HERPE Pierre

Pierre Herpe réside à Brest au 49 rue Louis Pasteur. Quand la guerre éclate, il est mobilisé et sert dans la Marine Nationale en 1940. A la débâcle, il quitte Brest le 18 juin 1940 à bord d’un navire de Douarnenez qui file vers le Maroc. En cours de route, les ordres changent et le navire débarque la dizaine de brestois au pays Basque. Très probablement mis en congés d’armistice, le jeune Pierre travaille alors dans une ferme durant deux mois avant de rentrer dans la cité du Ponant où il trouve un emploi de dactylographe au service des train à l’arsenal. Il fait également partie des équipes de la Défense Passive de Brest [1].

Fin 1942, il est contacté par Jean Cadiou, du réseau de résistance Confrérie Notre-Dame, pour devenir informateur. Sans être à part entière intégré au réseau, Pierre Herpe fournit dès lors les informations sur les départs des sous-marins. Pour se faire, Pierre surveille les arrivées des trains de nuit, si il repère des citernes, il fonce prévient son ami.

En mai 1943, Marguerite Grigeol, marchande de vins de la rue Voltaire, fait une requête à Pierre Herpe dont elle connaît le patriotisme. Elle héberge depuis quelques temps un résistant qui s’est blessé et qui nécessite d’être relogé pour ne pas attirer l’attention des forces d’occupation. Pierre Herpe accepte volontiers et accueille ainsi Georges Dauriac chez ses tantes Marguerite et Jeanne-Ambroise au 49 rue Louis Pasteur. C’est ainsi que Pierre Herpe rejoint le futur groupe : Action Directe du mouvement Défense de la France.

La maison de la famille Herpe devient vite une cache pour les armes et munitions. Pierre Herpe s’adonne aussi à la fabrication de fausses cartes d’identité. Le jeune résistant sert aussi d’agent de liaison et de diffusion du journal clandestin du mouvement. Il recrute également Gaston Viaron et Georges Laurent dans la résistance et les fait entrer au groupe Action Directe.

Le 24 avril, avec Yves Hily, Georges Dauriac et Laurent Georges, Pierre se rend en traction à Ploudalmézeau pour y dérober des tickets d’alimentation. L’opération est une réussite jusqu’au moment où la voiture termine sa course dans un pylône. L’accident est violent, les résistants se sauvent comme ils peuvent. Pierre et Laurent parviennent à Saint-Pabu où l’abbé Falc’hun les recueille. Pierre ne peut pas repartir, il a le menton ouvert et le nez fracturé. Le recteur cache le jeune blessé dans les combles du presbytère et confie sa bicyclette au second résistant, qui rallie Brest pour donner l’alerte. C’est la tante Jeanne-Ambroise qui fait l’aller retour pour rapatrier son neveu, qu’elle dépose dans la foulée chez le docteur De la Marnière. L’opération se fait sans anesthésie, le médecin retire à Pierre des morceaux de cloison nasale. Le 27 avril, et les jours suivants, c’est le docteur Gloaguen qui soigne la blessure.

Alors qu’une vague d’arrestations touche le mouvement, le gendarme Lucas Gallic parvient à prévenir la famille Herpe que les agents du S.D sont sur leurs traces. Pierre et ses deux tantes quittent Brest pour se réfugier sur Paris au boulevard des Invalides chez Mme Jourdan, employée du général en retraite Henri Niessel. Pierre rejoint la résistance parisienne sous les ordres de M. Miette du Front National et participe à la libération de la capitale.

Pour son action dans la résistance, il reçoit les distinctions suivantes :
- Médaille Militaire
- Croix de Guerre 1939-1945, avec palme
- Croix du Combattant 1939-1945
- Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
- Médaille Commémorative française 1939-1945, barrette Libération

Après guerre, il épouse Yvonne Morizur le 28 janvier 1949 à Brest et cette union naissent 6 enfants .

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

Sources - Liens

  1. Archives de Brest = Registre d’état-civil numérisé en ligne
  2. Archives de Brest = Fond Défense de la France (51 S) + Registre du personnel de la Défense Passive
  3. S.H.D Vincennes (dossier résistance) = GR 16 P 291925
  4. Livre Clandestins d’Iroise, Tome 4 de Réné Pichavant, aux éditions Morgane, 1988
  5. Livre L’occupation à Ploudalmézeau-Portsall, de Hervé Farrant, aux éditions Label LN, 2012
  6. Journal La Dépêche de Brest = Extrait de l’édition du 31 juillet 1944

Notes

[1Il recevra une lettre de félicitations pour son engagement dans la D.P en juillet 1944

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