Libre.

Suspectée par les Allemands, elle est arrêtée avec son frère le 23 ou 28 août 1941. Emprisonnée à Brest puis durant cinq mois à Angers, puis cinq autres à la prison de la Santé avant d’être déportée avec le statut Nacht und Nebel. Son internement dure trois ans à la forteresse de Breslau. Marie est alors tenue de travailler dans une usine d’armement allemande pour la fabrication des fusées V1. Devant son refus, elle est mise au cachot, sans couverture, ni pain, ni eau durant trois jours. Elle ne doit son salut qu’à l’évacuation de la forteresse à la suite d’un bombardement. Son calvaire n’est pas terminé pour autant, elle est transférée au camp de Mathausen d’où elle est libérée par la Croix-Rouge lors de l’avance des Alliés le 22 avril et rapatriée sur Annecy le 25 avril 1945.

A la reconstruction le café, détruit durant le siège de la ville en 1944, a rouvert dans la cité commerciale sur la place de la Liberté. En 1960, elle est faite Chevalier de la Légion d’honneur comportant l’attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec la citation suivante :

A été déportée en Allemagne pour son action résistante contre l’ennemi au cours de la période d’occupation. En est revenue grande invalide à la suite des privations et sévices subis. A bien servi la cause de la Libération.

La sépulture de Jeanne Simonou se trouve dans le cimetière de Saint-Marc à Brest [Carré 13, Rang 4, Tombe 22-23]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Brest Métropole, service des cimetières - sépulture de Marie Simonou.
  2. Fondation pour la Mémoire de la Déportation, déportés depuis Paris-Aix-La-Chapelle le 9 juillet 1942.
  3. Arolsen Archives, Centre International de la Persécution Nazi.
  4. COUANAULT Emmanuel, Des agents ordinaires - Le réseau "Johnny" . 1940-1943, éditions Locus Solus, 2016.
  5. LE BOULANGER Isabelle, Bretonnes et Résistantes - 1940-1944, éditions Coop Breizh, Spézet, 2018.
  6. Service Historique de la Défense (S.H.D) de Vincennes, dossier individuel de Marie Simonou (GR 16 P 550187) - Non consulté à ce jour.
  7. S.H.D de Caen, dossier individuel de Marie Simonou (AC 21 P 675760) - Non consulté à ce jour..

Remerciement à Françoise Omnes pour la relecture.

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