PORHEL François

François Porhel est le troisième enfant d’une ménagère et d’un charron, établis rue de l’Hospice à Plouecat. En février 1932, la fratrie est endeuillée par la mort de leur père, à l’âge de 48 ans. Sous l’occupation, l’activité professionnelle de François Porhel semble être sujet à débat, car les sources indiquent qu’il était couvreur ou plombier ou encore marin d’État.

Sans pouvoir préciser, à ce jour, la période et par quel truchement, François Porhel intègre la Résistance à Plouescat, entre septembre 1943 et mai 1944. Nous ignorons également la nature de ses actions dans la clandestinité. Compte tenu de son âge, il a probablement fait partie des réfractaires au service du travail obligatoire (S.T.O), passés à la Résistance. Son groupe local est affilié au mouvement Défense de la France (D.F). Au printemps 1944, ce groupe se mue et devient la section de Plouescat des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I).

Le 10 avril 1944, Louis Bodénez-Muller, le fils du chef de la section, est contrôlé par une patrouille allemande à Tréflez. Revenant de Lesneven à bicyclette, il transporte de l’armement destiné à la formation de son groupe (un revolver). Conduit à Brest pour subir un violent interrogatoire, une perquisition s’ensuit au domicile familial le jour même. Lors de celle-ci, le père adoptif Eugène Muller est arrêté tandis que l’on trouve sur place d’autres armes et surtout une liste de résistants.

Lors des interrogatoires, il semble que les Allemands aient cherché prioritairement à en savoir plus sur la hiérarchie. Dans les jours qui suivent l’occupant cherche à mettre la main sur Joseph Barach, le responsable de la Résistance pour les cantons de Guissény et Plouescat et sur l’un des fils d’Henriette Berder. Par chance aucun d’eux ne sont appréhendés. Ne désarmant pas, les Allemands organisent vers 6 heures du matin le 2 mai 1944, une rafle à Plouescat pour démanteler le groupe. Sont particulièrement visées les personnes dont les noms figuraient sur la liste.

Membres des F.F.I de Plouescat arrêtés le 2 mai 1944 :
L’AMINOT Louis
L’AZOU François
L’AZOU François
L’AZOU Jean-Marie (✝)
L’AZOU Yves
OUPIER Paul
PIRIOU Yves
PLEIBER François
PORHEL François (✝)
SEITÉ Jean-Louis
TOULLEC Vincent

Dans le village, d’autres personnes sont arrêtées arbitrairement durant la journée. Des munitions seront trouvées chez Emile Boucher, tandis que 7 autres personnes sont maintenues en détention, pour différents motifs. Les F.F.I et les civils sont conduits à Brest pour y être interrogés. Les 18 prisonniers sont alors tous internés à la prison de Pontaniou. Les civils sont relâchés quelques jours plus tard mais pour les F.F.I, le calvaire est tout autre.

François Porhel et ses camarades d’infortune sont transférés au camp Marguerite à Rennes le 13 juin 1944. Placé dans le dernier convoi quittant Rennes à l’approche des américains le 3 août 1944, il ne parvient pas à s’évader contrairement à certains de ses camarades de Plouescat.

Arrivé au Konzentrationslager Natzweiler-Struthof depuis Belfort, le 26 août 1944, il est administrativement enregistré sous le matricule n°24011. Quelques jours plus tard, le finistérien est ensuite assigné au camp de Dachau, où il devient le matricule n°101448. Un mois et demi plus tard, il est à nouveau transféré pour être affecté au camp de Neuengamme, sous le matricule 62198. Il y restera plusieurs mois avant de succomber de mauvais traitements au mouroir de Sandbostel, à une date inconnue en mai 1945.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Sources - Liens

  • Centre généalogique du Finistère (CGF29), registres d’état civil.
  • Ordre de la Libération, registre des médaillés de la Résistance française (J.O du 16/7/1958).
  • Archives départementales du Finistère, fonds de la Préfecture du Finistère (200 W 43) et fichier départemental des prisonniers politiques et déportés (1397 W 2).
  • Arolsen Archives, centre de documentation des persécutions nazies.
  • Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation - Délégation du Finistère, notice synthétique de François Porhel.
  • BOHN Roland, Chronique d’hier - Tome 1 - La vie du Léon 1939-1945, édition à compte d’auteur, 1993, pages 204 et 205.
  • Archives départementales du Finistère, dossier de combattant volontaire de la Résistance (1622 W 23) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier d’homologation des faits de résistance (GR 16 P 486365) - Non consulté à ce jour.
  • Service historique de la Défense de Caen, dossier d’attribution de la mention Mort pour la France (AC 21 P 527154) - Non consulté à ce jour.